BTP et secteur ferroviaire : La 2ᵉ édition du SIIBA BIM Afrique s’ouvre à Ouagadougou sur fond d’innovation numérique

La deuxième édition du Salon de l’Innovation de l’Industrie du BTP en Afrique (SIIBA BIM Afrique) a officiellement ouvert ses portes ce 5 novembre 2026 à Ouagadougou. Pendant 72 heures, les professionnels du bâtiment, des travaux publics et du secteur ferroviaire, ainsi que les acteurs de l’innovation, vont échanger autour du thème, « Transformation numérique et innovation dans le BTP et le ferroviaire : quels leviers pour le Burkina Faso ? ». L’ambition est de promouvoir des solutions innovantes pour améliorer la conception, la réalisation et la gestion des infrastructures au Burkina Faso.

Dans un contexte où les exigences en matière de qualité des ouvrages, de maîtrise des coûts et de respect des délais se renforcent, le secteur du BTP est appelé à repenser ses méthodes de travail. Pour les organisateurs du SIIBA BIM Afrique, la transformation numérique et l’innovation constituent des leviers essentiels pour accompagner cette évolution et répondre aux besoins croissants en infrastructures.

Le président du comité d’organisation, Fabrice Yangané, a rappelé que la performance du secteur ne saurait se limiter à la multiplication des constructions. « Construire davantage ne suffit plus. Nous devons apprendre à mieux concevoir, mieux coordonner, mieux construire et mieux entretenir », a-t-il souligné.

Pour lui, chaque infrastructure réalisée engage une responsabilité collective, au regard des ressources mobilisées et des besoins des populations. C’est de cette exigence qu’est né le SIIBA BIM Afrique, conçu comme un cadre de réflexion et de partage d’expériences, mais surtout comme un espace de promotion des compétences et des solutions adaptées aux réalités africaines.

« Notre pays ne manque pas de talents », Fabrice Yangané

Fabrice Yangané estime en effet que le continent ne doit pas se contenter de consommer les innovations développées ailleurs. Il doit également être capable de concevoir ses propres réponses aux défis de son environnement. « Notre pays ne manque pas de talents. Nous avons des ingénieurs, des architectes, des techniciens, des entrepreneurs, des enseignants, des chercheurs et des jeunes capables de concevoir et de réaliser de grands projets », a-t-il affirmé.

Le président du comité d’organisation a notamment insisté sur le fait que l’innovation dans le BTP ne se limite pas à l’utilisation des outils numériques. Elle concerne également les matériaux, les techniques de construction, l’organisation des projets, le contrôle de qualité et l’entretien des infrastructures.

Une vision partagée par le parrain de cette édition, Roland Achille Sow. Celui-ci a rappelé le poids économique et social du secteur du bâtiment et des travaux publics, qui contribue à la création d’emplois, à l’activité des entreprises et à l’amélioration du cadre de vie des populations.

Toutefois, plusieurs insuffisances continuent de freiner sa pleine performance. Il s’agit notamment de la qualité des ouvrages, de la maîtrise des coûts et des délais, de la formation des professionnels et de la coordination entre les acteurs. Face à ces défis, Roland Achille Sow considère que l’innovation doit être accessible à l’ensemble des entreprises, y compris les petites et moyennes entreprises (PME).

Il a notamment évoqué les possibilités offertes par le Building Information Modeling (BIM), ou modélisation des informations du bâtiment, qui permet aux différents intervenants d’un projet de travailler à partir d’une maquette numérique commune. « Les outils numériques, les matériaux innovants, la préfabrication et le BIM permettent de réduire les erreurs, d’améliorer la qualité et de renforcer la transparence », a-t-il expliqué.

« Pour un pays sans littoral, le rail est un levier de compétitivité » (Roland Achille Sow)

Au-delà du bâtiment et des travaux publics, le SIIBA BIM Afrique accorde une place particulière au développement du secteur ferroviaire. Pour Roland Achille Sow, ce domaine constitue un enjeu stratégique pour l’économie burkinabè, notamment en raison de la situation géographique du pays.

Il a relevé le faible niveau de développement du réseau ferroviaire national, tout en y voyant une possibilité de bâtir des infrastructures répondant directement aux standards technologiques actuels. « Pour un pays sans littoral, le rail est un levier de compétitivité : il abaisse le coût du fret, sécurise nos corridors vers les ports et soutient nos filières minières, agricole et industrielle », a-t-il déclaré.

Durant les trois jours de rencontres, le SIIBA BIM Afrique se veut ainsi une plateforme de dialogue entre professionnels, entreprises, institutions de formation et décideurs. À travers les réflexions engagées sur la transformation numérique, les matériaux innovants, les méthodes de construction et le ferroviaire, cette deuxième édition ambitionne de faire émerger des pistes d’action pour un secteur du BTP plus performant, mieux structuré et davantage ancré dans les réalités nationales.

Faso7

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