Attaque de Djibo : Le Burkina Faso proteste contre le communiqué du Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme

Zeynab Hamza Diaby, la représentante du Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme accréditée au Burkina Faso, a été convoquée le 30 novembre 2023 par le gouvernement burkinabè. Le gouvernement proteste contre le contenu du communiqué des Nations unies portant sur l’attaque de Djibo, publié le 28 novembre 2023.
« Ce message de compassion comporte dans sa grande partie, une apologie du terrorisme que nous ne tolérons pas dans notre pays », a tout d’abord fait savoir le ministre chargé de la Justice, Me Edasso Rodrigue Bayala, et rapporté par la télévision nationale burkinabè.
Selon le ministre de la justice, le communiqué de compassion signé du porte-parole du Bureau des droits de l’homme de l’ONU, Seif Magango, fait un amalgame entre les groupes armés terroristes et le Burkina Faso, en termes de droit international humanitaire.
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« Il n’est pas question d’invoquer l’applicabilité du droit international humanitaire dans le contexte du Burkina Faso. Le droit international humanitaire, son applicabilité, découle du fait que vous ayez en face des belligérants, des parties identifiées, avec un minimum d’organisation. Alors qu’ici, nous avons en face de nous, des terroristes, des actes terroristes qui sont punis » au Burkina Faso.
Dans son communiqué, Seif Magango a « appelé, à nouveau, toutes les parties à respecter leurs obligations en vertu du droit international humanitaire, y compris en s’abstenant de prendre pour cible des civils et des biens civils ». Cette assimilation a irrité le gouvernement burkinabè.
Pour Karamoko Jean Marie Traoré, ministre délégué auprès des Affaires étrangères du Burkina Faso, « le communiqué fait une assimilation entre les terroristes qui endeuillent, qui sèment la désolation au quotidien, avec un sujet de droit international (…) Nous avons estimé en tant qu’Etat, qu’il n’était pas indiqué de mentionner dans le communiqué, d’assimiler le Burkina Faso au même titre que les terroristes ».
Par ailleurs, le porte-parole du Bureau des droits de l’homme de l’ONU, a nommément cité le groupe terroriste qui mené l’attaque du 26 novembre contre le camp militaire du Djibo.
« Un grand nombre de combattants de Jamāʿat nuṣrat al-islām wal-muslimīn (JNIM) ont attaqué une base militaire, des maisons et des camps de personnes déplacées dans la ville de Djibo, dans la région du Sahel, tuant au moins 40 civils et en blessant plus de 42. Ils ont également mis le feu à trois sites de déplacés et à 20 magasins », peut-on lire dans le commentaire de Seif Magango.
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Et selon le ministre chargé de la justice, si Seif Magango « aurait été au Burkina Faso », les services compétents devaient normalement pouvoir l’entendre. « Il donne des précisions sur le groupe qui a attaqué. Il doit normalement pouvoir nous donner des informations sur les personnes physiques qui animent ce groupe », a commenté le ministre de la justice.
En rappel, le 26 novembre 2023, selon l’Agence d’information du Burkina (AIB), près de 3 000 terroristes ont mené une attaque contre la ville de Djibo, dans la province du Soum, région du Sahel. Dans la riposte de l’armée burkinabè, plus de 400 terroristes ont été neutralisés.



