Burkina Faso : L’ADCT passe au crible ses réalisations dans la région du Gulmu

L’Agence nationale d’appui pour le Développement des Collectivités Territoriales (ADCT) a entamé une tournée de terrain destinée à apprécier l’effectivité des réalisations financées ou cofinancées au profit des collectivités territoriales. Le lundi 7 septembre 2026, une équipe de l’agence s’est rendue dans la région du Gulmu, notamment dans les communes de Fada N’Gourma, Diabo et Diapangou.

De Fada N’Gourma à Diapangou, en passant par Diabo, l’équipe de l’ADCT a pu constater plusieurs investissements réalisés dans les domaines du commerce, de l’éducation et de la santé. Au total, la région du Gulmu a bénéficié de près de 15 milliards de francs CFA d’investissements de l’ADCT depuis 2011. Cette sortie de terrain vise à apprécier concrètement l’utilisation des financements mobilisés au profit des collectivités territoriales ainsi que leurs effets sur le terrain.

La première étape de la tournée a conduit l’équipe de l’ADCT dans la commune de Fada N’Gourma. Il est un peu plus de 10 heures lorsque le président de la délégation spéciale (PDS) de la commune, K. Jérôme Idani, conduit les visiteurs sur l’aire de la salle de ciné de Fada N’Gourma.

55 millions de francs CFA pour 22 boutiques

Sur place, 22 boutiques métalliques vitrées, avec revêtement, ont été réalisées pour un coût total de 55 millions de francs CFA. Louées à 10 000 francs CFA par mois, ces boutiques accueillent plusieurs catégories de commerçants et d’artisans.

Vendeuses de pagnes traditionnels, commerçants de marchandises diverses et exposants d’œuvres d’art occupent désormais les lieux. Une diversité d’activités qui témoigne, selon les responsables communaux, de l’utilité de l’investissement.

« La commune aussi gagne en termes de recettes mobilisées à travers les loyers », K. Jérôme Idani

La commune ambitionne d’ailleurs de transformer progressivement cet espace en un véritable pôle dédié à l’artisanat et au commerce local. « On a voulu que ces acteurs ne soient pas disséminés dans la ville. L’idée c’est que quand on veut connaître les potentialités et faire des acquisitions, qu’on puisse les retrouver en un seul endroit », a expliqué K. Jérôme Idani.

Pour le PDS, l’infrastructure contribue également à renforcer la résilience économique de la commune. Il estime que ces boutiques « changent beaucoup le quotidien des acteurs ». Au-delà de l’accompagnement des commerçants, l’investissement constitue également une source de recettes pour la municipalité. « La commune aussi gagne en termes de recettes mobilisées à travers les loyers », a-t-il déclaré.

À Sabtenga, plus de 44 millions de FCFA pour remplacer les classes sous paillotes

Après Fada N’Gourma, la délégation a mis le cap sur Sabtenga, un village situé dans la commune de Diabo, à environ 75 kilomètres de Fada N’Gourma. Dans cette localité, l’équipe de l’ADCT a visité une infrastructure éducative réalisée pour un montant de plus de 44 millions de francs CFA. Construite en 2022, elle comprend trois salles de classe, un bureau, un magasin et des latrines. L’infrastructure fonctionne grâce à l’énergie solaire.

La réalisation est venue répondre à une difficulté majeure rencontrée par les populations de Sabtenga tel que l’apprentissage dans des conditions précaires, notamment sous des paillotes. Selon Lazard Guira, président de la délégation spéciale de la commune de Diabo, la construction de ces salles de classe a permis de résorber un déficit important en infrastructures éducatives.

« Ils prenaient les cours sous les paillotes et avec cet investissement, on a pu combler ce vide en matière d’éducation ici. C’était vraiment un besoin qui était au rendez-vous. Quand le partenaire nous a approchés, nous avons approché les acteurs de l’éducation afin de transformer nos hangars en salles de classe », a-t-il révélé.

Il s’agit désormais d’un « cadre approprié pour l’apprentissage »

Au-delà de la construction des salles de classe, l’infrastructure offre désormais aux élèves un environnement plus adapté à l’apprentissage. « Ça change beaucoup », a martelé le PDS, soulignant qu’il s’agit désormais d’un « cadre approprié pour l’apprentissage ».

Lazard Guira estime également que les résultats scolaires enregistrés dans la localité constituent un indicateur de la pertinence de l’investissement. Pour lui, la réalisation contribue à améliorer les conditions d’apprentissage et à normaliser progressivement les infrastructures scolaires.

Plus de 87 millions de FCFA pour renforcer l’offre sanitaire à Tokouna

Dernière étape de la tournée dans le Gulmu, le village de Tokouna, dans la commune de Diapangou. Ici, les investissements visités concernent le secteur de la santé. Une maternité, un forage, des latrines, un dépôt de médicaments essentiels génériques, un dispensaire, un hall d’attente et un incinérateur sont en cours de construction. Le coût global de ces infrastructures est estimé à plus de 87 millions de francs CFA.

Pour Jean Youma, président de la délégation spéciale de la commune de Diapangou, ces infrastructures répondent à un besoin réel des populations. Le projet a notamment connu des difficultés liées à l’approvisionnement en matériaux et deux délocalisations successives du site de construction.

« On a commencé avec des petites difficultés d’approvisionnement en matériaux mais tout est rentré dans l’ordre maintenant. Aujourd’hui, il y a quelques infrastructures qui sont prêtes mais le dispensaire et la maternité sont toujours en cours de réalisation et nous comptons finaliser tout d’ici un mois et demi », a-t-il indiqué.

Ces investissements constituent ainsi une réponse concrète aux difficultés d’accès aux services sociaux de base

La future formation sanitaire devrait bénéficier à environ cinq villages de la commune de Diapangou. Son implantation à Tokouna vise notamment à réduire les difficultés d’accès aux soins pendant la saison hivernale.

« La formation sanitaire la plus proche d’ici est à 3 ou 4 km d’ici à vol d’oiseau mais en saison hivernale, l’accessibilité est difficile et il faut faire un grand détour. C’est pour ça que nous avons décidé de mettre ces infrastructures ici pour qu’elles profitent au plus grand nombre de Burkinabè », a-t-il expliqué. Pour les responsables communaux, ces investissements constituent ainsi une réponse concrète aux difficultés d’accès aux services sociaux de base dans les zones rurales.

Après cette étape dans la région du Gulmu, l’ADCT poursuit sa tournée dans la région du Nakambé. À travers cette démarche, l’agence entend s’assurer de l’effectivité des réalisations réalisées grâce à ses financements et apprécier leur impact direct sur les populations et les collectivités territoriales.

Faso7

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