Burkina Faso : Le ministre Edasso Rodrigue Bayala récompense les acteurs de la justice à la 1re édition de l’Excellence judiciaire

Le ministre de la Justice, Maître Edasso Rodrigue Bayala, a présidé, ce 2 octobre 2026 à Ouagadougou, la cérémonie inaugurale de l’Excellence judiciaire. Le prix est destiné à récompenser les acteurs du secteur judiciaire burkinabè qui se sont le plus distingués dans l’exercice de leurs fonctions et dans l’accomplissement de leurs missions, qu’il s’agisse de personnes physiques ou morales.

Parmi les lauréats de cette première édition, la Maison d’arrêt et de correction de Koupéla a décroché le premier prix dans la catégorie des établissements pénitentiaires. L’inspecteur de sécurité pénitentiaire principal, Boureima Nikiéma, directeur de l’établissement, a présenté cette distinction comme le fruit d’un travail collectif axé sur la sécurité de la maison d’arrêt, l’humanisation de la détention et la réinsertion sociale des détenus.

La Cour d’appel de Fada N’Gourma, première cour d’appel primée parmi les trois existant au Burkina Faso, a également été distinguée. Barnabé Compaoré, procureur général près cette juridiction, a attribué ce résultat à l’effort collectif de l’ensemble des acteurs de la cour et de ses juridictions de rattachement, notamment les tribunaux de grande instance de Koupéla, Tenkodogo, Diapaga, Bogandé et Fada N’Gourma.

« Si nous sommes primés aujourd’hui, nous devons travailler pour que l’année prochaine encore, on ne nous détrone pas. C’est un appel à tous les acteurs de la cour d’appel de se mettre encore au travail », a-t-il lancé.

Maître Bayala a présenté ce prix comme un levier pour créer une émulation autour de la compétence au sein du service public judiciaire. Il a insisté sur plusieurs indicateurs de performance enregistrés au cours de l’année. Le meilleur magistrat a traité plus de 870 dossiers et délivré plus de 11 000 certificats de nationalité, tandis que le meilleur greffier a traité plus de 32 000 demandes de casier judiciaire en ligne.

« Ces chiffres permettent à la justice de redorer son blason, ça permet à la justice d’avoir un nouveau visage. Et ce nouveau visage, nous voulons le garder à travers l’excellence », a-t-il déclaré.

Le mérite comme levier de transformation institutionnelle-©Faso7

Le Directeur de cabinet de la Présidence du Faso, le Capitaine Martha Céleste Anderson Dekomwin Medah, parrain de cette première édition, a salué l’initiative du ministre de la Justice et l’a inscrite dans la dynamique de refondation de l’État. Il a présenté la reconnaissance du mérite comme un puissant levier de transformation des institutions, capable d’encourager chacun à donner le meilleur de lui-même au service de la nation. « Parce que le service bien rendu est valorisé, la performance devient une ambition collective. Parce que l’excellence est saluée, les institutions gagnent en efficacité », a-t-il déclaré.

Il a rappelé le rôle particulier de la justice dans la construction nationale. « La justice occupe une place particulière parce qu’elle contribue à la préservation de la paix sociale et au renforcement de la confiance entre les citoyens et les institutions. Chaque progrès réalisé dans ce secteur contribue à renforcer l’édifice national tout entier », a-t-il souligné.

Les homologues sahéliens saluent et s’inspirent-©Faso7

La cérémonie a connu la présence de Mamoudou Kassogué, ministre de la Justice du Mali, et d’Alio Daouda, ministre de la Justice et des Droits de l’homme du Niger. Mamoudou Kassogué a qualifié l’initiative de salutaire pour l’ensemble de l’espace judiciaire de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Il a relevé que le travail accompli dans les juridictions est souvent méconnu du grand public et que des prix de ce type permettent de le rendre visible à travers des statistiques et des critères techniques objectifs.

« C’est une initiative qui, dès sa première édition, a déjà été un succès et qui doit être continuée. Nous pouvons bien nous en inspirer pour qu’au niveau du Mali, nous puissions aussi utiliser de telles initiatives pour reconnaître les mérites », a-t-il déclaré.

Instituée dans un contexte de réforme profonde du secteur judiciaire burkinabè, l’Excellence judiciaire vient combler un vide dans la reconnaissance des performances individuelles et collectives de la justice burkinabè. Cette première édition ouvre la voie à une émulation durable, à l’heure où les trois pays de l’AES s’emploient à bâtir ensemble des systèmes judiciaires plus intégrés et plus accessibles à leurs populations.

Josué TIENDREBEOGO

Faso7

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