Sécurité : Auguste Denise Barry déplore l’arrêt de la Société burkinabè d’armes et de munitions

Auguste Denise Barry, ancien ministre en charge de la Sécurité, s’est prononcé sur les questions de la cessation des activités de la Société burkinabè d’armes et de munitions (SIBAM), et de l’industrie des armes en Afrique. C’était lors du 3e AGORA de la Société burkinabè de géopolitique (SBG), tenu ce 27 août 2022 à Ouagadougou.

Concernant l’arrêt des activités de la SIBAM, Auguste Denise Barry a fait remarquer que de nos jours, le Burkina Faso, dans le contexte d’insécurité, peine pour s’approvisionner en armes et en munitions. Pour lui, si la SIBAM était toujours en activité, cela aurait permis à l’Etat burkinabè d’être dans une autonomie stratégique et de financer les questions de défense et de sécurité.

« Pourquoi avoir détruit ce que d’autres ont construit (…) ? Ça, ça m’amène à ce que j’appelle la cécité ou le nanisme stratégique. N’est-ce pas nos hommes d’Etat qui, aux indépendances, ne se sont pas inspirés de l’éminent exemple de Samory Touré », a-t-il déclaré.

Partant de là, il a rappelé que Samory Touré a acheté des armes avec les britanniques et a ensuite convoqué un corps de métier de forgerons pour confectionner des armes traditionnelles à partir des armes britanniques. De la conviction d’Auguste Denise Barry, n’eût été la trahison à l’intérieur de son empire, Samory Touré n’aurait jamais été dompté par le colon.

« Au moment des indépendances, on a tout fait pour qu’aucun pays francophone, les anciennes colonies de la France, ne puisse être producteur d’armes. Jusqu’au jour d’aujourd’hui, les dix premiers pays producteurs d’armes en Afrique viennent soit de l’Afrique du Nord, soit des pays anglophones. Même le Ghana à côté produit des armes sauf les pays francophones. Et ça, c’est la cécité stratégique », a-t-il laissé entendre.

En rappel, Auguste Denise Barry a été ministre en charge de la Sécurité dans le gouvernement de la Transition de 2015.

Josué TIENDREBEOGO

Faso7

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page