« Toute l’Afrique est victime de désinformation sur le trading » Coulibaly Faïçal Céleste

Partir de rien, la curiosité et l’envie de réussir de Coulibaly Faïçal Céleste lui ont permis de bâtir un empire ou du moins, poser les bases d’un empire. Le directeur général du groupe Céleste, Burkinabè de 24 ans, a réussi à faire parler de lui ainsi que du Burkina Faso dans le monde sélectif du Trading. Le trading, au départ, Coulibaly Faïçal Céleste ne savait pas de quoi il s’agissait. Sa curiosité et son envie de réussir ont fait de lui aujourd’hui un élément incontournable dans ce milieu en Afrique. Très discret et drapé d’humilité, à sa vue, on est loin de s’imaginer qu’il s’agit du jeune burkinabè qui est allé remporter deux prix à Dubaï et qui a emmené des hommes d’affaires à sortir leurs téléphones pour chercher la position du Burkina Faso sur le Globe. Faso7 est allé à la rencontre de ce jeune entrepreneur. Même convoité et sollicité par de grands investisseurs, il a su garder les pieds sur terre et n’a qu’une seule aspiration, celle de travailler et former les jeunes burkinabè de manière à éradiquer la pauvreté extrême au Burkina Faso.

Faso 7 (F.7) : Est-ce que vous pouvez rappeler brièvement comment vous êtes arrivé dans le milieu du trading ?
Coulibay Faïçal Céleste (C.F) : On était en cité universitaire à Belle-ville entre jeunes et on discutait des opportunités à saisir. Dans nos discussions, il est ressorti que le trading est une opportunité pour la jeunesse. Alors quand je suis rentré, j’ai fait des recherches sur google et j’ai vu que le jeune le plus riche en Afrique du Sud, Sandil Chezy Innocent, est un trader. Et aussi qu’il y avait un jeune burkinabè tradeur Frank Martial Yamadjako. Alors j’ai décidé de les contacter. J’ai pris mon courage à deux mains pour contacter Sandil Chezy Innocent et aussi Frank Martial Yamadjako. A un moment, même Monsieur Gnamadjako et moi étions de très bons amis avant qu’il ne parte pour l’extérieur. Et Sandil aussi, il m’arrivait de causer avec lui sur Facebook et de prendre des conseils avec de lui. C’est de là qu’est venue la volonté d’apprendre le trading. Et je l’ai appris au Burkina Faso comme à l’extérieur notamment avec des formateurs comme Steve Moro aux Etats Unis, comme Master Find de son vrai nom Faussions Frédéric, un français.
F.7 : On accusait les tradeurs à l’époque de dribler les impôts et que l’argent du trading était utilisé à financer le terrorisme. Est ce que ces accusations étaient fondées ?
C.F : Je parle au nom de ma société, donc ma société ne se reconnait nullement dans ces allégations. Au contraire, nous travaillons depuis longtemps à intégrer la paix et la solidarité. Nous faisons même des dons, nous participons à la vie sociale de notre pays.
Peut-être, qu’il y a une possibilité pour les autres sociétés mais comme je vous le dis, je parle au nom de ma société. Et à ma connaissance, les investigations n’ont pas montré que ces accusations étaient vraies.
F.7 : Est-ce que vous avez aussi subi le gel des comptes dont ont été victimes les tradeurs ?
C.F : Tous les tradeurs de près ou de loin ont vécu ou subit ce gel. En aval et en amont, notre société a été touchée aussi parce que nous travaillions avec d’autres sociétés à l’époque plus visibles, plus grandes que la nôtre.
Nous investissions à l’époque nos fonds dans ces sociétés. De façon indirecte, nous avons aussi subi. Sans oublier qu’en gelant les comptes, cela met en doute la crédibilité des autres sociétés. Ce qui veut dire que toutes les sociétés ont subi, d’une manière ou d’une autre ces problèmes.
F.7 : Est-ce que c’est une anarque le trading ?
CF : Le trading en tant que tel n’est pas une anarque, c’est un métier noble. Dans les autres pays, il y a des formations même pour le trading. Il y a des universités qui enseignent le trading. Aucune université en France ne va enseigner de l’arnaque.
Mais la jeunesse burkinabè, africaine en générale a abusé du trading. Et la plupart de ceux qui ont participé à tacher ce métier ne sont en réalité pas des tradeurs.

F.7 : Un bon trader, c’est quoi ?
C.F : Un bon tradeur c’est celui qui se forme d’abord en apprenant bien le métier de trading. C’est celui qui a la vision à long terme, pas à court terme. Un bon tradeur, c’est celui qui prend son métier à cœur.
F.7 : Qu’est-ce que ça vous fait d’aller recevoir des prix à l’extérieur alors que vous êtes mal vu chez vous ?
C.F : Comme on aime le dire, on n’a jamais été prophète chez soi. C’est avec tristesse que je vois que le système a pu corrompre la jeunesse, montrant la mauvaise face du trading. Alors qu’il est bien accueilli dans les pays développés. Il est bien vu. A Dubaï, par exemple lorsque, vous vous présentez comme un tradeur, tout le monde veut prendre une photo avec vous, on demande ton numéro, parce que chez eux, c’est une grâce d’être tradeur. En Afrique du Sud à coté, on voit que les tradeurs sont respectés. Au Ghana à coté, on voit que les tradeurs sont bien accueillis par le gouvernement. Mais on remarque que c’est dans les pays pauvres que le trading est considéré comme une arnaque. Donc, ça me fait mal que nous ne soyons pas prêts à sortir de cette pauvreté, de cette mentalité qui nous handicape.
F.7 : Parlez-nous des prix que vous avez reçu à Dubaï en décembre.
CF : A Dubaï, il y a eu l’Expo 2020 des brokers. Les brokers sont ces institutions qui mettent les tradeurs en contact avec le marché. Ils connaissent la force, la capacité de chaque tradeur. Nous avons une salle de marché où nous travaillons avec plusieurs brokers, Olymp Trade, et il y en a un qui nous a invité pour recevoir spécialement ce prix. Et une autre institution financière, Protocole Trade, pour prendre un prix, le prix du meilleur partenaire avec des hommes d’affaires des Émirats Arabes Unis qui nous octroie leurs fonds à gérer.
Protocol Trade, lui, porte un regard sur les stratégies dans le trading. Il m’a donc offert la meilleure stratégie en Afrique, il y avait tous les tradeurs des pays d’Afrique.
Nous avons eu la chance de rencontrer de très grands brokers que je ne pensais pas voir il y a deux ou trois ans de cela. Ce fut un plaisir de les voir m’acclamer, acclamer un Burkinabè, parce que lorsqu’on dit que je viens du Burkina Faso, chacun a pris son téléphone pour aller voir c’est quel pays.

F.7 : Faites-vous des consultations à l’extérieur ?
C.F : Avec notre nouvel air, nous n’avons plus besoins de nous déplacer pour consulter. Avec internet, nous consultons à distance. Je travaille avec des partenaires aux États-Unis, en France, à Dubaï, mais à distance. Donc, les consultations se font en ligne.
F.7 : Est-ce que le trading, c’est le risque zéro ?
C.F : Le trading ce n’est pas le risque zéro. Comme tout autre métier, si nous nous mettons à cœur, nous allons réussir. C’est vrai, nous pouvons être indépendant financièrement, mais il faut du temps comme je le dis souvent. Ce qui donne l’impression que les tradeurs sont riches, c’est parce qu’en réalité les tradeurs sont des jeunes. Et comme on le sait, un jeune surpris par une certaine fortune peut perdre sa tête s’il n’est pas entouré par de bonnes personnes. C’est ce qui tue le trading, parce qu’ils deviennent indépendants financièrement, et qu’ils exhibent maintenant leurs biens. Mais nous enseignons dans notre école, le respect même de l’argent, et le respect du passé de chaque individu.
F.7 : C’est ce que vous enseignez dans votre institut ?
C.F : Oui. C’est pourquoi la plupart de mes formations ont été à l’extérieur, parce que de là-bas, on nous enseigne de prendre le métier à cœur, de prendre le métier comme il doit l’être. On nous a appris à respecter le métier et à travailler à avoir une vision à long terme.
F.7 : Comment accéder à votre centre de formation ?
C.F : Nous accueillons tout le monde. Tous ceux qui désir vraiment apprendre de ce métier, ils peuvent se former ici et d’ailleurs, ils recevront une formation de qualité, digne des grands tradeurs reconnus à l’international.
Ici, nous ne regardons pas les diplômes. Nous vous formons à être indépendant financièrement mais à long terme. Je m’attarde sur ça, pour que la jeunesse ne fasse pas d’amalgame en pensant au gain facile et rapide. Le trading, c’est tout sauf ça. C’est une vision à long terme.
Lorsque nous formons les étudiants, c’est sur six mois mais au bout de ces six mois, ils ne sont pas aptes à abandonner les autres métiers qu’ils font pour s’adonner exclusivement au trading. Au bout de ces six mois, c’est seulement la base qu’ils ont, on leur accorde encore six mois de formation, ce qui fait une année. Après ça, l’étudiant est maintenant apte à gérer ses fonds. Mais pas qu’il va devenir immédiatement riche, parce que pour devenir riche, il faut du temps.
Ce n’est pas de l’argent facile, il faut travailler comme dans tous les métiers pour avoir ce que nous voulons.
F.7 : Quels conseils donneriez-vous à vos frères qui veulent s’y lancer ?
C.F : Je dirais à mes frères burkinabè de faire attention, lorsqu’une personne nue t’apporte des habits. L’Afrique du Sud, est la deuxième puissance mondiale de l’Afrique, elle trouve que le trading est bien et elle les enseigne dans les universités. Le gouvernement ghanéen travaille avec les sociétés de trading. Que les jeunes burkinabè analysent par eux même avant de prendre toute décision. C’est pour cette raison que je vous dis de vous méfiez d’une personne nue qui vous apporte des habits.
F.7 : L’institut existe depuis combien de temps et combien de personnes avez-vous formez ?
C.F : Cela fait trois ans que l’école existe, mais nous avons changé le nom. Au départ c’était « Céleste Finance Institut », après nous l’avons développé, agrandi et nous l’avons appelée « l’école supérieur de trading » mais « Céleste Finance » existe toujours, et offre d’autres services. L’école supérieur est donc une filiale du groupe Céleste qui regroupe sept différentes entreprises.

F.7 : Un message à l’endroit des autorités ?
C.F : Je pense que tout est question d’information ici. C’est toute l’Afrique en réalité qui est victime de cette désinformation. Donc je demande aux dirigeants de faire une recherche approfondie sur le trading afin de pouvoir nous accompagner. Je pense que sans accompagnement du gouvernement, nous ne pouvons pas travailler, de porter un œil sur ce que nous faisons, de nous suivre, de nous canaliser, de créer des institutions pour canaliser les investissements afin de permettre à notre pays de se développer.
F.7 : Pensez-vous que nous pourrons un jour l’enseigner dans nos universités au Burkina Faso ?
C.F : Oui j’ai foi, qu’avec le temps nos gouvernants comprendrons l’importance de certains métiers comme le trading pour actualiser les informations afin que nous puissions aussi être parmi les pays développés.
F.7: Pour terminer est-ce que vous vous considérez comme étant riche?
La réponse en vidéo???
Propos recueillis par Amadou ZEBA
Faso7




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Après l’arnaque du siècle dont les gens ont été victimes ici, il est indécent de nous parler de trading. Remboursez nous notre argent d’abord