Burkina Faso : Le CCIB réunit musulmans, chrétiens et traditionalistes autour des sonorités traditionnelles

Dans le cadre de la première édition des 48 heures des Journées de sonorités traditionnelles d’inspiration islamique pour la paix et le vivre-ensemble, le Centre culturel islamique du Burkina (CCIB) a tenu une soirée culturelle, ce 25 septembre 2026 à Ouagadougou.
Dans le grand espace aménagé pour l’occasion, tout se met progressivement en place. Le podium est installé. Les chaises sont disposées. Les dernières balances s’enchaînent. Ici, on teste les micros. Là, on procède aux derniers réglages. Les organisateurs s’activent pour peaufiner les préparatifs.
Peu à peu, le public afflue. À 20 heures, les places sont déjà toutes occupées. Les artistes sont également présents. L’attente laisse bientôt place aux premières prestations.
À 20 h 30, la soirée démarre. Les artistes traditionnels et les choristes islamiques investissent la scène. Les sonorités résonnent dans l’espace. L’ambiance monte progressivement. Le public se laisse emporter par les rythmes et les chants.
Les différences confessionnelles s’effacent
Dans l’assemblée, traditionalistes, musulmans, catholiques et protestants se retrouvent dans une même communauté. Tous célèbrent, à travers la musique et la culture, le vivre-ensemble et la cohésion sociale. Les différences confessionnelles s’effacent le temps d’une soirée.
Dans le public, les pas de danse se mêlent aux applaudissements. Les rires fusent. Les visages affichent la joie et la bonne humeur. La convivialité s’installe au fil des prestations.
Plusieurs troupes se succèdent sur scène. Hommes, femmes et enfants participent à la fête. Chacun trouve sa place dans cette soirée placée sous le signe de la paix, du partage et du vivre-ensemble.
L’initiative, pour Alidou Ilboudo, imam et coordonnateur du CCIB, répond à la nécessité de préserver des sonorités traditionnelles aujourd’hui menacées de disparition. Il explique que ces expressions culturelles occupaient autrefois une place importante dans les rassemblements populaires.
« Et peu à peu, ces sonorités-là sont en train de disparaître, ce qui crée des croisons entre les communautés et aussi une disparition d’un genre musical que les enfants ne connaissent pas aujourd’hui. Et nous, nous avons pensé à réfléchir là-dessus pour ressusciter ces genres-là en vue de créer plus de communes entre la communauté islamique et les autres communautés nationales », a-t-il déclaré.
Poursuivre l’initiative
Au-delà de la dimension culturelle, les organisateurs ont consacré les deux journées à des réflexions sur la place de la musique et du chant dans l’islam. Des chercheurs, enseignants et savants musulmans ont notamment apporté leurs éclairages sur cette question.
Pour cette première édition, Alidou Ilboudo se dit satisfait de la mobilisation et des prestations. Il annonce la volonté de poursuivre l’initiative dans les prochaines années, avec la perspective d’en faire un festival consacré à ces sonorités.
Le message porté reste celui de l’unité et de la solidarité. Pour le coordonnateur du CCIB, les différences de langue, de culture ou de religion ne doivent pas empêcher les Burkinabè de se retrouver autour d’une identité commune.
Éléonore Savadogo
Faso7



