Prise en charge des patients infectés par le VIH et la tuberculose dans les prisons : SOS Médecins – Burkina Faso fait le bilan de ses actions

En milieu carcéral, le VIH et la tuberculose sont des pathologies qui affectent de nombreuses personnes. En 2020, selon l’enquête bio-comportementale sur le VIH, la séroprévalence en milieu carcéral était de 2,17 % contre une séroprévalence inférieure à 0,7 % dans la population générale. S’agissant de la tuberculose, en 2020, l’enquête sur la prévalence de la tuberculose en milieu carcéral a montré que l’incidence de la tuberculose au niveau de la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (Maco) est supérieure 20 fois à l’incidence de la tuberculose dans la population générale. Ces taux de prévalence élevés sont liés à la promiscuité aux conditions de détention. C’est pourquoi SOS santé a mis en œuvre le comité technique de soutien et de soins (CTSS) afin de contribuer à réduire la charge de morbidité et mortalité de ces deux maladies dans les prisons.
Une année après la mise en œuvre du comité technique de soutien et de soins (CTSS), les acteurs se sont réunis ce mercredi 10 mai 2023, à Ouagadougou, afin de mener une capitalisation des actions relatives à l’organisation et au fonctionnement des CTSS depuis leurs mises en place dans les quatre maisons d’arrêt et de correction (MAC) du Burkina.
Selon Dr Traoré Karim, membre du comité d’administration de SOS médecin, ce programme a été mis en œuvre sur la base d’un certain nombre de constats, notamment les difficultés liées à la prise en charge des patients VIH et tuberculeux au niveau des maisons d’arrêt et de correction. Il s’agit des questions d’accès aux soins notamment l’approvisionnement en médicaments ARV, la réalisation des bilans de santé, les besoins particuliers sociaux en lien avec la prise en charge.
« Quand les détenus sont en prison, il est difficile de pouvoir avoir accès au dehors. Il faut bien sûr un appui, soit de la famille, soit les acteurs sociaux, les agents de santé, afin de pouvoir fructifier cet échange avec le milieu extérieur. Mais comme les soins liés au VIH sont beaucoup liés au dehors, notamment la famille et les formations sanitaires, les hôpitaux, donc il était nécessaire de pouvoir mettre un comité appelé comité thérapeutique et de soin dans le milieu carcéral afin que les acteurs membres du comité puissent aider dans la prise en charge du VIH et de la tuberculose et partant d’autres pathologies », a-t-il déclaré.

En termes de bilan, les acteurs jugent satisfaisant au regard de la mise en place effective des CTSS dans les 4 maisons d’arrêt. Il s’agit de Kaya, Ziniaré, Bobo Dioulasso, Banfora qui disposent de ces CTSS.
De l’avis d’Omar Sawadogo, directeur de l’action sociale à la direction générale de l’administration pénitentiaire du ministère en charge de la justice, il y a quelques difficultés au niveau des établissements pénitentiaires, car la mise en œuvre de ces activités nécessite des ressources matérielles, dont les intrants pour pouvoir faire les tests de dépistage, les outils de sensibilisation au niveau des établissements pénitentiaires et l’accompagnement des différentes activités au niveau des différents CTSS.
« On a un problème de ressources matérielles, financières et la plus grande difficulté, les ressources humaines, car il n’y a pas assez de personnel de santé dans les établissements pénitentiaires, qui rend les activités encore plus difficiles », a-t-il relevé.

Dans la mise en œuvre de ces programmes, SOS médecin est accompagné par l’ONUSIDA. Dr André Kaboré, en charge de l’information stratégique au bureau pays de l’ONU sida a Ouaga a laissé entendre que les détenus sont une cible prioritaire dans le cadre de la stratégie de lutte contre le sida au Burkina Faso.
« Nous nous sommes dit, on ne peut aller vers l’élimination du sida espéré en 2030 comme phénomène de santé publique en laissant derrière des gens de côté. Il faut ne laisser personne de côté, c’est à ce titre que nous avons accompagné SOS médecin », a-t-il déclaré.

Il faut noter que les CTSS ont pour objectif de contribuer à la réduction de la transmission du VIH et de la tuberculose dans les établissements pénitentiaires à travers des actions de promotion, de prévention et d’accès à des soins équitables des détenus pour ces maladies prioritaires. Ils sont mis en œuvre dans les MAC de Kaya , Ziniaré, de Bobo Dioulasso et de Banfora.



