Yacouba Traoré, un « digne fils du Burkina qui a fait de grandes choses dans l’ombre » (Abdoul Karim Sango)

Ceci est un témoignage de l’ancien ministre chargé de la Culture, Abdoul Karim Sango, sur Yacouba Traoré, ancien Directeur général de la RTB, décédé le 17 août 2025.


Le doyen Yacouba Traore s’en est allé !

Je l’ai rencontré physiquement pour la première fois en 2019 quand j’ai décidé de le nommer président du Comité d’organisation du cinquantenaire du FESPACO. Je n’avais jamais eu d’interactions particulières avec l’homme avant cette date.

Dans le souci d’innover, je voulais, pour diriger le comité d’organisation du cinquantenaire, un homme au parcours légitime avec une excellente connaissance du milieu du cinéma. Yacouba me semblait être un grand professionnel du journalisme et de la communication.

Et j’ai toujours pensé que la télévision et le cinéma sont deux choses inséparables. Je le fis venir à mon cabinet et lui fis la proposition qu’il accepta sans trop de difficultés. Du jour de l’installation de son comité jusqu’à la fin de sa mission, Yacouba n’est jamais venu se plaindre de quoi que ce soit en dépit des difficultés qu’il devait rencontrer. Il a su prendre ses responsabilités, mobiliser son équipe pour organiser un cinquantenaire à la hauteur de nos ambitions.

Quelques mois après le FESPACO, il m’a rendu une visite de courtoisie pour me faire un point du travail de son équipe. Nous avons profité échanger autour de plusieurs autres sujets. Je ne l’ai plus revu jusqu’à une date récente (environ 3 mois) où il a demandé à des jeunes qui voulaient organiser une manifestation culturelle de me rencontrer.

Je l’ai juste appelé pour me rassurer, déjà que j’avais toujours son bon numéro et qu’il me confirme que c’est lui qui a recommandé les jeunes. Celui que nous avons accompagné ce jour à sa dernière demeure était un grand commis de l’Etat doté d’une générosité intellectuelle et professionnelle.

Il est de la race de ses dignes fils du Burkina qui ont fait de grandes choses dans l’ombre. J’ai d’ailleurs appris trop tard dans la vie que c’était un esclave à moi, comme tous les Yadsé. Avec du recul, je comprends pourquoi il m’a très bien servi !

Un peu comme le soleil qui se couche, tu t’es endormi définitivement, à la seule différence que demain le soleil se lèvera encore à l’aube de la journée ! Cher doyen, tu as combattu le bon combat ! Repose en paix !

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page