Burkina Faso : L’UAS appelle les syndicats à adapter leurs méthodes face à l’essor des plateformes numériques

L’atelier de renforcement des capacités syndicales sur l’organisation collective des travailleurs des plateformes numériques s’est ouvert le 17 septembre 2026 à Ouagadougou. Initié par l’Unité d’action syndicale (UAS), avec l’accompagnement du Bureau international du Travail (BIT), il a réuni des responsables syndicaux ainsi que des acteurs du monde du travail.

Dans son discours d’ouverture, El Hadj Inoussa Sana, président du mois de l’UAS, a relevé les profondes mutations que connaît le monde du travail sous l’effet des nouvelles technologies et de la digitalisation de l’économie. Il a notamment souligné que l’économie des plateformes créait de nouvelles opportunités d’emploi et de revenus, tout en posant des défis en matière de droits au travail, de protection sociale, de rémunération et de représentation collective.

Pour le responsable syndical, les travailleurs des plateformes constituent des acteurs à part entière du monde du travail. Cependant, leur éloignement des structures traditionnelles doit conduire les organisations syndicales à revoir leurs méthodes.

El Hadj Inoussa Sana, président du mois de l’UAS©️Faso7

« Il doit permettre à nos organisations membres d’acquérir les connaissances, méthodes et outils nécessaires pour mieux comprendre l’économie des plateformes, identifier les travailleurs concernés, aller à leur rencontre, les organiser et les syndiquer dans les meilleures conditions », a-t-il déclaré.

Au cours de cet atelier, qui se déroulera jusqu’au 19 septembre, les syndicalistes poseront les bases d’une réflexion sur leur contribution aux stratégies visant à rester en phase avec les mutations du monde du travail.

Coumba Diop, directrice pays du Bureau international du Travail (BIT) à Abidjan, a insisté sur l’ampleur de la transformation du monde du travail liée aux plateformes numériques. Elle a indiqué que ces activités avaient déjà pris une place importante dans l’économie et concernaient notamment des travailleurs intervenant dans le transport, la livraison, la vente ou encore les services en ligne.

Au Burkina Faso, elle a rappelé qu’en 2025, le pays comptait 28,1 millions de connexions mobiles et 5,75 millions d’utilisateurs d’internet. Mais derrière les possibilités offertes par ces plateformes, des difficultés demeuraient.

« (…) Derrière la promesse de flexibilité et d’innovation, certains travailleurs connaissent des revenus instables, une protection sociale insuffisante, des risques professionnels, de longues heures de travail ou encore des difficultés à comprendre et contester certaines décisions prises par les systèmes numériques », a-t-elle relevé.

La Convention n°193 comme nouvel outil

L’adoption, en juin 2026, de la Convention n°193 de l’OIT sur le travail décent dans l’économie des plateformes a également été présentée comme une avancée majeure. La nouvelle norme internationale porte sur la liberté d’association, la négociation collective, la protection sociale, la rémunération, la sécurité et la santé au travail, ainsi que la transparence dans l’utilisation des systèmes automatisés. Pour El Hadj Inoussa Sana, cette évolution devait désormais être traduite en actions concrètes.

L’un des principaux défis évoqués au cours de l’ouverture a porté sur l’organisation de travailleurs souvent dispersés et difficilement accessibles par les méthodes syndicales classiques. Coumba Diop a ainsi insisté sur la nécessité, pour le syndicalisme, d’aller à la rencontre de ces travailleurs. Pour elle, l’enjeu est de trouver de nouvelles donnes en matière d’organisation du travail.

En revanche, le président du mois de l’UAS a appelé les organisations syndicales à réfléchir aux nouvelles formes de recrutement et de syndicalisation, aux moyens de communication avec les travailleurs des plateformes et aux mécanismes permettant d’assurer leur représentation effective.

Céline Ganou (stagiaire)

Faso7

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