Burkina Faso : La Cour des comptes présente son rapport public annuel 2024

La Cour des comptes a présenté, ce vendredi 5 décembre 2025 à Ouagadougou, son Rapport public annuel 2024. Le document, rendu public après sa remise au Président du Faso le 24 novembre, s’inscrit dans une démarche de transparence et de redevabilité, selon le Premier président de la Cour des comptes, Latin Poda.
Dans ses conclusions, la Cour des comptes relève plusieurs irrégularités persistantes dans différents secteurs de l’État.
« Des constats ont été faits et ils appellent des suites appropriées, tant administratives que juridictionnelles », a déclaré le Premier président de la Cour des comptes, Latin Poda.
Il a également ajouté que le Parquet général examinera les situations identifiées afin de déterminer celles qui pourraient relever d’une faute de gestion et nécessiter des poursuites ou des sanctions.
Le rapport formule par ailleurs une série de recommandations destinées à corriger les dysfonctionnements et à prévenir leur récurrence. Latin Poda a souligné que le Chef de l’État, lors de la remise officielle du document, « nous a expressément invités à assurer un suivi rigoureux de la mise en œuvre de nos recommandations », preuve de l’attention des plus hautes autorités à la gouvernance publique.
Toutefois, le Premier président a tenu à alerter sur les limites structurelles qui freinent l’action de la Cour.
« Les ressources mises à la disposition de notre institution demeurent insuffisantes au regard des missions qui lui sont assignées », a-t-il regretté, citant notamment le manque de moyens humains, financiers et logistiques, ainsi que les insuffisances du cadre juridique et de la coordination interinstitutionnelle. Selon lui, ces contraintes affaiblissent la portée des contrôles et limitent les audits qu’attendent les citoyens.
Revenant sur le contenu du Rapport public annuel 2024, le conseiller rapporteur Théophile Sawadogo a indiqué que le Parquet a examiné 47 dossiers en 2024, parmi lesquels 43 ont révélé des faits présomptifs de fautes de gestion et 4 des faits présomptifs d’infractions à la loi pénale, ayant donné lieu à la saisine des juridictions.
Il a également signifié que courant 2024, une instruction a été ouverte dans quarante-trois (43) dossiers de présomptions de fautes de gestion dans plusieurs structures, mettant en cause des agents de profils différents.
« Les profils des agents couramment mis en cause sont les DAF, ministres, directeurs des marchés publics, directeurs généraux des structures des ministères ou des EPE, directeurs de cabinet, secrétaires généraux », a-t-il lancé.

Sur la fréquence de commission des fautes de gestion, Théophile Sawadogo a expliqué qu’il « ressort que c’est au niveau de la santé, du ministère de l’Agriculture, du ministère de l’Éducation nationale, du Conseil régional des Hauts-Bassins et de la Commission nationale des droits humains que le plus grand nombre d’irrégularités ont été découvertes et ont donné lieu à des poursuites ».
En conclusion, Latin Poda a réaffirmé l’engagement de la Cour des comptes à agir dans l’intérêt général. « Notre ambition n’est pas de stigmatiser, mais d’améliorer les pratiques de gestion », a-t-il indiqué, invitant le public et les journalistes à consulter le rapport désormais disponible sur le site officiel de l’institution ainsi que le dossier de synthèse préparé pour la presse.
Le Rapport public annuel 2024 constitue la synthèse des activités de la Cour menées durant l’année judiciaire 2022-2023. Il couvre à la fois les activités juridictionnelles, notamment les jugements des comptes des comptables publics et les fautes de gestion, et les activités non juridictionnelles relatives au contrôle de la bonne utilisation des ressources publiques. Ces travaux se sont appuyés sur l’analyse de dossiers, des auditions et un dialogue permanent avec les administrations concernées.
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