Ouagadougou : Un instituteur condamné à 3 ans ferme de prison pour avoir entretenu des rapports sexuels avec son élève

SB, enseignant de nationalité togolaise dans une école primaire privée à Ouagadougou, a comparu ce samedi 10 août 2024 au Tribunal de grande instance Ouaga I pour des faits de consommation de relations sexuelles avec son élève en classe de CM2 au moment des faits.

L’accusé dont l’âge est compris dans la quarantaine, a reconnu les faits. Il a dit être tombé sous le charme de son élève.

Le président du Tribunal a fait ressortir que SB enseigne depuis 2013 et qu’il professe dans l’école concernée depuis 7 ans ; école dont lui-même est le directeur.

Dans ses aveux, SB a indiqué qu’il entretenait une relation amoureuse avec des rapports sexuels avec son élève OK, âgée de 12 ans au moment des faits. La relation a commencé depuis avril 2023. La victime a réussi à son Certificat d’étude primaire (CEP) et a été inscrite dans un internat, mais les deux poursuivaient leur idylle. SB a souligné que c’est à deux reprises qu’il a eu des rapports sexuels protégés avec son élève.

Cependant, le président du Tribunal a fait remarquer que la victime parle de relations sexuelles à 4 reprises. Il est revenu sur les dires de la victime concernant la première fois.

« Elle dit que la première fois, c’était sans son consentement. Vous l’avez appelé comme si vous vouliez l’envoyer à une heure où les autres élèves étaient déjà partis, dans la salle de classe et vous avez fermé la porte à clé. Vous avez forcé. Elle a dit qu’elle avait mal, elle avait peur, elle n’a pas dit à ses parents. Une fois que le mal est passé et qu’elle prend goût, c’est elle-même qui va venir demander », a relaté le président du Tribunal.

En réponse, l’accusé a argué que c’est la fille à travers ses SMS et son comportement qui l’a poussé à passer à l’acte, sans pouvoir apporter des justificatifs.

Le procureur est aussi revenu sur la scène du premier rapport sexuel. « Vous l’avez faite coucher sur un table-banc. Vous l’avez déshabillée, vous l’avez pénétrée, vous lui avez fait des promesses ; qu’elle serait la première de la classe. Voilà que l’enfant dit que vous lui avez dit de ne rien dire à personne. Et voilà qu’elle a été première à trois reprises », a laissé entendre le procureur.

Face à ces éléments d’information, l’accusé a déclaré : « Elle fait partie des meilleures élèves de ma classe ».

Les parents interviennent

MS et OA ont représenté la victime qui est leur fille à ce procès. MS, la mère, a fait comprendre que l’accusé est son collègue, qu’il est connu de la famille et qu’il a même tenu le grand frère de la victime. Elle est revenue sur comment elle a découvert cette relation amoureuse courant mai 2024, pendant que la fille, maintenant en classe de 6e dans un internat était revenue en famille pour les vacances scolaires.

« Moi j’étais allée chez ma tante. C’est de là-bas que ma petite sœur m’a appelé. Elle m’a dit que K était devant la porte avec un jeune. Moi j’ai dit que je vais la frapper et ma petite sœur a dit de ne pas faire ça, qu’au lieu de chicoter, de lui poser des questions pour comprendre. Donc quand je suis rentrée, je l’ai menacé, je lui ai dit que je vais aller avec elle chez le monsieur avec lequel elle était. C’est en cours de chemin qu’elle m’a dit que c’est le maître », a-t-elle raconté.

À partir des informations que lui a donné sa fille, MS a dit avoir contacté l’accusé et elles ont eu une rencontre au bureau de l’accusé. « Il a commencé à nier. J’ai tapé sur la table ! Je lui ai dit  »tu connais son papa, il faut dire la vérité. Si tu dis la vérité, ça va rester entre nous ». Il n’a même pas pu dire un mot jusqu’à ce nous partons », a-t-elle déclaré.

Le père a réagi par la suite. « Le jour qu’elle est venue m’informer, j’ai pleuré de chaudes larmes », a-t-il fait savoir.

Suite à cela, l’accusé s’était éclipsé et il a fallu une enquête judiciaire pour mettre la main sur lui quelques semaines après. Il a fait savoir qu’avant de se faire arrêter, il a pris le soin de faire voyager sa femme enceinte et sa fille de 4 ans, afin qu’elles ne soient pas traumatisées en assistant à son arrestation. Il a souligné n’avoir pas émis de résistance lorsque la police est venue l’arrêter. « Je ne voulais pas fuir comme un lâche. Pour le respect que j’ai pour ce beau pays qui m’a accueilli », a-t-il fait comprendre, indiquant qu’il serait lui-même en colère si c’était à sa fille que cela arrive.

Finalement, il a été condamné à une peine d’emprisonnement de 5 ans dont 36 mois fermes et une amende de 900 mille francs CFA ferme. Il est aussi interdit d’enseignement sur tout le territoire national pendant 5 ans et aussi condamné aux dépens. L’accusé a fondu en larmes lorsqu’il est retourné s’asseoir sur le banc des accusés.

Josué TIENDREBEOGO

Faso7

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