Corridor Côte d’Ivoire-Burkina Faso : À Niangoloko, le CBC au cœur du contrôle et de la traçabilité des cargaisons

Dans le cadre de la caravane de presse organisée par le Conseil burkinabè des chargeurs (CBC) sur les axes reliant le Burkina Faso à la Côte d’Ivoire et au Mali, des journalistes ont fait escale, ce 25 septembre 2026, au bureau du CBC à Niangoloko, où ils ont pu découvrir ses missions et son fonctionnement.

À Niangoloko, le CBC intervient notamment dans le contrôle des documents de suivi du trafic à l’entrée et à la sortie du territoire. Yaya Ouattara, agent du bureau, a expliqué que le service assure également l’assistance aux chargeurs et aux chauffeurs ainsi que la traçabilité des opérations d’importation et d’exportation.

À l’arrivée des camions en provenance de Côte d’Ivoire, les opérations commencent notamment par leur passage au pont-bascule avant leur orientation vers le parking de la Douane. Le CBC relève ensuite les immatriculations des véhicules présents et procède au contrôle et au visa des documents nécessaires avant leur introduction dans le circuit douanier.

« Une fois que les camions arrivent au parking de la douane, le matin quand on vient, nous faisons l’état du parking. On relève les immatriculations. Une fois que le transitaire prend les documents, il vient à notre niveau, on vise notre document qui est le BSTR (bulletin de suivi du trafic routier) à l’import », a expliqué Yaya Ouattara.

Le suivi se poursuit également à la sortie du bureau des douanes. Le CBC vérifie les documents afin de s’assurer que le véhicule qui quitte le circuit correspond bien aux informations enregistrées à son arrivée. Cette procédure participe à la traçabilité des marchandises tout au long de leur passage.

Le CBC accompagne aussi les chauffeurs

Au-delà du contrôle documentaire, le bureau de Niangoloko intervient dans certaines difficultés rencontrées par les transporteurs. Les agents peuvent notamment accompagner les chauffeurs confrontés à des problèmes liés aux documents ou à certaines procédures afin d’éviter des immobilisations prolongées.

Selon Yaya Ouattara, certains chauffeurs ne maîtrisent pas toujours les documents qui accompagnent les marchandises. Le CBC leur explique alors les démarches à suivre et les précautions à prendre pour conserver leurs pièces pendant le trajet. « Une fois qu’on te donne des documents pour la marchandise, il faut chercher une enveloppe, tu mets tous les documents là-bas », conseille-t-il aux chauffeurs.

Cette assistance peut également permettre de régulariser rapidement un document égaré ou nécessaire à la poursuite des formalités. Pour l’agent du CBC, l’objectif est notamment d’éviter qu’un camion reste bloqué à la frontière pour un problème documentaire qui peut être résolu.

« Tant que le document n’est pas joint, l’usager ne pourra pas entamer les formalités », ©Faso7

La collaboration entre le CBC et la Douane constitue un autre maillon du dispositif observé par les journalistes. Charles Antoine Zougmoré, Inspecteur Principal et Chef du bureau des Douanes de Niangoloko, a évoqué une collaboration ancienne entre les deux services. « Nous avons de traditionnelles et excellentes relations de collaboration »,a-t-il affirmé.

Cette collaboration se matérialise notamment par l’exigence de certains documents délivrés par le CBC dans le cadre des formalités douanières. Le chef du bureau des Douanes souligne également l’utilité de la plateforme Sigestran du CBC, accessible à la Douane pour exploiter des données relatives aux chargements depuis leur point d’embarquement.

Ces informations peuvent notamment servir à faciliter les opérations douanières et à disposer de données utiles pour l’évaluation des marchandises et le calcul des droits et taxes.

La sensibilisation des usagers demeure toutefois nécessaire. Certains transporteurs, notamment ceux qui maîtrisent peu les procédures documentaires, peuvent ne pas accorder suffisamment d’importance aux pièces exigées. « Tant que le document n’est pas joint aux autres documents exigibles, ça veut dire que l’usager ne pourra pas entamer les formalités douanières », rappelle Charles Antoine Zougmoré.

Pour le responsable douanier, l’enjeu est donc également d’accompagner les usagers afin qu’ils respectent les exigences réglementaires et les engagements liés au transport des marchandises.

Le CBC, une interface en cas de blocage

La collaboration est également perceptible au niveau des déclarants en douane. Boureima Yélémou estime que les relations de travail avec le CBC sont satisfaisantes, notamment lorsque des chauffeurs rencontrent des difficultés au cours des formalités. « Quand on part au CBC pour qu’ils nous donnent assistance par rapport à certaines situations avec les chauffeurs, ils trouvent une solution », témoigne-t-il.

Il a cité le cas de chauffeurs dont les camions peuvent rester immobilisés pendant longtemps en raison d’un document manquant ou d’un retard dans la transmission d’une pièce. Dans ces situations, le CBC peut être saisi afin de comprendre l’origine du blocage et de rechercher, avec les services concernés, une solution.

Josué TIENDREBEOGO

Faso7

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