Le Burkina Faso invite les agences onusiennes à « mobiliser en priorité » les compétences burkinabè

Le Burkina Faso a invité les agences onusiennes opérant dans le pays à prioriser désormais le recrutement des compétences burkinabè.

« Recentrage du partenariat dans les interventions des agences du Système des Nations Unies au Burkina Faso ». C’est l’objet de la correspondance en date du 25 juillet 2025 que le ministre burkinabè en charge des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré a adressé à  la Coordonnatrice résidente du Système des Nations Unies au Burkina Faso.

Cette lettre, que Faso7 a pu consulter, attire l’attention de la patronne des agences onusiennes au « Pays des Hommes intègres » sur  quatre insuffisances dans leurs interventions. Il s’agit du recrutement d’experts internationaux « sans concertation préalable avec les structures nationales concernées », de l’insuffisante mobilisation de l’expertise nationale, « parfois écartée au profit de profils expatriés », de la suppression en priorité des postes occupés par des Burkinabè « en cas de réduction budgétaire » et de « l’absence ou la faible implication de la partie nationale dans les processus d’évaluation et de redevabilité relatifs au personnel international mobilisé sur le territoire burkinabè ».

Les 5 recommandations du Burkina Faso

Le ministre burkinabè a signifié à la Coordonnatrice résidente du Système des Nations Unies que si ces insuffisances ne sont pas corrigées, elles pourraient « altérer le climat de confiance » entre les deux partenaires. Il a donc fait cinq recommandations, cela  en « cohérence avec la vision affirmée du Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, axée sur la souveraineté nationale, le développement endogène et la promotion des compétences locales ».

Il s’agit d’abord de la priorisation systématique de l’expertise nationale, en confiant davantage des postes de responsabilités et de direction aux cadres burkinabè. « Les agences onusiennes sont ainsi invitées à mobiliser en priorité les compétences locales, en particulier pour les fonctions techniques, de coordination, de pilotage stratégique et de suivi-évaluation, afin de garantir à la fois l’efficacité des interventions, la durabilité des résultats, et une meilleure appropriation nationale », précise plus clairement la correspondance.

La seconde recommandation insiste sur la codécision dans le recrutement d’experts internationaux. « Tout processus de recrutement d’expert international au Burkina Faso quel qu’en soit le niveau doit requérir l’approbation officielle des ministères sectoriels compétents, du Ministère de l’Économie et des Finances, et du Ministère des Affaires Étrangères et ce, avant et après le processus de recrutement », peut-on lire dans la lettre.

La  protection des postes nationaux en cas de réajustement est la troisième recommandation, invitant à accorder une « attention prioritaire » aux postes occupés par les Burkinabè en cas de contrainte budgétaire. « Toute suppression devra faire l’objet d’une concertation formelle avec les autorités nationales », préconise la note.

Orienter les ressources vers la réalisation d’infrastructures à fort impact

Les agences onusiennes sont également invitées par le Burkina Faso « à affecter une part significative de leurs ressources à la réalisation d’infrastructures et d’actions visibles et durables pour les populations bénéficiaires, en limitant les coûts liés aux charges salariales, notamment pour les postes internationaux ».

Enfin, « le Pays des Hommes  Intègres » recommande d’être associé à l’évaluation des performances des experts internationaux recrutés par les agences onusiennes. « Le personnel international du Système des Nations Unies doit faire l’objet d’une évaluation de performance annuelle conjointe de type 360°, impliquant les structures nationales, pour garantir leur efficacité et leur alignement avec les priorités nationales », peut-on  lire dans la correspondance du 25 juillet 2025.

Pour rappel, Carol Flore-Smereczniak est la Coordonnatrice résidente du système des Nations Unies. Reçue en audience  le 17 février 2025, le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo avait insisté sur la nécessité d’une plus grande efficience dans les interventions du Système des Nations Unies au Burkina Faso.

Flore-Smereczniak avait à l’époque rassuré que cette orientation sera scrupuleusement prise en compte, « car c’est une priorité pour nous, et nous allons veiller à l’intégrer pleinement dans nos actions ».

Faso7

 

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