Dossier charbon fin : « L’or est visible à l’œil nu » dans les 133 kg de charbon fin, selon le parquet

Après 2 renvois, la session spéciale de jugement du dossier dit « Affaire charbon fin » a officiellement débuté ce jeudi 5 octobre 2023 au Tribunal de grande instance Ouaga I.
Les mises en cause dans ce dossier sont, entre autres, la société Iamgold Essakane SA, Ourriban Mohammed, ancien directeur général de Iamgold Essakane, Bolloré Transport et Logistique, Sawadogo Abdoul Abasse, chef de la Brigade d’intervention des Douanes au moment des faits.
Tous les mis en cause ne reconnaissent pas les faits, entre autres, de blanchiment de capitaux ; faux en écriture privée de commerce ; usage de faux en écriture privée de commerce ; fraude en matière de commercialisation de l’or et d’autres matières précieuses ; exportation illégale de matières dangereuses ; détournement de marchandises non soumises à autorisation spéciale qui leur sont reprochés. « Monsieur le président, nous ne reconnaissons pas ces faits », a laissé entendre Tidiane Barry, Directeur général d’Iamgold Essakane, représentant Iamgold Essakane à ce procès.
Lors de la phase des observations, le parquet, l’avocat de l’État et celui du REN-LAC ont demandé que les experts viennent démontrer, séance tenante dans la salle d’audience, que de l’or est contenu dans le stock de charbon fin incriminé, afin de confirmer les rapports d’expertise. « Tout va se faire en live ! », a lancé le procureur.
Pour sa part, Me Moumouny Kopiho, avocat de Iamgold Essakane, a révélé au tribunal que la société qu’il défend a dépensé environ 950 millions F CFA dans le cadre de l’expertise qui a été ordonnée. Il a demandé qu’un rapport soit dressé.
Il a également estimé que deux substituts du procureur, notamment les procureurs Barro et Nombré, ne sont pas habilités à siéger dans le cadre de ce jugement, étant donné qu’ils sont affectés à la Cour d’appel à l’occasion de la rentrée judiciaire, en attendant leur installation officielle.
Par la suite, les avocats de la défense ont observé que le rapport de l’expertise demandé en 2019 est sorti le 11 juillet 2023 et ne prenait pas en compte toute la cargaison de charbon fin. L’expertise complémentaire qui était prévue en janvier 2023 à leur demande n’a pas eu lieu. Ils demandent donc que le procès se poursuive en tenant compte du rapport définitif de l’expertise.
En réponse, le parquet et l’avocat de l’État ont réitéré leur demande que cette expertise complémentaire soit effectuée séance tenante lors de ce procès, compte tenu du retard déjà accumulé.
Le parquet est allé plus loin en indiquant que les 133 kg de charbon fin contiennent de l’or, et qu’une partie est visible à l’œil nu, selon le rapport d’expertise. « L’or est visible à l’œil nu et j’assume mes propos selon lesquels il y a des lingots d’or. Les experts viendront le confirmer ici », a-t-il laissé entendre.
À la barre, les experts Moussa Gomina et Joel Ilboudo, chargés de l’expertise, ont expliqué que la démarche d’expertise effectuée sur les échantillons de charbon fin a permis de détecter 133 kg de corps solides sous forme d’amas. Ils ont fait comprendre qu’une analyse sur l’ensemble de ces corps solides peut permettre de déterminer leur teneur en or et en argent. Cela n’a pas encore été fait à la date d’aujourd’hui.
Appelé à la barre pour donner son avis sur les informations de ses collègues, l’expert externe Arsène Yonli a indiqué n’avoir pas vu physiquement les corps solides en question lorsqu’il a analysé les résultats des travaux de ses collègues.
L’audience a été suspendue pour être reprise le 6 octobre à 9h. Le tribunal a demandé au parquet de présenter lesdits corps solides sur place à la reprise. Le parquet a garanti que les corps solides seront là.
Josué TIENDREBEOGO
Faso7




On peut juste se demander quelle la représentativité de ces corps solides comparé au charbon fin déjà analysé. Si elle est mineure, je pense que ce n’est pas la peine. En outre, s’il y a un biais avec une probabilité d’impact positif, cela n’aura qu’un impact sur l’estimation du préjudice. Quand on dit que les burkinabé ne se valorisent, on a un exemple patent. Le Dr Yacouba Diawara est un expert mondial dans ce type d’analyse. Il le fera en un temps deux mouvements.
Allons seulement…