Burkina Faso : La réalisatrice Appoline Traoré transmet son savoir-faire à la relève du cinéma à l’ISIS

L’Agence Burkinabè de la Cinématographie et de l’Audiovisuel (ABCA), en collaboration avec l’Institut Imagine, a organisé ce 9 juin 2025 à Ouagadougou une masterclass au profit des étudiants de l’Institut Supérieur de l’Image et du Son (ISIS). Au cours de cette rencontre, les étudiants ont pu échanger avec la réalisatrice Appoline Traoré.

​Selon le directeur général de l’ABCA, Moussa Alex Sawadogo, son institution et l’Institut Imagine se sont donné pour mission d’organiser, une fois par mois, une masterclass avec une personnalité importante du cinéma burkinabè. L’objectif, a-t-il précisé, est de donner l’occasion à des professionnels d’échanger avec les étudiants de l’ISIS sur les formes de narration, l’écriture cinématographique, ainsi que sur la production et la coproduction.

« Si nous voulons avoir une industrie cinématographique forte et des étudiants créatifs qui continuent de faire de notre cinéma une activité majeure de notre culture, nous devons donner la possibilité à ces personnalités de partager leur expérience », a souligné Moussa Alex Sawadogo.

​Appoline Traoré, au dire du directeur général de l’ABCA, est l’une des voix majeures du septième art. « Il était important de montrer tout cela et de revenir sur sa carrière de réalisatrice. Nombreux sont les étudiants qui pensent que tout tombe du ciel ; à travers son témoignage, il est essentiel d’inscrire cette réalité dans notre manière de voir les choses pour pouvoir, un jour, rêver d’être comme elle », a-t-il ajouté.

Appoline Traoré et les étudiants de l’ISIS

​Les étudiants ont visionné le film Kounandi de la réalisatrice, sorti en 2003. L’œuvre raconte l’histoire de Kounandi, une jeune femme atteinte de nanisme rejetée par son village. Malgré les moqueries et sa solitude, elle possède une grande force intérieure. L’intrigue prend un tournant lorsqu’elle tombe amoureuse d’un homme du village, bousculant ainsi les préjugés et les traditions locales. Ce film d’une durée de 50 minutes a été sélectionné au prestigieux Festival de Sundance, aux États-Unis, ce qui a contribué à lancer la carrière internationale d’Appoline Traoré.

Le choix de cette œuvre porte un message précis : même en étant jeunes et en quête de reconnaissance, les étudiants de l’ISIS peuvent produire des films capables de les faire connaître et de participer à l’essor du cinéma burkinabè. ​

« Je suis heureuse de faire cela. Il est normal que je transmette et que je donne ce que j’ai reçu. Idrissa Ouédraogo a été un pilier pour moi dans mon cinéma. Il a été présent. J’ai eu quelqu’un qui m’a protégée et qui m’a introduite dans cette arène. Il est tout à fait naturel que je transmette cela à mon tour à la jeunesse », a déclaré Appoline Traoré.

S’inspirer des traditions pour grandir

​Pour la réalisatrice, le cinéma burkinabè ne sera grand que si les créateurs s’inspirent des traditions. « Nous avons une richesse culturelle qu’il faut réintégrer dans nos films. Les traditions que nous possédons sont importantes dans la création de notre cinéma, car elles sont la représentation de notre culture », a-t-elle soutenu.

​Kevin Sawadogo, étudiant en deuxième année à l’ISIS, est reconnaissant de ces échanges. En tant que futur réalisateur, cette rencontre lui a permis de comprendre comment se lancer dans le métier dès le plus jeune âge. Appoline Traoré, a-t-il souligné, a réalisé ce film à l’âge de 27 ans. Pour lui, c’est un exemple à suivre et un parcours inspirant. « Cela nous donne l’espoir de savoir qu’en sortant de l’ISIS, on pourra faire des films qui impacteront réellement le cinéma burkinabè », a-t-il conclu.

​Saydou Ismaël GANAME

Faso7

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