Lutte contre le sida : Le Burkina Faso prévoit plus de 138 milliards FCFA pour la période 2026-2030

Le Burkina Faso prévoit de consacrer 138,12 milliards de francs CFA à la lutte contre le VIH, le sida et les infections sexuellement transmissibles (IST) sur la période 2026-2030. Ce financement est inscrit dans le nouveau Plan stratégique national soumis à l’examen des membres du Conseil national de lutte contre le sida et les IST (CNLS-IST), réunis ce 28 octobre 2026 à Ouagadougou pour leur 23e session ordinaire.
L’objectif est de renforcer la prévention et la prise en charge, alors que la réduction des financements extérieurs accentue les enjeux de mobilisation des ressources nationales. Représentant le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, le Directeur de cabinet du Président du Faso, le Capitaine Anderson Martha Céleste Medah, a rappelé les acquis enregistrés en 2025, tout en soulignant les défis qui restent à relever pour atteindre l’objectif de mettre fin au sida comme menace de santé publique d’ici à 2030.
Selon les données, la prévalence du VIH est maintenue à 0,5 % dans la population générale. Au total, 87 534 personnes bénéficient d’un traitement antirétroviral. Par ailleurs, 93 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique et toutes celles qui connaissent leur statut sont sous traitement.
Dans le domaine de la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant, 95,4 % des femmes enceintes reçues en consultation prénatale ont été dépistées. La quasi-totalité de celles dont le test s’est révélé positif a été mise sous traitement, a indiqué le représentant du président du Faso.
Des défis persistants dans la prise en charge
Malgré ces résultats, plusieurs difficultés continuent de peser sur la réponse nationale au VIH. Le Capitaine Anderson Martha Céleste Medah a notamment relevé que 61 % des personnes vivant avec le VIH ont une charge virale supprimée faute d’accès à l’examen, selon les données présentées. Il a également insisté sur les insuffisances de la prise en charge pédiatrique, soulignant les difficultés d’accès au dépistage et au traitement pour les enfants vivant avec le VIH. « Aucune réponse ne saurait être considérée comme réussie tant que nos enfants restent en marge. Le Plan d’urgence pédiatrique du VIH doit être exécuté et cela, sans délai », a déclaré le Capitaine Medah.
La prévention auprès des populations les plus exposées, notamment les travailleuses du sexe, les adolescents, les jeunes, les personnes déplacées internes et les forces de défense et de sécurité, constitue un autre défi. « La prévention auprès des populations les plus exposées, notamment les travailleurs du sexe, les adolescents, les jeunes, les personnes déplacées internes et les forces de défense et de sécurité, doit être intensifiée », a laissé entendre le Capitaine Medah.
La résistance aux traitements chez certains patients en échec thérapeutique figure également parmi les préoccupations évoquées.
La question du financement reste déterminante. Selon le Directeur de cabinet du Président du Faso, moins de 60 % des besoins du Plan national multisectoriel 2025 ont été couverts, dans un contexte de contraction de l’aide extérieure. Face à cette situation, le nouveau plan stratégique national prévoit une contribution de l’État à hauteur d’au moins 50 % du financement total.
Le représentant du Président du Faso a assuré que le gouvernement prendra les dispositions nécessaires pour honorer ses engagements, notamment envers le Fonds mondial, afin de préserver la gratuité des traitements et des examens de suivi biologique. Il a également invité le secteur privé, les collectivités territoriales et les autres forces vives à explorer, avec le Secrétariat permanent du CNLS-IST, des mécanismes de financement innovants.
Un nouveau plan stratégique pour 2026-2030
Le nouveau Plan stratégique national de lutte contre le VIH, le sida et les IST doit servir de cadre à la prochaine étape de la réponse nationale. Il prévoit une priorisation des interventions, une meilleure intégration des services liés au VIH dans le système de santé et une appropriation nationale accrue du financement.
Pour le Capitaine Anderson Martha Céleste Medah, cette nouvelle phase doit s’appuyer sur des résultats mesurables et des engagements dont les acteurs pourront rendre compte. « Le Gouvernement prendra les dispositions nécessaires pour honorer ses engagements, notamment envers le Fonds mondial, afin de préserver la gratuité des traitements et des examens de suivi biologique », a-t-il déclaré.
Il a appelé les participants à proposer des solutions concrètes, notamment pour améliorer la suppression de la charge virale, renforcer la prise en charge des enfants et intensifier la prévention auprès des populations les plus exposées.
Les travaux de cette 23e session ordinaire portent également sur le suivi des recommandations de la précédente session et le bilan du Plan national multisectoriel 2025. Les conclusions attendues doivent contribuer à orienter les actions des prochaines années.
À l’approche de l’échéance de 2030, la continuité des traitements, l’accès au dépistage et la mobilisation de ressources suffisantes demeurent des conditions essentielles pour progresser vers l’élimination du sida comme menace de santé publique au Burkina Faso.
Josué TIENDREBEOGO
Faso7



