Burkina Faso : Le 33ᵉ Forum des Contrôleurs Financiers s’ouvre sur les enjeux de la gestion axée sur les résultats

Le 33ᵉ Forum des Contrôleurs Financiers a débuté ce jeudi 6 novembre 2025 à Ouagadougou, au siège de la Caisse Autonome de Retraite des Fonctionnaires (CARFO). Cette rencontre, qui se poursuit jusqu’au 8 novembre, réunit le personnel du ministère en charge de l’Économie autour du thème : « Responsabilité du contrôleur financier dans un contexte de gestion axée sur les résultats et de défis sécuritaires : enjeux et perspectives ».
Le forum aborde notamment la co-responsabilité dans la chaîne de gestion, les modalités juridiques et financières de la responsabilité du contrôleur, ainsi que les mécanismes de couverture adaptés à la responsabilité pécuniaire. Il vise à doter les contrôleurs financiers d’outils et de réflexions pour mieux assurer la transparence, l’efficacité et la rapidité dans l’exécution des opérations budgétaires.
Au-delà des aspects techniques, une attention particulière est portée à la gestion du stress et des contraintes liées à cette fonction.
Au Burkina Faso, un contrôleur financier agit dans les ministères, institutions publiques, collectivités territoriales ou projets financés par des bailleurs. Il contrôle la régularité des engagements financiers comme les salaires, les marchés publics, les subventions, les missions. Il analyse l’exécution budgétaire comparée aux prévisions, et appose un visa budgétaire sur les décisions de dépenses, ce qui engage sa responsabilité en cas de mauvaise exécution.
Avant le lancement des travaux, Alfred Thiombiano, Directeur général du contrôle des marchés publics et des engagements financiers, a souligné l’importance de la responsabilité professionnelle dans un contexte national marqué par une crise sécuritaire.
Le Directeur général a insisté sur la double responsabilité des contrôleurs financiers, à savoir assurer la conformité et la transparence des procédures, tout en veillant à ce que leurs actions contribuent effectivement aux résultats attendus dans la gestion publique. La responsabilité des contrôleurs financiers va donc au-delà du simple respect administratif des procédures, selon lui. « Elle devient un principe directeur, une obligation morale et parfois même un acte de patriotisme », a-t-il déclaré.
Il a encouragé les participants à revisiter leurs pratiques. « Le thème de notre concertation est donc une invite à revisiter nos responsabilités, à réinterroger nos comportements et à renforcer notre engagement au service d’une administration exemplaire, performante et résiliente, tout en minimisant les risques pour nous-mêmes et pour les administrations publiques qu’on accompagne », a-t-il déclaré.
Notons que des échanges sont prévus avec des représentants de la Cour des comptes, de l’Autorité de Supérieur de Contrôle et de Lutte contre la Corruption (ASCE-LC) et de l’Inspection générale des finances (IGF) afin de croiser les expériences et formuler des recommandations pratiques.
Des propositions concrètes attendues
À cette cérémonie, la représentante du ministre chargé de l’Économie et des Finances, Edwige Yaméogo, a rappelé le rôle majeur des contrôleurs financiers dans la gestion rigoureuse des ressources publiques, particulièrement dans un contexte national exigeant. Elle a souligné que ce forum est un moment privilégié pour renforcer les performances opérationnelles.
« Chaque visa, chaque avis, chaque décision que vous prenez engage non seulement l’État, mais aussi votre propre responsabilité, qu’elle soit disciplinaire, pénale, civile ou pécuniaire. Cette responsabilité souvent évoquée dans les rapports d’audit et de contrôle mérite d’être abordée avec lucidité, discernement et rigueur. Il est donc essentiel que chaque contrôleur financier adopte une posture proactive, développe sa capacité d’analyse et s’arme d’une vigilance constante. C’est à ce prix que l’on évite les écueils du métier et les fautes de gestion susceptibles de compromettre non seulement les finances publiques », a-t-elle transmise.
Il est attendu des propositions concrètes, des recommandations pertinentes et des pistes d’amélioration réalistes afin de renforcer la sécurité juridique des contrôleurs financiers tout en préservant la performance et la rapidité d’exécution des opérations budgétaires.
En filigrane, cette cérémonie a aussi servi de cadre pour un hommage à certains aînés contrôleurs financiers pour leur contribution et les innovations qu’ils ont apporté au métier. Il s’agit de savoir Sékou Doye, Salif Ouédraogo, Kanfido Onadja et Adama Drabo.
Josué TIENDREBEOGO
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