Burkina Faso : Les députés valident le budget de l’Etat exercice 2024

Les membres de l’Assemblée Législative de Transition (ALT) ont adopté ce 15 décembre le projet de loi portant Loi de finances pour l’exécution du budget de l’État pour l’exercice 2024.

Durant la séance plénière qui a prévalu à cette adoption, il est ressorti que le projet de budget de l’État pour l’exercice 2024 se chiffre à 𝟑 𝟎𝟏𝟗,𝟏 𝐦𝐢𝐥𝐥𝐢𝐚𝐫𝐝𝐬 𝐝𝐞 𝐅𝐂𝐅𝐀 𝐞𝐧 𝐫𝐞𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞𝐬 et à 𝟑 𝟔𝟗𝟒,𝟔 𝐦𝐢𝐥𝐥𝐢𝐚𝐫𝐝𝐬 𝐝𝐞 𝐅𝐂𝐅𝐀 𝐞𝐧 𝐝𝐞́𝐩𝐞𝐧𝐬𝐞𝐬, dégageant un solde déficitaire de moins 675 475 242. Cela signifie que l’État burkinabè continue de dépenser plus qu’il ne génère de revenus.

Comparée à ce qui était prévu dans la Loi de Finances Initiale (LFI) de 2023, la prévision des recettes qui seront collectées par l’État en 2024 augmente de 387,8 milliards de F CFA. Les dépenses de l’État augmentent également de 458,7 milliards de F CFA par rapport à l’année 2023.

L’épargne budgétaire, représentant l’argent que le gouvernement parvient à économiser après avoir couvert toutes ses dépenses, s’élève à 509,7 milliards de FCFA prévisionnels en 2024, selon le projet de loi. Cela marque une amélioration par rapport à l’année précédente, où l’épargne était de 273,1 milliards de F CFA.

L’investissement dans certains secteurs

L’investissement de l’État dans certains secteurs, entre autres, a été révélé. Ainsi, la part du budget de l’État allouée sans financement extérieur aux secteurs de la défense et de la sécurité se situe à 29,49% en 2024. Cette part était chiffrée à 12,49% en 2016, 20,27% en 2022 et 28,42% en 2023.

La part du budget de l’État hors financement extérieur allouée au secteur de la santé ressort à 11,90% en valeur relative, soit 330,6 milliards de F CFA en valeur nominale en 2024. Les livrables attendus de cet investissement comprennent le pool mère-enfant de l’hôpital de Dédougou ; 10 cliniques mobiles ; le Centre de médecine traditionnelle et de soins intégré (CMTSI) de Ouagadougou.

Il y a aussi le centre de Médecine physique et de réadaptation (CMPR) de Ouagadougou ; le centre de cancérologie de Ouagadougou ; 15 centres de santé et de promotion sociale (CSPS) ; 2 centres médicaux avec antenne chirurgicale (CMA) ; 50 postes de santé communautaires ; le centre de radiothérapie de Bobo-Dioulasso ; le centre de gériatrie de Ouagadougou.

Le secteur de l’éducation, regroupant le préscolaire, le primaire, le secondaire, le supérieur, la formation professionnelle et technique, absorbe 26,26% des prévisions budgétaires de 2024 hors financement extérieur, soit 729,6 milliards de F CFA contre 689,5 milliards de FCFA en 2023 correspondant à une hausse de 40,1 milliards de FCFA.

Il est projeté que l’investissement dans ce secteur permette d’obtenir 344 salles de classe construites ; 21 structures éducatives endommagées réhabilitées ; la réhabilitation du lycée Philippe Zinda Kaboré ; 51 forages réalisés ; 54 latrines réalisées. Sans oublier un amphithéâtre de 350 places, un bâtiment pédagogique et un restaurant universitaire à l’Université Norbert Zongo de Koudougou ; un bâtiment pédagogique à l’École Polytechnique de Ouagadougou, 1 dortoir à Bagrépole, 2 prototypes de phyto-médicaments et essais cliniques.

Le secteur du développement rural, composé du ministère en charge de l’agriculture, des ressources animales et halieutiques, et de celui de l’environnement, de l’eau et de l’assainissement, bénéficie d’une allocation budgétaire de 137,7 milliards de FCFA en 2024, correspondant à une part relative d’environ 5,0%, soit une hausse de 21,3 milliards de FCFA par rapport aux allocations de 2023 qui étaient de 116,4 milliards de FCFA.

Le ministre en charge des Finances sollicite une Loi de finances rectificative-©Faso7

Le domaine de l’humanitaire a bénéficié d’un montant de 49,9 milliards de F CFA en 2024, représentant 1,8% du budget de l’État contre 48,6 milliards de F CFA en 2023. L’allocation budgétaire de ce ministère en 2024 devrait servir à réaliser les résultats, dont la prise en charge de 492 enfants privés de familles et autres enfants en détresse ; de 250 enfants et jeunes rencontrés lors des opérations de sécurisation du territoire ; de 890 enfants et jeunes en difficulté d’adaptation comportementale dans les internats éducatifs.

Il y a aussi la formation de 5 250 femmes bénéficiaires de crédits en gestion d’entreprises ; la prise en charge de 9 000 femmes et filles (y compris les PDI) victimes de violences ; l’assistance humanitaire de 4 289 442 personnes victimes de catastrophes et de crises humanitaires, y compris les PDI et personnes vulnérables des communautés hôtes ; des transferts monétaires à 134 071 ménages pauvres/vulnérables et PDI ; la prise en charge de 2 220 enfants handicapés dans des structures ; la prise en charge sanitaire de 1 200 malades indigents.

Le ministre en charge des Finances, Aboubacar Nakanabo, a rassuré les membres de l’ALT sur le bon usage des ressources financières qui seront allouées aux différents secteurs pour la couverture des besoins indispensables. Il a aussi indiqué que de nombreux besoins n’ont pas pu être pris en compte à cause de la forte contrainte budgétaire. « En tout état de cause, le Gouvernement se fera le devoir de saisir votre auguste Assemblée pour une loi de finance rectificative afin de couvrir plus de besoins », a-t-il laissé entendre.

Josué TIENDREBEOGO

Faso7

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