Burkina Faso : Fin des travaux du 2ᵉ Forum humanitaire et genre des pays de l’AES

Les travaux du 2ᵉ Forum des ministres chargés de l’Action humanitaire, couplé à la 2ᵉ réunion des ministres chargés du Genre de la Confédération des États du Sahel (AES) se sont achevés le 12 août 2026 à Ouagadougou. Pendant trois jours, les experts ont passé en revue la mise en œuvre de la feuille de route de la réunion de Niamey et abordé les thématiques relatives aux questions humanitaires et du genre. Le point notable de cette rencontre a été la signature conjointe de la déclaration de Ouagadougou des ministres chargés de la Promotion de la femme et du genre et de celle du forum humanitaire de l’AES.
Le lieutenant-colonel Pélagie Kaboré, ministre burkinabè de la Famille et de la Solidarité, a expliqué que les ministres de l’espace confédéral ont été satisfaits de voir la mise en œuvre effective des recommandations issues de la déclaration de Niamey qui s’est tenue le 17 juillet 2025. Par ailleurs, les recommandations de la réunion des ministres du Genre ont trouvé une issue favorable à la réunion de Ouagadougou. Cependant, les échanges du 2ᵉ forum humanitaire se sont penchés sur les questions d’actualité. À tous les niveaux, les résolutions ont porté principalement sur le passage de l’urgence vers la résilience des populations.
« Vous savez que les trois pays sont confrontés au même défi sécuritaire, auquel viennent s’ajouter certains défis climatiques qui aggravent la vulnérabilité de nos populations. Il était temps pour nous de pouvoir prendre des résolutions fortes pour que l’action humanitaire ne se résume pas seulement à lever l’urgence, mais que l’action humanitaire passe progressivement de l’urgence vers la mise en place d’actions ou de politiques concrètes pour permettre aux populations de se relever, de s’autonomiser et de se prendre en charge, et surtout d’éviter le piège dangereux de l’assistanat », a-t-elle expliqué.

De leur côté, les ministres chargés du Genre de l’AES ont réfléchi sur la prise en compte des femmes dans la mise en place des politiques nationales de développement. Il s’agit de leur permettre d’être des actrices du développement et de participer à l’autonomisation et à la résilience des peuples des trois pays. Cette vision s’est traduite par le lancement de la plateforme régionale des organisations féminines de l’AES. Elle a pour mission de fédérer les organisations féminines qui assurent la sensibilisation sur la protection et la promotion des femmes et du genre. Elle prendra en compte également les associations qui s’investissent pour permettre aux femmes d’accéder à des moyens de financement et aux compétences nécessaires pour entreprendre des activités rémunératrices de revenus.
« Vous savez que les femmes sont braves, elles produisent, mais malheureusement l’accès au marché reste un défi. Donc, ces résolutions vont nous permettre de voir comment est-ce qu’on explore et on ouvre des marchés pour les productions de ces femmes », a ajouté le lieutenant-colonel Pélagie Kaboré.
Par ailleurs, les travaux ont abouti à la signature des déclarations dites de Ouagadougou. Pour le compte des ministères de l’Action humanitaire, le Pr Sidikou Ramatou Djermakoye SEYNI, ministre de la Population, de l’Action sociale et de la Solidarité du Niger, a expliqué que les acteurs ont affiché leur ambition de construire un modèle humanitaire qui reflète la réalité des trois pays de l’AES. Cette vision s’est articulée autour de cinq points.

Il s’agit de la souveraineté des États dans la définition et la conduite des politiques humanitaires, du renforcement de la gouvernance et de la coordination efficace des interventions, la complémentarité entre action humanitaire, développement, paix, adaptation climatique et réduction des risques de catastrophes. A cela s’ajoutent la participation active des communautés, des collectivités territoriales, des femmes, des jeunes et des personnes en situation de vulnérabilité, ainsi que l’utilisation des innovations scientifiques, technologiques et numériques au service des populations.
Face aux enjeux, la communauté humanitaire a réaffirmé sa disponibilité à renforcer sa collaboration avec les États de l’AES et leurs partenaires, et à instaurer un dialogue permanent et un partenariat stratégique pour transformer l’urgence humanitaire en résilience.
Cheick Habib Désiré BAYILI
Faso7



