Dez Altino : « Les gens pensent que c’est la guerre entre Floby et moi, mais ce n’est pas le cas »

Cela fait maintenant 15 ans que Tiga Wendwaoga Désiré Ouédraogo alias Dez Altino surfe sur les vagues de la musique. Comme un bon vin qui se bonifie avec le temps, l’artiste maintient le cap. Après son premier album sorti en 2006, l’artiste gravit les échelons, single après single et album après album pour se retrouver au sommet de la pyramide. En entendant la sortie de son prochain album et la célébration de ses 15 ans de carrière, l’artiste s’est confié à Faso7, le 6 octobre 2023. Sa carrière, ses défis, ses rapports avec ses collègues et son regard sur la musique burkinabè, aucun sujet n’a été ignoré.
Contrairement à ce que pensent beaucoup de mélomanes burkinabè, la rivalité entre Dez Altino et Floby, n’est que sur le plan artistique. Au delà de la musique, les deux stars entretiennent de bons rapports. « Nous sommes très proches. On s’appelle tous les jours et on se fréquente. Les gens pensent que c’est la guerre entre Floby et moi, mais ce n’est pas le cas. C’est la musique qui demande ça », confie Dez Altino.
Présent sur la scène musicale depuis quinze années, Dez Altino, avec un sourire à la bouche, confie que cette longévité, il la doit aux « longues heures de travail, de sacrifices et de persévérance ». À cela, il ajoute l’amour de ses fans.
« Il faut comprendre que pour être au haut niveau pendant longtemps, il faut beaucoup travailler, mettre du sérieux dans ce qu’on fait, de la rigueur et toujours s’actualiser. Il ne faut pas aussi oublier l’accompagnement et le soutient des fans », explique l’artiste. Plus loin, il conseille d’avoir une vision claire de sa carrière en plus de la passion pour la musique, si l’on aspire une carrière artistique prometteuse.
Serein dans son studio où nous l’avons rencontré, celui-là qui se fait aussi appeler le « Prince national » nous évoque des difficultés dont fait face le Show-Biz burkinabè. L’une des plus grandes de ces difficultés reste la difficile exportation de la musique burkinabè. Pour notre hôte du jour, le problème d’exportation est lié au manque d’une véritable industrie musicale.
« On ne doit pas envier les autres. On peut aimer leurs musiques, mais pas aller jusqu’à les envier. En matière de personnel, on a les plus grands arrangeurs, ingénieurs et vidéographe. Je pense que c’est le système qui n’est pas au top d’abord. Moi, j’ai foi que la musique burkinabè va s’exporter tôt ou tard », estime toutefois le Kunde d’or 2013.
S’ils sont fréquemment très adulés par leurs fans, les artistes essuient souvent des critiques venant de la part de ces mêmes fans. Des critiques, qui souvent sévères, peuvent nuire à la carrière d’un artiste. Pour Dez Altino, pour évoluer dans sa carrière, un artiste doit choisir et considérer les critiques positives et constructives. « Il y a d’autres qui font des critiques, mais quand tu regardes, c’est comme de la vengeance ou des injures. À ces types, on multiplie par zéro et la vie continue », laisse-t-il entendre sourire aux lèvres.
Malgré les critiques, ce qui compte pour un artiste, reste la satisfaction de ses fans. Pour mener à bien cette mission, lorsqu’on est en face d’un public « très exigeant » comme celui burkinabè, il faut un travail constant, pense Dez ALtino.
« Ici, si on ne t’aime pas ou si tu ne fais pas ce que le public veut, personne ne va venir suivre ton concert et personne ne va acheter ton album. C’est vrai que ça met la pression, mais ça permet en même temps de maintenir les artistes écocentres et rigoureux. C’est de bonne guerre », confie le « Prince national ».
Travailleur acharné l’artiste est en pleine préparation de son prochain album qui sortira en 2024. Il prépare également la célébration de ses 15 ans de carrières. Et pour tendre la main à la jeunesse burkinabè, il s’adonne à la production de jeunes artistes. Selon Dez Altino, il a de quoi à remercier Dieu lorsqu’il se rend compte de ce qu’il a pu réaliser grâce à sa carrière musicale. Cependant, il a un seul regret. Celui de « n’avoir pas travaillé aussi au début de sa carrière comme actuellement », dit-il.
Faso7



