Le Burkina Faso rend hommage aux victimes d’actes de terrorisme

Le ministère de la Justice et des droits humains, chargé des Relations avec les institutions (MJDHRI) en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) a organisé ce jeudi 1er septembre 2022, la journée internationale du souvenir en hommage aux victimes du terrorisme. Présidée par le président du Faso, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo, la cérémonie est placée sous le thème, « La prise en charge des victimes du terrorisme: un droit pour les victimes et un devoir pour l’Etat et la communauté ».

Avec pour objectif de sensibiliser largement les populations en général et les victimes d’actes de terrorisme en particulier, sur les droits et devoirs des personnes victimes du terrorisme, et de renforcer la visibilité des actions de leur prise en charge, la commémoration de cette journée a réuni près de 500 personnes dont les membres du gouvernement et les présidents d’institutions, les autorités administratives, les Forces de défense et de sécurité, les Organisations de la société civile, les Partenaires techniques et financiers et les représentants des victimes du terrorisme.

Le Chef de l’Etat échangeant avec les représentants des familles des victimes – © Faso7

Depuis le début des attaques, près de 2000 civils et militaires ont été tués. À la date du 30 avril 2022, le nombre des populations déplacées internes était estimé à 1 902 150.

Selon le représentant des parents des victimes, Pascal Lankoandé, malgré les efforts déployés par le gouvernement, des points restent à être améliorés. Il s’agit notamment du recadrage des primes allouées aux familles des militaires tombés, le problème de la non prise en compte des épouses des victimes vivant en concubinage et pour la plupart sans emploi, la non application jusqu’à ce jour de la loi sur les pupilles de la nation, le laisser pour compte des victimes civils du secteur privé et l’assistance psycho médicale pour toutes ces victimes.

Selon le représentant des parents des victimes Pascal Lankoandé, des points restent à être améliorés – © Faso7

« Nous ne sommes pas en mesure de vous dire ce qui se passe car il faut vivre cette situation pour la comprendre. Mais ce que nous savons c’est que cet aspect mental des victimes risque de créer à long terme un grand problème social qui pourrait induire un terrorisme généré par notre manque d’anticipation et d’introspection des maux en germination », a-t-il affirmé en ajoutant que toutes les victimes de ce nouveau phénomène de notre société souhaitent vivre dignement et non dans l’assistance éternelle de tierces personnes.

« Je suis dans cette difficulté (4 enfants avec son époux décédé mais en concubinage, Ndlr).  C’est ce que je disais au président du Faso. Pratiquement 3 ans toujours pas gain de cause. À part l’action sociale qui nous envoie des vivres. Je fais la coiffure, la lessive. Je n’ai pas de boulot. Je fais tous les boulots pour que les enfants mangent, nettoyer, je suis dedans… », a expliqué  Mme Zaliga Zongo, veuve.

Mme Zalissa Zongo, veuve n’a toujours pas eu accès aux indemnités spéciales de son époux militaire tombé, avec qui elle a eu 4 enfants – © Faso7

Dans son discours lu par le ministre en charge de la justice, Me Barthelemy Kéré, le président du Faso, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba a déclaré que le gouvernement  «  joue et jouera toujours et continuera de jouer sa partition » pour la protection de la dignité des droits fondamentaux des personnes affectées par le terrorisme.

« Chers victimes, je suis à votre écoute constante et je partage la frustration et les difficultés que vous vivez », a-t-il précisé.

Le président du Faso a également indiqué que le rapport exhaustif des séances d’échanges et de partage réalisées dans le cadre de cette commémoration situera davantage le gouvernement sur le renforcement des actions et sur les initiatives d’actions nouvelles et concrètes à entreprendre dans le cadre de soutien aux victimes.

Me Barthélemy Kéré, ministre en charge de la Justice lisant le discours du président du Faso, lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba-© Faso7

En rappel, la commémoration de la journée internationale du souvenir en hommage aux victimes du terrorisme a été instituée par l’ONU en 2017. Selon Elsie Laurence-Chounoune, Représentante Résidente du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) au Burkina Faso, l’instauration d’une journée internationale en souvenir des victimes du terrorisme vient rappeler qu’une attention particulière doit être accordée aux victimes d’une part, et que les Etats ont des obligations face à ces victimes d’autre part.

« Pour le PNUD, il faut impérativement bannir la victimisation secondaire. En effet, la souffrance née de l’acte terroriste est énorme. Celle résultant d’une réponse inappropriée des institutions notamment judiciaires l’est davantage. (…) C’est pourquoi le cadre institutionnel de l’Etat notamment son système de justice criminel et son organe administratif chargé d’aider les victimes doit les protéger des fardeaux supplémentaires unitives », a-t-elle invité.

« Pour le PNUD il faut impérativement bannir la victimisation secondaire », Elsie Laurence-Chounoune, Représentante Résidente du PNUD au Burkina Faso- © Faso7

Les activités de la commémoration ont débuté le 29 août dernier et ont été clôturées ce jeudi 1er septembre 2022. Plusieurs activités ont été menées. Il s’agit entre autres des séances d’écoute et d’orientation et de prise en charge psychologique ainsi que d’une campagne d’écoute et de sensibilisation. Ces activités ont touché près de 900 personnes.

Alice Suglimani THIOMBIANO

Faso7

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