Gaoua : EDEC Burkina/Afrique en croisade contre le faux Faso Dan Fani

Dans le cadre de son plan d’action 2024-2025, l’association Éduquer pour Développer – Éveil de Conscience (EDEC) Burkina/Afrique a initié une rencontre avec les corps constitués de la région du Sud-Ouest, ce 29 novembre 2024. L’ordre du jour de cette rencontre portait sur la promotion du Faso Dan Fani et la sensibilisation contre l’importation de faux fils servant à sa fabrication.
Durant cette rencontre, les organisateurs ont recueilli les préoccupations des participants. Parmi les interventions, celle de Mariam Pooda a été l’une des plus emblématiques. Elle a souligné que la proximité de la région du Sud-Ouest avec le Ghana la rend particulièrement vulnérable aux importations de faux fils.
Par ailleurs, elle a évoqué la note interdisant l’importation de fils à partir du 31 décembre, qu’elle considère préoccupante. En effet, selon elle, le fil fabriqué au Burkina Faso n’est pas facilement accessible dans cette partie du pays. Elle a recommandé l’installation de points focaux de FILSAH dans la région.
« Nous demandons donc à FILSAH de rendre le fil disponible. Parce que vraiment, il y a un manque de fil. Les dames qui nourrissent leurs familles travaillent avec ce fil. S’il n’y en a pas. Elles vont naturellement utiliser le fil de contrefaçon pour ne pas rester sans activité », a-t-elle expliqué.
Elle a également insisté sur la nécessité de teindre le fil de manière uniforme. Selon elle, il revient à FILSAH de s’en charger afin d’éviter aux tisserands les risques sanitaires liés à l’exposition aux produits chimiques utilisés dans la teinture. « Comme ça, lorsqu’on a de grandes commandes, il suffit d’avoir le fil teint pour passer directement au tissage. C’est vraiment un cri du cœur », a-t-elle exhorté.
Les commerçants véreux pointés du doigt
Après avoir résumé les interventions, Abdoulaye Kouanda a insisté sur l’importance d’exiger la qualité auprès des commerçants. Il a profité de l’occasion pour faire une démonstration visant à différencier le vrai Faso Dan Fani du faux en brûlant partiellement les deux types de pagnes. « Le faux fond comme du caoutchouc au contact du feu, alors que le vrai brûle et produit de la cendre », a-t-il expliqué.
Il en a également profité pour dénoncer les pratiques des commerçants « véreux » qui stockent le fil « Made in Burkina » pour le rendre rare, tout en important le faux fil à l’aide de certificats frauduleux pour l’imposer sur le marché national. « Quand les femmes disent qu’elles ne veulent pas de ce fil, ils répondent : Si vous ne prenez pas, nous ne pouvons pas acheter le fil national parce qu’il n’est pas de qualité », a-t-il déploré.
Pour conclure, Abdoulaye Kouanda a rassuré les participants que leurs préoccupations seront compilées dans un mémorandum qui servira d’outil de plaidoyer auprès des autorités.
Cette initiative a été positivement appréciée par les autorités de la région, notamment le chef de canton qui a donné sa bénédiction aux organisateurs et les responsables du Gouvernorat de la région de Sud-Ouest. « Cela permettra aux acteurs du domaine de la confection du pagne Faso Dan Fani de pouvoir faire une sorte d’introspection, de se rendre compte des risques que nous courons en utilisant les fils venus d’ailleurs ; le danger que nous courons de fragiliser notre économie en faisant venir du faux Faso Dan Fani », a déclaré Robert Zoungrana, Secrétaire général de la région du Sud-Ouest.
Josué TIENDREBEOGO
Faso7



