FESPACO 2025 : « Le vieil homme et le désert », le documentaire d’Issaka Compaoré qui fait revivre Yacouba Sawadogo

Le long métrage « Le vieil homme et le désert », réalisé par Issaka Compaoré, a été projeté, ce mercredi 26 février 2025, à la Mairie centrale de Ouagadougou. Il met en lumière feu Yacouba Sawadogo, grande figure de la lutte contre la désertification au Burkina Faso.

Le documentaire, basé sur l’histoire de Yacouba Sawadogo, lauréat du prix Nobel Alternatif 2018 et figure emblématique de la lutte contre la désertification au Burkina Faso, met en avant ses techniques révolutionnaires, telles que la méthode du zaï. « On dit que quiconque plante des arbres plante des vies. C’est cela qui m’a amené, à travers des moyens simples, à comprendre comment retenir l’eau grâce à cette technique. Je trouve que ça valait vraiment le coup de faire un film pour montrer aux générations futures qu’il y a eu quelqu’un qui a semé et qui a reverdi le désert », a déclaré Issaka Compaoré.

De son vivant, Yacouba Sawadogo a donné vie, entre autres, à la forêt de Gourga, sur une superficie de 27 hectares. En plus de lutter contre la désertification à travers l’agroforesterie, Yacouba Sawadogo avait une passion pour la médecine à base de plantes.

Jusqu’à son décès le 3 décembre 2023, Yacouba Sawadogo a réclamé un titre foncier afin de classer la forêt de Gourga, qui est de plus en plus victime de la pression foncière, étant donné qu’elle est en train d’être envahie par l’urbanisation de Ouahigouya. Cela n’est pas encore effectif, même si la forêt a été clôturée. Les enfants du défunt continuent de tirer la sonnette d’alarme.

Un prix au FESPACO pour donner plus d’écho aux messages du PAM-©Faso7

Lookman Sawadogo, fils de feu Yacouba Sawadogo, a indiqué que la famille est honorée par ce film tout en rassurant que l’œuvre se poursuit. « Nous continuons à travailler. Mais nous avons des difficultés liées au foncier. Nous organisons également des formations pour transmettre son savoir. Cependant, nous rencontrons des difficultés pour obtenir des financements. Les formations demandent un certain coût », a-t-il résumé.

Notons que ce film est en compétition avec sept autres réalisations pour le Prix Spécial Sécurité Alimentaire et Nutritionnel du Programme Alimentaire Mondial (PAM). Parmi les films en lice, on trouve des productions du Burkina Faso, du Mali, de l’Éthiopie, de la Somalie, entre autres.

Désiré Ouédraogo, chargé de la communication du PAM au Burkina Faso et président du jury de ce prix spécial, a expliqué que ce prix a été lancé parce que le cinéma et la télévision représentent un puissant canal pour vulgariser des idées et sensibiliser. « Pour nous, il est tout à fait naturel que nous puissions accompagner les créateurs de contenus dans cet élan afin qu’ils puissent travailler sur des thématiques liées à la sécurité alimentaire », a-t-il déclaré.

La sécurité alimentaire englobe plusieurs thématiques, notamment les techniques de récupération des terres, l’agriculture et l’alimentation. « Pour nous, il est nécessaire que des voix autres que celles du PAM s’y intéressent, approfondissent le sujet et identifient les problèmes, mais aussi proposent des solutions pour créer un monde où la faim est éradiquée et où l’insécurité alimentaire n’est plus qu’un lointain souvenir », a-t-il ajouté.

Notons que le jury est composé de représentants du PAM ainsi que des ministères en charge de l’Agriculture, de l’Éducation et de la Santé. Le lauréat de ce prix recevra une récompense de 2 millions de F CFA, en plus du trophée.

Josué Tiendrébeogo

Faso7

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