PCRSS-Burkina : 28,47 milliards de F CFA pour accélérer les actions de relèvement avant la clôture du projet

À cinq mois de la clôture du Projet communautaire de relèvement et de stabilisation du Sahel-Burkina Faso (PCRSS-Burkina), les autorités veulent accélérer la mise en œuvre des activités restantes. Réuni ce 13 août 2026 à Ouagadougou pour sa première session ordinaire de l’année 2026, le Comité de pilotage examine notamment le bilan d’exécution à mi-parcours ainsi que le Plan de travail et budget annuel (PTBA) révisé 2026, arrêté à 28,47 milliards de FCFA.
La cinquième année d’exécution du PCRSS-Burkina constitue une phase déterminante pour le projet. Et pour y arriver, le comité de pilotage met les bouchées doubles. Réunis pour sa première session ordinaire de l’année 2026, les membres du Comité de pilotage doivent examiner plusieurs documents, notamment le rapport annuel d’activités 2025, le rapport d’audit interne et l’état de mise en œuvre des activités au 30 juin 2026.
L’un des principaux enjeux reste l’adoption du PTBA révisé 2026. Cette révision intervient après plusieurs contraintes ayant affecté l’exécution des activités au cours du premier semestre. La directrice générale adjointe de l’Économie et de la Planification, Céline Josiane Ouédraogo, a salué la résilience des populations burkinabè face aux différentes crises que traverse le pays.
Un taux d’exécution physique de 54,17 %
Lors de sa session du 28 novembre 2025, le Comité de pilotage avait adopté un PTBA initial de 40,67 milliards de FCFA, comprenant 176 activités. Au 30 juin 2026, le niveau d’exécution physique du projet s’établit à 54,17 %, contre 17,48 % pour l’exécution financière. Cet écart s’explique notamment par des difficultés rencontrées dans la réalisation de certaines activités.
Parmi celles-ci figurent les problèmes d’approvisionnement en ciment, la situation sécuritaire dans certaines zones d’intervention et des contraintes techniques liées à la nappe phréatique. Ces dernières ont notamment conduit à modifier plusieurs sites initialement retenus pour la réalisation de forages.
Malgré ces difficultés, le PCRSS-Burkina poursuit ses interventions au profit des populations vulnérables. Depuis le lancement du projet, plus de 925 000 personnes ont ainsi bénéficié d’un meilleur accès à des services socio-économiques de base.
Agriculture, santé, éducation : plusieurs secteurs ciblés
Pour tenir compte des réalités du terrain et des besoins prioritaires, une révision du programme et du budget a été engagée entre mai et juillet 2026. Conduit selon une démarche participative, le processus a abouti à un nouveau PTBA d’un montant global de plus de 28 milliards de F CFA.
Les interventions du PCRSS-Burkina couvrent plusieurs secteurs essentiels au relèvement des communautés. Dans l’agriculture, le projet accompagne les personnes déplacées internes et les communautés hôtes vulnérables à travers la distribution de semences améliorées de sorgho, niébé, maïs, mil, pomme de terre, sésame et arachide. Des opérations de récupération des terres dégradées sont également conduites dans des localités telles que Boussouma, Korsimoro et Gourcy.
L’autonomisation économique constitue également un axe majeur. Des femmes et des jeunes bénéficient de formations et d’équipements dans différents métiers, notamment la couture, la coiffure, la saponification et la teinture, afin de développer des activités génératrices de revenus.

Dans le domaine de l’éducation, le projet contribue à améliorer les conditions d’apprentissage grâce à la construction et à l’extension de salles de classe, à la distribution de kits scolaires et à l’aménagement d’Espaces temporaires d’apprentissage.
Le secteur de la santé bénéficie, lui aussi, de plusieurs investissements, avec la construction d’infrastructures, d’incinérateurs et de latrines, ainsi que la fourniture d’équipements médico-techniques et de moto-ambulances destinées aux évacuations d’urgence.
Dans l’eau et l’assainissement, les réalisations portent notamment sur la construction et la réhabilitation d’Adductions d’eau potable simplifiées (AEPS), de Postes d’eau autonomes (PEA) et de forages équipés de pompes.
174 activités à finaliser avant le 31 décembre
Avec la clôture du projet prévue le 31 décembre 2026, l’urgence est désormais d’achever les activités restantes dans les délais. Pour le second semestre, 174 activités sont ainsi retenues comme prioritaires.
« Pour le reste du temps de mise en œuvre du projet et particulièrement pour ce second semestre 2026, nos priorités doivent se focaliser sur l’accélération et l’achèvement dans les délais impartis des 174 activités retenues », a indiqué Céline Josiane Ouédraogo.
La responsable a également appelé au respect des normes d’engagement environnemental et social ainsi qu’à une attention accrue à la qualité des ouvrages. L’objectif est de garantir la durabilité des investissements et leur impact réel sur les populations bénéficiaires.
La cohésion sociale et la redevabilité constituent également des composantes importantes du projet. À ce jour, plus de 75 000 personnes ont été engagées dans des activités de dialogue et de cohésion sociale. Le Mécanisme de gestion des plaintes affiche, quant à lui, un taux de 92,9 % de griefs enregistrés et résolus de manière adéquate.
Une dernière ligne droite sous pression
Financé avec l’appui de la Banque mondiale, le PCRSS-Burkina dispose d’un budget global de 79,025 milliards de FCFA, dont 75 milliards de FCFA de fonds IDA et 4,025 milliards de FCFA de contrepartie nationale. Il intervient dans 29 communes et cible plus de 2,36 millions de bénéficiaires, notamment les personnes déplacées internes, les communautés hôtes vulnérables, les femmes, les jeunes et les personnes en situation de handicap.
À moins de cinq mois de la fin officielle du projet, le défi est désormais de transformer les ressources disponibles en réalisations concrètes. Pour le PCRSS-Burkina, cette dernière ligne droite devra ainsi être placée sous le signe de l’efficacité, de la qualité des ouvrages et de l’impact durable au profit des communautés ciblées.
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