Les chauffeurs burkinabè « traumatisés » par l’insécurité sur le corridor ghanéen

Les transporteurs burkinabè sur le corridor ghanéen sont confrontés à des problèmes de sécurité. Entre détournements de cargaisons et braquages des véhicules, les camionneurs vivent un calvaire. Ce vendredi 29 décembre 2023, la Faîtière unique des Transporteurs routiers du Burkina (FUTRB) et l’Union des Chauffeurs routiers du Burkina (URCB), ont appelé les autorités ghanéennes à trouver une solution au problème faute de quoi, le corridor ghanéen peut être abandonné.

« Le 24 août 2022, j’ai été attaqué par des hommes armés déguisés en policiers. C’était aux environs de 20 h 00 sur le corridor ghanéen. Ils nous ont arrêtés, ligotés, bâillonnés et séquestrés dans une maison pendant des heures. Puis, ils ont transvasé le carburant que nous transportions et abandonné, le camion-citerne », raconte Wendgounda Sodré, chauffeur routier.

Rien que sur le mois de décembre 2023, affirme Issoufou Maïga, président de FUTRB, 3 véhicules-citernes et 8 véhicules de marchandises ont fait l’objet de détournement sur le corridor ghanéen.

« Nous avons interpellé les autorités ghanéennes à plusieurs reprises. Nous avons reçu la délégation portuaire du Ghana courant octobre et nous avons attiré leur attention sur l’insécurité sur le corridor. Tant qu’il y a l’insécurité, le corridor peut être délaissé à tout moment », signifie Issoufou Maïga.

Pour un camion de 45 000 litres d’essence perdu, le transporteur est obligé de rembourser plus de 50 millions de F CFA. Il en est de même pour les biens et marchandises. Cette situation est intenable, selon les transporteurs.

« Nous protestons et dénonçons les pratiques criminelles. Nous condamnons l’inaction des autorités ghanéennes face à la recrudescence de ce phénomène. Il est temps que les Ghanéens se penchent sérieusement sur le problème », estime Brahima Rabo.

Selon Denise Bado, représentante du Conseil burkinabè des Chargeurs au Ghana, les faits sont établis, les forces de défense et de sécurité ghanéennes alertées. L’ambassade du Burkina Faso au Ghana a pris langue avec les autorités ghanéennes pour une résolution du problème. Mais selon ses propos,  la situation va de mal en pis.

 « C’est une situation qui est vraiment déplorable. Les chauffeurs sont traumatisés. Les transporteurs vivent la peur au ventre. Nous travaillons en interne pour trouver une solution, mais ce n’est pas facile », a déploré Denise Bado.

Faso7

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