Burkina Faso : Exposé du Premier ministre Jean Emmanuel Ouédraogo sur la situation de la nation

Le Premier ministre du Burkina Faso, Jean-Emmanuel Ouédraogo, a présenté la situation de la nation des 12 derniers mois aux membres de l’Assemblée Législative de Transition, ce vendredi 14 mars 2025. Secteur par secteur, le chef du gouvernement a livré un exposé de ce qui est fait par son gouvernement, les réalisations et les perspectives. Il a notamment signifié qu’au « cours de l’année 2024, le gouvernement a concentré ses actions sur les priorités inscrites dans le plan d’action pour la stabilisation et le développement ».
Le premier volet de l’exposé du Premier ministre a été la question sécuritaire. Jean-Emmanuel Ouédraogo a expliqué que plus de 71% du territoire a été recouvré et 212 villages ont été réinstallés. À cela, il a ajouté que plusieurs services ont été réouverts dans certaines localités jadis inaccessibles.
« Le système de sécurité de notre pays avait besoin d’une réforme profonde pour le rendre plus efficace et plus opérationnel. Les acquis engrangés en 2 ans en termes de réorganisation de l’armée, d’équipements et d’armement sont inédits », a-t-il lancé avant d’ajouter que pour l’année 2024, les contributions au fonds de soutien patriotique ont atteint plus de 175 milliards de francs CFA.
Sur la question humanitaire, le Premier ministre a souligné que des efforts ont été consentis. À ce titre, il a noté que des accompagnements ont été accordés aux personnes qui regagnent leurs localités et une politique d’autonomisation des populations a été développée. Il a par ailleurs fait savoir que « le Burkina Faso n’a jamais été confronté à une crise humanitaire aussi profonde et massive ».
« Le gouvernement a articulé ses interventions autour de la fourniture de services sociaux de base (…) ainsi, une assistance alimentaire a été apportée à près de 2 millions de personnes vulnérables et 108 000 ménages ont bénéficié d’appui. Des appuis en logement et abris d’urgence ont été apportés à plus de 23 000 personnes déplacées internes et à plus de 45 000 ménages vulnérables », a martelé le chef du gouvernement.
La question de l’autosuffisance alimentaire a été également abordée par le Premier ministre. De ses propos, il ressort que la souveraineté alimentaire est « un objectif majeur » pour le gouvernement. Il a expliqué que c’est dans cette logique que l’initiative présidentielle pour la production agricole a vu le jour et sera intensifiée d’année en année.
« En plus de l’initiative présidentielle, un plan opérationnel de la souveraineté alimentaire et la création d’emplois décents dans le secteur agro-pastorale a été élaboré. Ambitieux, ce plan de 592 milliards de francs CFA permettra au Burkina Faso d’amorcer sa souveraineté alimentaire et la création de milliers d’emplois », a déclaré Jean-Emmanuel Ouédraogo.
Le volet bonne gouvernance et justice a aussi retenu l’attention du Premier ministre. « Le coût d’accès à la justice, la complexité et la longue durée des procédures judiciaires ne doivent pas faire passer la justice pour un luxe et donc une affaire de riches », a-t-il expliqué.
Aussi, le chef du gouvernement a déclaré que dans le cadre de la réduction des dépenses improductives de l’État, des efforts ont été fournis afin d’assainir le parc téléphonique de l’État, les baux administratifs. Une démarche qui a permis, selon les propos du Premier ministre, « d’économiser environ 3,650 milliards de francs CFA.
« A fin décembre 2024, le pays affiche un taux de croissance de 5,1% contre 3,6% à fin 2023. Le gouvernement veillera à un partage des fruits de la croissance en faveur des populations les plus démunies à travers un programme social porté par les initiatives présidentielles », a martelé Jean-Emmanuel Ouédraogo.
En termes de diplomatie, le Premier ministre a expliqué que le Burkina Faso est toujours sur sa ligne d’affirmation de son leadership à l’international sur tous les aspects. II a ainsi noté que pour l’année 2024, c’est « une diplomatie cohérente orientée sur la défense des intérêts nationaux » qui a été menée.
« Cette orientation s’est matérialisée par l’offensive communicationnelle auprès des partenaires sur la situation réelle de notre pays au-delà des stéréotypes et surtout de les mobiliser davantage pour faire face aux enjeux et aux défis nationaux, dans le respect de notre souveraineté », a glissé le chef du gouvernement pour conclure.
Basile SAMA, Aminata OUATTARA (stagiaire)
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