Campagne agricole : Dans le Nando, les producteurs semenciers restent résilients face au défi de la faible pluviométrie

La faible pluviométrie de la campagne agricole humide 2026-2027 renforce la résilience chez les producteurs semenciers de la région du Nando. À Niakado, Mougounisi et Salbisgo Dapoya, les producteurs de sorgho, de niébé et de maïs s’efforcent de préserver leurs cultures, avec des rendements attendus en baisse sur certaines parcelles. En visite sur ces sites, le président de l’Union nationale des sociétés coopératives des producteurs semenciers du Burkina (UNPS-B), Inoussa Ouédraogo, a appelé à accélérer les récoltes et à préparer la campagne de contre-saison.

À Niakado, dans la commune de Poa, Mathias Koala exploite 4 hectares de sorgho de la variété Sariaso 14. Alors qu’il avait récolté plus de 10 tonnes sur cette même superficie lors de la campagne précédente, il prévoit environ 8 tonnes cette année, en raison de la faiblesse des précipitations. Il a profité de la visite de la délégation pour solliciter un accompagnement en vue de faciliter l’écoulement de sa production.

La délégation a ensuite rejoint Mougounisi, toujours dans la commune de Poa, où des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) agricoles cultivent une dizaine d’hectares de niébé de la variété Issa-Sosso. Malgré l’irrégularité des pluies et le retrait de certains bénéficiaires, les jeunes engagés dans l’Initiative présidentielle pour la production agricole et l’autosuffisance alimentaire (IP-P3A) ont entretenu leurs parcelles. Leur délégué, Daouda Ouédraogo, estime leur récolte à environ 6 tonnes de niébé.

À Salbisgo Dapoya, dans la commune de Ramongo, les VDP agricoles conduits par Philippe Yaméogo ont consacré 6,5 hectares au maïs, 3,5 hectares au niébé et 0,65 hectare au gombo. Malgré le déficit pluviométrique, ils comptent sur la configuration inondable de leur domaine pour obtenir de meilleurs résultats. Ils espèrent récolter 12 tonnes de maïs et 2 tonnes de niébé. Le président de l’UNPS-B a salué leur résilience face aux difficultés de la campagne.

Pas de repos pour les producteurs semenciers-©Faso7

Au terme de ces visites, Inoussa Ouédraogo a dressé un bilan globalement encourageant des sites parcourus, tout en reconnaissant les conséquences du déficit pluviométrique. « De façon globale, les sites semenciers se portent assez bien », a-t-il indiqué, évoquant une période difficile ayant duré de deux à quatre semaines selon les localités. Il a toutefois estimé que le retard observé avait été en partie rattrapé grâce aux efforts des producteurs.

L’UNPS-B ambitionne de produire 60 000 tonnes de semences améliorées certifiées au cours de la campagne agricole 2026-2027, toutes spéculations confondues. Mais, au regard des difficultés rencontrées sur le terrain, son président reconnaît que cet objectif sera difficile à atteindre.

Pour limiter les effets de cette situation, la délégation entend examiner les possibilités de production disponibles, notamment autour des retenues d’eau, et encourager les producteurs à exploiter les opportunités offertes par la campagne de contre-saison. « Aujourd’hui, nous devons faire confiance à notre recherche », a insisté Inoussa Ouédraogo, plaidant pour une utilisation accrue des semences améliorées adaptées aux réalités climatiques. « La recherche burkinabè a véritablement travaillé pour avoir des semences qui s’adaptent aux réalités actuelles, des changements climatiques. Vous savez que cette année, il n’a vraiment pas beaucoup plu. Et ceux qui ont eu le courage vraiment d’utiliser ces semences-là s’en sortiront nettement mieux, puisque’ils se sont en tout cas adaptés par rapport aux anciennes semences qui ont des cycles relativement longs, mais également la production n’est pas au rendez-vous aussi », a-t-il expliqué.

Le responsable de l’UNPS-B a également insisté sur la nécessité de récolter rapidement les cultures arrivées à maturité et d’appliquer de bonnes pratiques après récolte afin de limiter les pertes. Il a encouragé les producteurs à enchaîner avec la production de semences pour rattraper les objectifs fixés.

Au-delà du suivi des parcelles, cette tournée nationale vise à échanger directement avec les producteurs, à identifier les difficultés et à renforcer leur accompagnement. Pour l’UNPS-B, la réussite de la campagne dépendra aussi de la capacité à mobiliser les acteurs dans la production agricole, à faciliter l’accès aux intrants et aux équipements et à valoriser les semences issues de la recherche burkinabè.

Alors que la faiblesse des pluies pèse sur les rendements attendus, l’accélération des récoltes et le recours aux possibilités de production de contre-saison apparaissent comme des leviers importants pour soutenir l’offre nationale en semences et contribuer à l’objectif d’autosuffisance alimentaire.

Josué TIENDREBEOGO

Faso7

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