Cherté de la vie : La Ligue des consommateurs du Burkina (LCB) pointe du doigt la contrebande et le truquage des balances

La Ligue des consommateurs du Burkina (LCB) s’est prononcée sur la hausse du prix du gasoil par le gouvernement, la cherté des produits de grande consommation et le plafonnement des frais de scolarité, au cours d’une conférence de presse tenue ce 15 août 2026 à Ouagadougou.
Le réajustement du prix du litre de gasoil par le gouvernement n’était pas inattendu au sein de la LCB. Au contraire, elle l’avait présagé en se référant à plusieurs signes annonciateurs. Selon le président, Marcel Kouraogo, il s’agit des tensions géopolitiques mondiales qui ont impacté le cours du baril à l’international. Aussi, elle avait alerté, à plusieurs reprises, sur une rupture de carburant au niveau des zones frontalières du Burkina Faso. Inquiète de la situation, la LCB s’est rendue auprès de la SONABHY qui a assuré que la situation ne relevait pas de son fait. Cependant, il s’est avéré que cette pénurie résultait de pratiques frauduleuses.
« Des réseaux illicites détournaient le carburant subventionné en ravitaillant des camions-citernes à destination des pays voisins. Ce siphonnage asséchait les cuves locales, créait de fausses pénuries et alimentait un marché noir spéculatif », a expliqué Marcel Kouraogo.
Face à cette situation, il a indiqué que les membres ont appelé à prendre des mesures. Il s’agit, entre autres, de l’adoption d’une combinaison de contrôles renforcés des structures étatiques de contrôle et de répression, de sanctions exemplaires et d’une vigilance citoyenne des consommateurs. Ils ont exigé l’interdiction stricte de tout approvisionnement suspect par des camions-citernes étrangers, en dehors des circuits officiels d’exportation non subventionnés.
Concernant la cherté des prix des produits de grande consommation
À propos de la hausse des prix des produits de grande consommation, la LCB a expliqué que le constat fait par ses sections provinciales est alarmant. En dépit des mesures en vigueur à tous les niveaux, la flambée des prix touche les denrées alimentaires et d’autres biens. S’interrogeant sur l’origine de cette hausse, le secrétaire général de la LCB, Ousseini Ouédraogo, a indiqué que, malgré l’interdiction de l’exportation du bétail, certains commerçants s’adonnent à la contrebande en l’exportant frauduleusement. En parlant du coût exorbitant du poisson, il a pointé du doigt la falsification des balances de pesage. Il a estimé que le poids du poisson acheté ne correspond pas à celui indiqué par la balance.
« Le chinchard, le maquereau, qui coûtaient moins cher, deviennent maintenant chers et introuvables même sur le terrain, quittant de 1 900 à 2 000 francs CFA. C’est uniquement le tilapia produit sur cages flottantes qui a été réglementé à 2 000 francs (…). Malheureusement, les consommateurs sont toujours lésés. Les instruments de mesure, quand on dépose, on vous dit ça fait 1 kg, ça fait 4 kg, mais ce sont des instruments de mesure qui ont été truqués », a-t-il déploré.
La LCB est satisfaite du plafonnement des frais de scolarité
La LCB appelle à la mise en place d’un dispositif de contrôle de l’Agence burkinabè de normalisation, de la métrologie et de la qualité (ABNORM) dans les différentes provinces du pays. Elle suggère également d’intensifier les contrôles sur les marchés, de sanctionner les commerçants qui contournent les mesures de régulation, d’approvisionner suffisamment les boutiques Faso-Yaar en produits de première nécessité et d’en poursuivre le déploiement dans l’ensemble des arrondissements et provinces.
Par ailleurs, la Ligue des consommateurs du Burkina a exprimé sa satisfaction concernant la décision du gouvernement de plafonner les frais de scolarité dans les établissements d’enseignement privés. Depuis plusieurs années, l’organisation affirme n’avoir cessé d’alerter les autorités sur les préoccupations des parents d’élèves face à la hausse incontrôlée des frais d’inscription et à la multiplication des frais annexes. Elle s’est en outre dite indignée par le fait que certains établissements expulsent des élèves pour non-paiement de ces frais complémentaires, pourtant non réglementaires.
« Toutes ces réformes, dans une grande mesure, nous satisfont parce que c’est l’aboutissement des recommandations, l’aboutissement des observations, l’aboutissement des informations fournies, collectées, traitées par la Ligue des consommateurs et données à l’autorité de faire ce qu’elle peut faire. Ça aussi, c’est le rôle d’un partenaire social pour le développement », a souligné Ousseini Ouédraogo.
À noter que le 30 mai 2026, la LCB a renouvelé les membres de son instance. Elle est présidée désormais par Marcel Kouraogo.
Cheick Habib Désiré BAYILI
Faso7



