Éducation pour tous : La CN-EPT/BF fait son bilan et salue la hausse du financement de l’éducation en situation d’urgence

La Coalition nationale pour l’éducation pour tous au Burkina Faso (CN-EPT/BF) a tenu son assemblée générale annuelle, ce 27 juin 2025 à Ouagadougou, réunissant ses membres, partenaires et représentants de la société civile pour faire le bilan de leurs activités de 2024 à 2025 et dresser des perspectives.

Le rapport d’activités de la CN-EPT/BF met en lumière la mise en œuvre de cinq projets majeurs entre janvier 2024 et mai 2025. Parmi eux, le Projet de renforcement de la mobilisation sociale pour l’inscription et la réinscription des enfants hors école, élèves déplacés internes, filles et enfants handicapés dans les zones à fort défi sécuritaire.

Cette initiative a permis d’obtenir des résultats, dont le financement de l’éducation en situation d’urgence (ESU) a atteint 8,45 milliards de francs CFA sur une prévision de 11 milliards F CFA, soit un taux de mobilisation de 77 %. Grâce à des plaidoyers répétés auprès des ministères et des collectivités, le nombre d’enfants inscrits ou réinscrits est passé de 425 904 à 637 267 en moins d’un an.

Garantir la continuité et la qualité de l’apprentissage

Grâce au projet « Une société juste, équitable, résiliente et pacifique au Burkina Faso », financé par OXFAM-BURKINA, près de 200 jeunes ont accédé à des formations professionnelles de courte durée, et plus de 1 000 personnes (jeunes et femmes) se sont engagées dans des initiatives de développement vert et de résilience climatique.

Dans la région du Sahel, la CN-EPT/BF a accompagné, en partenariat avec l’UNESCO, la mise en œuvre du projet « Améliorer l’enseignement dans la région du Sahel ». Ce projet s’est attaché à renforcer les capacités des enseignants et des structures éducatives dans ce contexte particulièrement éprouvé par l’insécurité. Les formations ont permis à des dizaines de formateurs, de responsables administratifs et de chargés de statistiques de se familiariser avec de nouveaux outils numériques, de gestion, de planification et de déontologie. L’ambition des partenaires est de garantir la continuité et la qualité de l’apprentissage, même dans les zones les plus exposées.

Éducation de qualité même en temps de crise

En parallèle, l’initiative « Approche 3Z » (zéro grossesse, zéro violence de genre, zéro mariage en milieu scolaire), également portée avec l’UNESCO, a marqué une avancée dans la lutte contre les violences de genre et les mariages précoces en milieu scolaire. Ici, les partenaires ont misé sur la formation de plus d’une centaine d’enseignants à l’éducation à la vie familiale, la conception d’outils pédagogiques adaptés, et l’accompagnement de plusieurs centaines d’acteurs éducatifs dans l’appropriation de cette approche. L’objectif a été de faire reculer durablement les grossesses précoces, la violence de genre et les mariages d’enfants.

La Semaine Mondiale d’Action pour l’éducation (SMAE 2025), autre pilier du dispositif, a continué de jouer son rôle de catalyseur. Grâce au soutien du ministère en charge de l’Éducation nationale et de l’UNICEF, la Coalition a mobilisé des milliers d’acteurs à travers le pays. Fora, ateliers, émissions radios et télévisées ont permis de maintenir la pression sur les décideurs et de rappeler que l’éducation inclusive et de qualité est un droit, même en temps de crise.

« Ce succès est dû à l’engagement des organisations membres, mais aussi aux comités régionaux et communaux que nous avons mis en place dans les régions et communes de mise en œuvre de nos projets. Ce sont eux vraiment qui s’investissent, bien sûr, avec notre accompagnement. Et le Conseil d’administration qui facilite vraiment la mise en œuvre de beaucoup de nos activités », a conclu le Coordonnateur national de la CN-EPT/BF, Tahirou Traoré.

Renouvellement des instances de la coalition

À l’issue de cette Assemblée générale, il y a eu un renouvellement des instances de la coalition avec 11 organisations au sein du Conseil d’Administration de la CN-EPT/BF pour un mandat de trois ans renouvelable.

Concernant le mandat passé, Aminata Hien /Fofana, qui a présidé le Conseil durant l’année écoulée, a salué l’engagement de l’équipe de coordination, mais n’a pas éludé les difficultés. « La faiblesse et l’irrégularité des cotisations des membres, la mobilisation des ressources freinée par la crise financière internationale et l’insécurité, constituent des défis majeurs à relever », a-t-elle souligné.

Même si des progrès sont enregistrés concernant l’accès à l’éducation pour tous au Burkina Faso, il faut encore beaucoup d’efforts, selon Tahirou Traoré. Il a fait cas d’un rapport produit par l’UNICEF, faisant cas de 54% des enfants burkinabè qui sont hors école. Et cela nécessite une conjugaison des efforts. « Ça veut dire qu’on doit redoubler d’efforts en termes de construction d’infrastructures, en termes de recrutement d’enseignants et en termes d’augmentation du budget de l’éducation, qui prenne en charge la prise des structures et l’investissement logistique pour accompagner l’éducation de ces enfants », a-t-il déclaré.

Josué TIENDREBEOGO

Faso7

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