Sécurité routière : L’ONASER traque les comportements à risque dans les rues de Ouagadougou

L’Office national de la sécurité routière (ONASER) mène une opération de contrôle et de sensibilisation à la sécurité routière dans les grandes villes du Burkina Faso. Dans la nuit du 26 septembre 2026, une équipe conduite par le Commissaire Principal de Police Windlaneba Moïse Ouédraogo, directeur de la Normalisation et des Opérations de l’ONASER, s’est rendue sur plusieurs axes de Ouagadougou pour constater le déroulement de la campagne.
Le soleil projette ses derniers rayons sur Ouagadougou. À l’Office national de la sécurité routière (ONASER), les équipes s’affairent. Casques, éthylotests et équipements de contrôle sont préparés. De 19 heures à minuit, les agents vont sillonner plusieurs artères de la capitale.
La tournée d’inspection conduite par le directeur de la Normalisation et des Opérations de l’ONASER passe successivement par le rond-point de l’autoroute de contournement, sur la route de Komsilga (RN6), l’ancien péage sur la route de Bobo-Dioulasso (RN1), puis l’avenue du Conseil de l’Entente, à Gounghin.
Première escale, la route de Komsilga. Sur place, les agents mettent l’accent sur le port du casque, le contrôle de l’alcoolémie ainsi que la présence des équipements de sécurité, notamment les triangles de signalisation et les extincteurs.
À peine arrivés, nous sommes plongés dans le bain. « Bonsoir M. C’est un contrôle de Police. Vous n’avez pas de casque de sécurité et nous allons vous demander de rebrousser chemin pour vous en procurer avant de revenir », lance un agent de l’ONASER à un usager. Ici, pas de négociation. La consigne est claire, « personne ne passe sans casque ».
Entre agacement et compréhension, certains usagers tentent pourtant de discuter. Mais les agents restent fermes. « Merci de comprendre notre mission et de l’encourager. Mais tant que vous n’avez pas de casque, vous ne pouvez pas circuler », répond un agent à un usager qui tente de négocier pour sa passagère dépourvue de casque.

Un autre usager dit comprendre la mesure. « Honnêtement, nous saluons cette mesure. Cela permet de protéger les populations. C’est vrai que souvent difficile mais il le faut. C’est une action salutaire. Pour moi mon cas, j’ai un casque mais celle que j’ai embarquée n’en a pas. On n’a pas le choix que de respecter ce qui est dit. C’est pour notre bien », confie-t-il.
À quelques mètres de là, une dame tente à son tour de forcer le passage avant d’être rappelée à l’ordre. Les agents déployés au carrefour se montrent rigoureux face aux tentatives de passage sans casque. « C’est d’ailleurs pour votre bien », expliquent-ils à la dame qui, n’ayant pas le choix, fait demi-tour.
Pendant qu’un agent s’attelle à refouler les conducteurs et passagers sans casque, son collègue s’occupe du contrôle des équipements des véhicules. Triangles de signalisation, extincteurs et, lorsque cela est nécessaire, alcoolémie sont passés au crible. Face à un conducteur de poids lourd, le matériel est sorti. Le test est effectué. L’appareil affiche 00. Le conducteur peut reprendre sereinement la route.
Un conducteur contrôlé à 0,505 g/L
Tous les contrôles ne se terminent cependant pas de la même manière. À l’ancien péage de la RN1, une autre équipe poursuit la même mission. Un conducteur est arrêté pour le contrôle des équipements de son véhicule. Un test d’alcoolémie est également effectué.
Malgré les assurances du conducteur, l’appareil affiche 0,505 g/L, un taux supérieur au seuil autorisé pour un conducteur professionnel. Face à la ténacité de l’intéressé, un second test est réalisé. Le résultat confirme le premier.
Le conducteur reconnaît finalement l’intérêt de l’opération. « Nous saluons cette sortie de l’ONASER. C’est une très bonne chose. Ça permet de protéger les populations en évitant des accidents. C’est aussi pour le bien des conducteurs. Je conseille à mes collègues conducteurs d’éviter de prendre l’alcool quand ils doivent conduire », affirme-t-il avant de se retirer.
Dernière étape de la tournée, l’avenue du Conseil de l’Entente, à Gounghin. Ici, le problème est d’une autre nature. Le stationnement occupe une bonne partie de l’intervention. Les usagers de la route, mais aussi les clients des boutiques et des débits de boissons, ont transformé certains espaces de la chaussée en parkings improvisés. Les agents commencent alors à verbaliser les véhicules mal stationnés.
Un client d’un débit de boissons reconnaît le problème. « Normalement, c’est au propriétaire du maquis de trouver un parking pour ses clients. Ce n’est pas normal de laisser les gens stationner comme ils veulent », lance-t-il alors que les équipes de l’ONASER commencent à verbaliser certains de ses compagnons pour mauvais stationnement.
Cette nuit-là, aucun véhicule n’est embarqué par la grue de la Police municipale. Les propriétaires repartent toutefois avec des contraventions.

À l’issue de la tournée, le Commissaire Principal de Police Windlaneba Moïse Ouédraogo, directeur de la Normalisation et des Opérations de l’ONASER, revient sur le sens de cette présence régulière sur le terrain.
« Depuis un certain temps, on a entrepris de sortir régulièrement sur le terrain et de nous assurer que les usagers respectent la réglementation, les consignes en matière de sécurité routière. Nous sommes sortis ce soir pour constater comment se déroule les choses. Il faut dire qu’il y a un certain nombre de contrôles qui sont faits », indique-t-il.
Sur le choix du moment de ces contrôles, le responsable explique que les statistiques montrent une hausse des accidents en fin de mois et durant les week-ends. Il appelle donc les usagers à davantage de responsabilité. « L’objectif est de permettre à chacun de rentrer comme il est sorti », souligne-t-il.
Au terme de cette tournée nocturne, le constat dressé par l’ONASER est que les usagers commencent progressivement à comprendre et à adopter certaines consignes. Mais les contrôles ne devraient pas s’arrêter à cette sortie.
Selon le directeur de la Normalisation et des Opérations, les opérations vont se poursuivre dans les différentes villes du Burkina Faso, avec pour objectif d’encourager des comportements plus civiques et responsables sur les routes.
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