Enseignement d’éducation civique : Quatre professeurs d’histoire-géographie sont « portés disparus », selon leurs collègues

A l’issue de la 2ᵉ assemblée générale des professeurs d’histoire-géographie du Burkina Faso, il a été décidé de la dissolution de la coordination nationale des professeurs d’histoire-géographie et de Français, Histoire-géographie, ce 27 décembre 2024 à Ouagadougou. La raison de cette dissolution est liée aux multiples arrestations et intimidations dont sont victimes les membres de la coordination du fait du refus de dispenser l’éducation civique et morale, selon eux.
Quatre professeurs d’histoire-géographie, dont le coordonnateur général de la coordination, Madi Zongo, n’ont pas donné signe de vie depuis plusieurs semaines. Madi Zongo avait été interpellé, le 5 décembre 2024, par rapport à un communiqué relatif à la charge supplémentaire qu’engendre l’enseignement de la matière d’éducation civique par les professeurs d’histoire-géographie.
Les trois autres professeurs avaient aussi été convoqués à Ouagadougou et aucun d’entre eux n’a été libéré, y compris le coordonnateur, selon les explications d’Albert Sami Midiour, membre de la coordination.
Les membres de la coordination estiment que leurs camarades sont portés disparus et que toutes les tentatives entreprises pour les retrouver ont été jusque-là vaines. Pour eux, même si leurs camarades sont enlevés, cela ne va pas résoudre le problème du refus de l’enseignement de l’éducation civique et morale.

« Jusqu’à présent, nous ne savons pas où se trouvent les quatre membres de la coordination, le coordonnateur, son coordonnateur adjoint qui est jusqu’à Zorgho en la personne d’Augustin Zoungrana. La raison de la dissolution de la coordination nationale, c’est qu’au-delà des quatre membres, les autres qui restent font l’objet de menace actuellement de qui, on ne sait, mais qui estiment être tout simplement des agents des services de sécurité », a précisé Albert Sami Midiour.
À propos de la pomme de discorde, notamment l’enseignement de l’éducation civique et morale, les professeurs d’histoire-géographie et français présents à l’assemblée générale ont fait savoir que 80 % des établissements ne dispensent pas ce cours suite au mot d’ordre lancé. Des précisions de Mohamed Seydou Gansonré, membre de l’ex-coordination, l’enseignement de cette matière s’entend comme une charge supplémentaire en plus de leurs matières de base que sont l’histoire-géographie et le français pour d’autres.
Cette surcharge se situe au niveau du manque de profils adaptés pour dispenser ce cours. L’autre difficulté est celle liée à la préparation des différentes leçons. Loin de vouloir refuser cette tâche, ils ont suggéré que l’éducation civique et morale soit retirée de leur matière d’enseignement de base en tant que thème émergent. Cette notion s’entend comme des sujets que les professeurs pourront aborder en fonction de chaque cours.
« Quand on dit une nouvelle matière, cela suppose l’élaboration de nouvelles connaissances qui ne sont pas arrimées à d’autres leçons qui existent. Voilà toute la difficulté. Elaborer de nouvelles connaissances alors que conduire une connaissance à une matière qui existe déjà est totalement différente », s’est-il exclamé.
Cheick Habib Désiré BAYILI
Faso7



