Lutte contre le paludisme : Le ministre Robert Lucien Kargougou sur le terrain à Saponé pour le 2e passage de la CPS+

Le ministre de la Santé, Dr Robert Lucien Kargougou, s’est rendu à Saponé ce 21 août 2026 pour constater le déroulement du deuxième passage de la campagne de chimio-prévention du paludisme saisonnier (CPS+). La campagne, qui concerne plus de 5 millions d’enfants au Burkina Faso, est également couplée au dépistage de la malnutrition et à la recherche des enfants « zéro dose » ou insuffisamment vaccinés.

Au cours de cette visite à Saponé, les agents de santé à base communautaire (ASBC) ont administré le médicament préventif aux enfants d’un ménage, tandis que les adultes sont sensibilisés sur la poursuite du traitement et les mesures permettant de réduire les risques de transmission.

Robert Lucien Kargougou a pris lui-même part à l’exercice en administrant une dose à un enfant. Pour le ministre de la Santé, l’enjeu du deuxième passage est désormais de ne laisser aucun enfant éligible en marge de la prévention.

« La priorité absolue, c’est de faire en sorte qu’aucun enfant éligible à la CPS ne soit mis de côté dans le cadre de la prévention contre le paludisme », a-t-il déclaré.

Le ministre a versé l’eau d’un abreuvoir à volaille qui était devenu un gîte larvaire et conseille au chef de famille de renouveler régulièrement l’eau de cet abreuvoir-©Faso7

L’autorité s’est ensuite attaqué, dans la même concession, à un autre ennemi du paludisme, les gîtes larvaires. Des récipients contenant de l’eau stagnante pour abreuver la volaille ont été renversés, laissant les larves au soleil. Pour le ministre, ce geste doit devenir un réflexe dans les ménages.

Notons que la campagne actuelle entend aller au-delà de la seule administration du traitement préventif. La CPS+ intègre également la destruction des gîtes larvaires, le dépistage de la malnutrition ainsi que la recherche des enfants qui n’ont reçu aucun vaccin ou dont la vaccination est incomplète.

Le ministre insiste particulièrement sur l’assainissement du cadre de vie. Il a rappellé que la destruction des gîtes larvaires constitue un prolongement des efforts engagés dans le cadre des journées nationales de lutte anti-larvaire. « Dans le cadre de la CPS, il est prévu la destruction des gîtes larvaires et cela se fait. Il est aussi prévu évidemment que les agents de santé à base communautaire puissent identifier, dépister les cas de malnutrition et de pouvoir aussi en faire le traitement », a expliqué Robert Lucien Kargougou.

Cette approche repose largement sur la mobilisation communautaire. Pour le ministre, les agents présents dans les concessions jouent ainsi un rôle déterminant dans la réussite de la campagne. « Il faut bien accueillir les agents de santé à base communautaire, les agents de santé. Faites-leur confiance, faites en sorte qu’au premier jour, la prise supervisée soit effective, que pour les deuxième et troisième jours, les mères d’enfants, les gardiennes d’enfants elles-mêmes puissent administrer les médicaments à la même heure, celle à laquelle le médicament du premier jour a été administré », a-t-il appelé.

La réussite de la campagne dépend aussi du comportement des ménages. Respect des trois prises, destruction des eaux stagnantes et utilisation régulière des moustiquaires imprégnées constituent, selon le ministre, des gestes complémentaires. « Si nous faisons ça, si nous détruisons les gîtes larvaires, si nous faisons en sorte que les enfants, les mères d’enfants, que les Burkinabè, dorment sous un filet imprégné à longue durée d’action, évidemment nous allons gagner certainement la bataille contre le paludisme », a-t-il soutenu.

Plus de 5 millions d’enfants ciblés

À l’échelle nationale, la campagne concerne un peu plus de 5 millions d’enfants. Parmi eux, environ 4,8 millions sont âgés de 3 à 59 mois et plus de 300 000 ont entre 5 et 9 ans.

Le traitement préventif est administré gratuitement sur trois jours. La première prise est supervisée par l’ASBC. Les deuxième et troisième prises sont ensuite administrés aux enfants par les parents, à la même heure que celle retenue pour la première dose.

À Saponé, les responsables sanitaires présentent cette intervention comme l’une des raisons de la baisse observée ces dernières années. Selon les données présentées par Liliane Bambara, médecin-chef du district sanitaire de Saponé, le nombre de cas de paludisme dans le district est passé de 63 648 en 2023 à 59 069 en 2024, puis à 41 614 en 2025, soit une baisse d’environ 34 % en deux ans.

La tendance se poursuit au premier semestre 2026. Le district a enregistré 3 016 cas, contre 14 116 sur la même période en 2023. La responsable sanitaire attribue cette évolution à la conjugaison de plusieurs interventions et à la mobilisation des agents de santé, des partenaires et des populations.

Dans cette localité, les cas de paludisme grave chez les enfants de moins de 5 ans sont également restés relativement limités. Ils sont passés de 10 cas en 2023 à 15 en 2024, puis à 11 en 2025.

Le ministre a également visité les locaux du Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) de Saponé-Marché et échangé avec les autorités locales sur le déroulement de l’opération.

Il a salué la mobilisation des agents de santé à base communautaire. Il estime que leur proximité avec les populations facilite à la fois la distribution des médicaments et la sensibilisation des familles.

Josué TIENDREBEOGO

Faso7

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