Corruption dans les services publics : La Police municipale occupe la première place en 2023 (Rapport du REN-LAC)

Le Réseau Nationale de Lutte Anti-Corruption (REN-LAC) a présenté les résultats du rapport 2023 sur l’état de la corruption au Burkina Faso, ce mardi 26 novembre, au cours de la clôture de sa 24ᵉ assemblée générale ordinaire. Il ressort du rapport que la Police municipale occupe la première place en tant que service public le plus corrompu en 2023.
Il est mentionné dans le rapport que le sondage a concerné 13 villes, dont 12 chefs-lieux des régions administratives, hormis la ville de Dori et celle de Pouytenga. 2 883 personnes ont été enquêtées, du 17 novembre au 09 décembre 2023. Il ressort des résultats de cette étude que la Police municipale occupe la première place en tant que service public le plus corrompu avec un taux de 52,21 % des personnes enquêtées. La Douane occupe la seconde place avec 38,17%, et de la Police Nationale referme le trio de tête avec 24,03%.
Par ailleurs, selon le rapport du REN-LAC, l’état de la corruption au Burkina Faso a baissé en 2023 avec un taux de 65,77% comparativement à 85,23% en 2021.
Pour Sagado Nacanabo, secrétaire exécutif du REN-LAC, cette baisse est liée à la période de Transition dirigée par le Capitaine Ibrahim Traoré. Cette période n’est pas favorable à certains acteurs qui posent des actes de corruption, selon lui. Toutefois, Sagado Nacanabo a indiqué que les expériences pratiques de corruption vécues par les usagers de l’administration publique restent constantes, malgré la « légère baisse enregistrée ».

« Notre rapport a noté que pour les citoyens burkinabè, la corruption a connu une baisse en 2023. Mais cette baisse ne fait pas que la corruption n’est plus un sujet de préoccupation parce qu’encore aujourd’hui, et même avec cette baisse, près de 7/10 de Burkinabè pensent que la corruption est fréquente et très fréquente. (…) C’est la première fois qu’en 2023 que le REN-LAC a jusqu’à 729 cas de dénonciation de corruption », a-t-il indiqué.
Par ailleurs, le secrétaire exécutif du REN-LAC a salué la retransmission à la télévision nationale du procès sur le détournement de fonds au ministère chargé de l’Action humanitaire. « Je me suis réveillé avec une bonne nouvelle lorsque j’ai appris que le procès des trois milliards sera retransmis à la télévision nationale. Pour nous, les acteurs anti-corruption, ce sont ces actions qu’il faut encourager pour décourager les corrompus et les corrupteurs », s’est-il exprimé.
Pour mener à bien la lutte contre la corruption, Sagado Nacanabo a indiqué que le REN-LAC va renforcer ses actions de plaidoyer en synergie avec d’autres acteurs. Outre cela, des recommandations ont été formulées au cours de cette activité. Il s’agit pour le gouvernement de traduire le discours anti-corruption en actes politiques concrets à travers l’exemplarité, la transparence et la redevabilité dans les affaires de l’État. Il est recommandé aux parlementaires de renforcer le contrôle de l’action gouvernementale en assurant le strict respect des règles. À la justice, il est demandé de poursuivre son assainissement.

Par ailleurs, le REN-LAC a appelé les corps de contrôle à veiller à la production et à la publication diligente des rapports annuels d’activité. En ce qui concerne les acteurs non-étatiques, il leur est recommandé de poursuivre le contrôle citoyen de l’action publique tout en renforçant les dénonciations, les interpellations ainsi que les actions judiciaires contre les faits de corruption.
Lazard KOLA
Faso7



