Musique burkinabè : Le cri du cœur de Doro Kalandjibo pour plus de soutien aux artistes

Originaire de Tougan, Doro Kalandjibo est une artiste-chanteuse qui puise son inspiration dans les rythmes traditionnels. Le lundi 10 février 2026, la rédaction de Faso7 l’a reçue. Lors de cet entretien, l’artiste est revenue sur son parcours, son actualité musicale et a livré son regard sans détour sur l’univers de la musique burkinabè.

Artiste dans l’âme depuis sa tendre enfance, Doro Kalandjibo incarne à la fois la richesse de la culture samo et la détermination d’une mère prête à se battre pour offrir un avenir meilleur à ses enfants.

Pour elle, la musique n’est pas un simple choix de carrière, mais un appel presque spirituel. Contrairement à de nombreux artistes issus de familles de griots, elle est la seule de sa lignée à posséder ce talent. « C’est un don de Dieu. Aucun de mes proches ne chante. Comme je l’ai dit, j’ai commencé depuis toute petite », confie-t-elle avec humilité.

Aujourd’hui, Doro Kalandjibo peut se targuer d’un public fidèle qui ne cesse de lui témoigner son attachement. Son deuxième album, composé de six titres, est déjà prêt et n’attend plus que les moyens nécessaires pour être officiellement lancé. « Je n’ai jamais été négligée sur scène. Dès que je monte, les gens demandent des bis », affirme-t-elle, visiblement reconnaissante envers ses admirateurs.

À travers ses chansons, l’artiste fait la promotion de la culture samo, qu’elle associe à des valeurs fortes telles que le courage, le travail et l’espoir. Pour elle, le mot « Samo » est synonyme de persévérance, notamment pour celui qui voyage à la recherche d’un mieux-être. Elle compare d’ailleurs l’ardeur au travail de ses compatriotes à celle de machines.

« Les Samos sont travailleurs. Ils travaillent comme des machines. Quand tu vois le résultat de leur travail, tu diras que ce sont des machines qui l’ont fait, alors que ce sont des hommes et des femmes Samos », soutient-elle avec fierté.

Derrière la scène et les applaudissements se cache cependant une réalité plus difficile. Doro Kalandjibo est aussi une « mère courage », soutenue par ses enfants, notamment sa fille de 16 ans, témoin privilégié des sacrifices consentis.

« Mes enfants sont fiers, parce qu’ils savent que c’est grâce à la chanson qu’ils étudient », révèle-t-elle. Consciente des efforts de leur mère, cette situation pousse ses enfants à faire preuve d’une grande discipline et à s’investir pleinement dans leurs études, dans l’espoir de lui rendre un jour la pareille.

Malgré une reconnaissance artistique indéniable, Doro Kalandjibo reste lucide. Le talent seul ne suffit pas. Pour elle, l’art doit aussi être structuré et permettre à l’artiste de vivre dignement.

« On appelle la mosquée pour les bénédictions et on chante pour avoir de l’argent », lance-t-elle, dans une formule imagée qui traduit les réalités économiques du milieu artistique.

Face à ces difficultés, l’artiste lance un appel pressant aux personnes de bonne volonté et aux structures de soutien à la culture. Son rêve est simple mais essentiel : disposer de son propre toit afin de ne plus subir la pression des loyers, et surtout trouver les moyens financiers nécessaires pour produire ses nombreuses compositions encore inexploitées.

À travers son cri du cœur, Doro Kalandjibo interpelle sur la condition des artistes burkinabè, souvent célébrés sur scène mais laissés à eux-mêmes en dehors des projecteurs. Un message fort, porté par une voix engagée, qui appelle à une meilleure considération de la culture comme véritable levier de développement.

Suivre son dernier clip ici 👉🏾 Dôrô Kalandjibo – SANNAI

 

Faso7

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