Assurance Maladie Universelle : Le projet « Bâtir des socles de protection sociale pour tous » lancé au Burkina Faso

La 2e phase du projet « Bâtir des socles de protection sociale pour tous » a été lancée ce lundi 28 août 2023, à Ouagadougou. Cette seconde phase de trois ans (2023-2025) vise à finaliser les paramètres techniques du régime d’assurance maladie universelle sur la base d’un consensus national et à entamer son opérationnalisation.

D’un coût estimé à près de deux milliards de F CFA, la seconde phase du projet, « Bâtir des socles de protection sociale pour tous » a été lancée ce lundi 28 août 2023, à Ouagadougou. Selon le ministre d’Etat, ministre de la Fonction Publique et de la Protection Sociale, Bassolma Bazié, dans le cadre de son programme pays de travail décent (2020-2022), dont la matrice a été actualisée jusqu’en 2024, le Burkina Faso a inscrit l’extension et le renforcement de la protection sociale comme une priorité.

Cette politique vient renforcer les efforts déjà engagés par le pays, à travers sa politique sectorielle Travail, Emploi et Protection sociale 2018-2027, de son avis. « L’opérationnalisation du régime d’assurance maladie universelle reste une priorité pour la Transition qui prévoit dans son plan d’action pour la stabilisation et le développement, rendre opérationnel le Régime d’assurance maladie universelle, en 2023, avec comme première cible, 15% de la population soit 3 300 000 travailleurs des secteurs publics et privés y compris les acteurs de l’économie informelle, couverts d’ici à 2025 », a-t-il assuré.

« L’opérationnalisation du régime d’assurance maladie universelle reste une priorité pour la Transition », Bassolma Bazié, ministre d’Etat, ministre de la Fonction Publique et de la Protection Sociale.

Marie-Moretti Nyirarukundo, représentante de l’ambassade de Belgique, a affirmé que cette deuxième phase consolidera les acquis de la première phase qui a permis d’engranger des résultats importants entre autres les bases solides surtout au niveau juridique sur lesquelles construire un régime d’assurance maladie universelle (RAMU) opérationnel et durable au Burkina Faso.

« Dans notre coopération bilatérale, le travail descend, la protection sociale, c’est un terme très important parce qu’on parle des hommes. On parle des personnes, donc on ne peut pas construire toute coopération, tout un pays, si les gens sont malades. S’ils ne sont pas soignés et s’ils ne sont pas protégés. C’est pour ça que c’est important pour la Belgique », a-t-elle déclaré.

« On ne peut pas construire toute coopération, tout un pays, si les gens sont malades », Marie-Moretti Nyirarukundo, représentante de l’ambassade de Belgique.

Pour cette deuxième phase, il s’agira de finaliser et d’approuver les paramètres techniques et financiers du régime, de développer des outils et procédures adaptés, de renforcer les capacités des acteurs et institutions et d’engager le processus de contractualisation avec l’offre de soins et d’appuyer la communication et la sensibilisation des acteurs.

Selon Fréderic Lapeyre, directeur du Bureau Pays de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) pour la Côte d’Ivoire, le Benin, le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Togo, au cours de la première phase du projet, le ministère de la fonction publique du travail et la protection sociale a été appuyé techniquement et financièrement pour le renforcement des capacités de l’administration. Cet appui consistait à lui permettre de pouvoir préparer les décrets d’application et de faire en sorte que ce régime d’assurance maladie universelle soit une réalité pour l’ensemble de la population ici au Burkina Faso.

« Le problème de l’économie informelle, c’est que les gens qui y travaillent et leurs familles sont très vulnérables. D’un coup, vous êtes malade, votre famille est malade. Vous sombrez dans une grande pauvreté. Vous ne pouvez plus travailler. Il y a la question de l’achat des médicaments et dans ce cas, le RAMU est une étape très importante que vient de franchir le gouvernement du Burkina Faso », a expliqué Fréderic Lapeyre,

Il a noté qu’il y aura la définition d’un paquet de soin avec des coûts bien définis qui permettront, à travers un système contributif, que les gens se couvrent à travers le Ramu et les groupes les plus vulnérables s’inscriront directement comme ayants droit. « A  partir de là, ces gens, quand, ils sont malades, ils vont pouvoir avoir accès à des soins qui vont permettre d’être moins vulnérables au risque de santé », a-t-il ajouté.

« Le problème de l’économie informelle, c’est que les gens qui y travaillent et leurs familles sont très vulnérables », Fréderic Lapeyre, directeur du Bureau Pays de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) pour le Côte d’Ivoire, le Benin, le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Togo.

Il faut noter que la phase 1 du projet, « Bâtir des socles de protection sociale pour tous », a permis d’apporter un appui pour le démarrage du Régime d’assurance maladie universelle et son extension aux travailleurs de l’économie informelle.

Les acquis sont entre autres, l’appui à l’élaboration et l’adoption des textes d’application de la loi instituant le RAMU, la formation de plus de 80 cadres et acteurs de mise en œuvre du RAMU sur la protection sociale en santé et l’élaboration de la stratégie d’extension du RAMU au Secteur Informel.

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