Burkina Faso : Le plan ORSEC testé en simulation pour évaluer la réactivité face aux catastrophes

Pour mieux faire face aux urgences, le ministère en charge de l’Administration territoriale a mené un grand exercice de simulation, ce 22 août 2026. Organisée avec la Brigade nationale de sapeurs-pompiers (BNSP) et la Direction générale de la protection civile (DGPC), cette activité visait à tester l’efficacité des secours et à mesurer leur capacité de réaction en cas de catastrophe naturelle.
Samedi 22 août 2026. Après 72 heures de pluies torrentielles, des inondations sont signalées de part et d’autre du territoire national. Selon l’Agence nationale de la météorologie (ANAM), le niveau des eaux pourrait encore augmenter et atteindre des proportions critiques.
À Ouagadougou, les habitations environnantes sont inondées à la suite du débordement des barrages n°2 et n°3. L’on enregistre des victimes de noyade et les voies d’accès sont impraticables. La situation impose l’évacuation d’urgence de près de 200 habitants.

Un peu plus loin, le ruissellement des eaux de pluie a provoqué un incendie dans une usine de produits chimiques de la zone industrielle de Kossodo. Le site et ses environs sont envahis par un nuage de fumée toxique, nécessitant une évacuation immédiate du périmètre. Sur place, parmi les 103 ouvriers présents, 10 ont été intoxiqués, 30 blessés et 5 brûlés.
L’ensemble des opérations est suivi depuis le Centre opérationnel de veille, d’alerte et de coordination des opérations de secours (COVACOS), logé au sein de la DGPC. La direction des opérations du jour a été confiée à Sibiri de Issa Ouédraogo, directeur de cabinet du ministère en charge de l’Administration territoriale. Il a à ses côtés le commandant des opérations de secours (COS), le colonel Daba Naon, commandant de la BNSP.

Le dispositif mobilise six (06) groupes opérationnels : secours et sauvetage, santé, entraide et réhabilitation, sécurité publique, transport, et forces armées. Tous sont réunis dans la salle du COVACOS pour piloter les interventions en temps réel. C’est ce scénario de crise qui a servi de cadre à la simulation du plan ORSEC (Organisation de la réponse de sécurité civile), le mécanisme d’urgence déclenché lors des catastrophes majeures.
Sur le terrain, les équipes s’activent. Au niveau des barrages n°2 et n°3, une embarcation se charge de transporter les victimes vers l’autre rive. Sur les berges, les sapeurs-pompiers accueillent et secourent progressivement les rescapés à leur descente du bateau.
En bout de chaîne, les équipes médicales de la Croix-Rouge, du SAMU et de la BNSP prennent le relais. Une à une, les victimes sont examinées puis acheminées vers un site d’accueil, où le Secrétariat permanent du Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (SP-CONASUR) assure leur prise en charge globale.

À l’usine de Kossodo, la même chaîne de secours est déployée, mais sous de fortes contraintes sanitaires. Après l’explosion, les victimes sont d’abord secourues et mises à l’abri. Vient ensuite l’étape clé de la décontamination des blessés avant tout accès au poste médical avancé. Après examen par les unités de soins, les patients sont évacués à tour de rôle par les ambulances de la Croix-Rouge, du SAMU et de la BNSP.
À l’issue des opérations, le bilan dressé par le capitaine Jean-Charles Tampanga, directeur de la réglementation et de la prévention à la DGPC, fait état de 167 victimes, dont un décès, 6 urgences absolues, 60 urgences relatives et 100 personnes impliquées. Il a souligné que l’opération a été un succès pour une première mise en œuvre, alors que l’arrêté portant sur le plan ORSEC n’avait pas été testé depuis 2012.
Le directeur des opérations, Sibiri de Issa Ouédraogo, a rappelé que les équipes doivent rester en alerte, car « la catastrophe ne prévient pas ». Pour lui, cette simulation constitue une grande avancée dans l’acquisition de connaissances et le renforcement des capacités des acteurs. Elle rassure sur la capacité du Burkina Faso à faire face à de telles situations, d’autant plus que le plan ORSEC n’avait encore jamais fait l’objet d’un test depuis son adoption en 2012.



