Bobo-Dioulasso : Immersion des journalistes au cœur des activités du Conseil burkinabè des chargeurs

Des journalistes ont effectué une immersion, ce 22 septembre 2026 à Bobo-Dioulasso, au sein de la Direction régionale du Conseil burkinabè des chargeurs (CBC) du Guiriko. Cette visite s’inscrit dans le cadre d’une caravane de presse organisée par le CBC sur les axes routiers reliant le Burkina Faso à la Côte d’Ivoire et au Mali.
L’immersion a permis aux professionnels des médias de mieux comprendre le fonctionnement de l’institution, ses missions auprès des acteurs du transport ainsi que les mécanismes de suivi des marchandises entrant au Burkina Faso et en sortant.
La Direction régionale du CBC couvre les régions du Guiriko, des Tannounyan et du Djôrô. Elle coordonne notamment les activités des bureaux frontaliers de Niangoloko, Ouessa, Koloko et Faramana. Le CBC assure également le suivi des flux de marchandises à l’importation et à l’exportation.
Selon Thierry Hien, directeur régional du CBC du Guiriko, l’institution a notamment pour mission d’assister les chargeurs et de contribuer à l’approvisionnement régulier du Burkina Faso en marchandises.
« Notre rôle au niveau de l’Ouest ici, c’est d’assister les chargeurs et au-delà de ça de contribuer à veiller à l’approvisionnement régulier du Burkina en marchandises et denrées diverses dans les meilleures conditions de coût, de sécurité », a-t-il expliqué.
Pour atteindre ces objectifs, le CBC travaille avec différents partenaires des secteurs public et privé, notamment les services de l’administration et les acteurs de la chaîne du transport.

La position de Bobo-Dioulasso en fait également un important point de passage pour les marchandises à destination ou en provenance des pays voisins. D’après Thierry Hien, le corridor reliant Bobo-Dioulasso à Ouessa, puis au Ghana, est actuellement le plus attractif pour les opérateurs de la zone du Guiriko.
Il a expliqué cette situation notamment par les facilités offertes par les ports ghanéens. Le corridor ivoirien arrive en deuxième position, avec les ports de San Pedro et d’Abidjan. Bobo-Dioulasso constitue également un point de transit pour les marchandises en provenance du Mali, notamment à travers les axes desservant les frontières de Koloko et de Faramana.
Le CBC est implanté à Bobo-Dioulasso depuis les années 1980. Sa représentation régionale a été érigée en Direction régionale de l’Ouest en 2012.

Une partie importante des activités du CBC repose sur les documents de suivi du trafic. Parmi ceux-ci figure le Bordereau de suivi du trafic routier (BSTR), qui accompagne les opérations de transport de marchandises par voie routière. Le CBC délivre également des documents destinés au suivi des trafics en transit, ferroviaire et aérien.
Ces documents permettent à l’institution de disposer de données sur les mouvements de marchandises. Ils servent notamment à produire des statistiques sur les transports et à assurer la traçabilité des cargaisons, depuis leur point d’embarquement jusqu’à leur destination.
« Ces documents sont très importants dans la mesure où ils permettent de produire des statistiques fiables pour permettre aux premiers décideurs du pays de prendre des décisions adéquates en matière de transport », a indiqué Thierry Hien.
Le suivi permet également de déterminer les marchandises qui entrent et sortent du territoire burkinabè et de mieux connaître les flux enregistrés sur les différents corridors.
Des tarifs variables selon le trafic
Le coût des documents délivrés par le CBC varie selon le type de trafic et la nature de l’opération. Pour le BSTR, le tarif est fixé à 15 000 F CFA par camion chargé à l’importation et à 8 000 F CFA par camion chargé à l’exportation.
Pour le Bordereau de suivi du trafic en transit (BSTT), le montant indiqué est de 2 500 F CFA par camion chargé. Le Bordereau de suivi des véhicules importés (BSVI) coûte 25 000 F CFA par véhicule.
Dans le transport ferroviaire, le Bordereau de suivi du trafic ferroviaire (BSTF) est fixé à 2 500 F CFA par wagon chargé.
Pour le transport aérien, le tarif du Bordereau de suivi du trafic aérien (BSTA) varie selon la valeur de la cargaison. Il est gratuit lorsque la valeur de la lettre de transport aérien (LTA) ne dépasse pas 100 000 F CFA. Le tarif passe à 5 000 F CFA pour une valeur comprise entre 100 001 et 1 000 000 F CFA, à 10 000 F CFA entre 1 000 001 et 2 000 000 F CFA et à 15 000 F CFA au-delà de 2 000 000 F CFA.
Les transporteurs encore confrontés à des difficultés
L’état des infrastructures routières demeure l’une des principales difficultés évoquées par le Directeur régional du CBC. Il cite notamment certains tronçons reliant Bobo-Dioulasso aux frontières des pays voisins.
Thierry Hien estime toutefois que les travaux engagés sur plusieurs axes devraient progressivement améliorer les conditions de circulation des marchandises. Il évoque notamment les travaux sur l’axe reliant Bobo-Dioulasso à la frontière ivoirienne.
À ces contraintes infrastructurelles s’ajoutent les difficultés liées à la connaissance de la réglementation par certains acteurs du transport. Selon le responsable régional, plusieurs transporteurs se lancent dans l’activité sans disposer de toutes les informations relatives aux documents nécessaires à l’acheminement de certaines marchandises.
Cette situation peut entraîner des difficultés au niveau des frontières, notamment lorsque des transporteurs arrivent sans les documents de suivi requis. Ils peuvent alors faire face à des pénalités imposées par les services de contrôle.
Pour Thierry Hien, les acteurs doivent également prendre l’initiative de se rapprocher du CBC avant de commencer une activité de transport. « Ils devraient eux-mêmes aussi venir vers le CBC, qui est ouvert et qui est leur maison, c’est notre maison commune, pour prendre des informations également avant de se lancer dans l’activité de transport », a-t-il conseillé.
Le CBC mène par ailleurs des formations et des séances de sensibilisation afin d’améliorer la compréhension des mécanismes et de la réglementation par les transporteurs et les autres acteurs de la chaîne logistique.
Un suivi qui alimente les statistiques
Au-delà de la délivrance des bordereaux, les activités de la Direction régionale permettent également de recueillir des données sur les flux de marchandises. Le CBC indique que ces informations contribuent à la production de statistiques sur le transport et le commerce international.
Le dispositif permet notamment de suivre la cargaison depuis le port d’embarquement jusqu’au port de déchargement et, dans certains cas, jusqu’au magasin du destinataire. Les données recueillies renseignent ainsi sur les différents mouvements de marchandises sur le territoire.
Selon le Directeur régional, les volumes d’activité varient en fonction des périodes et des campagnes agricoles. Certaines périodes connaissent une forte affluence, notamment lors des campagnes d’exportation de produits agricoles.
Le CBC s’appuie ainsi sur son réseau régional et ses bureaux frontaliers pour faciliter le suivi des marchandises et améliorer la connaissance des flux commerciaux. Cette mission s’inscrit dans les attributions officielles de la Direction régionale du Guiriko, qui comprennent notamment la collecte de données, l’élaboration et la vérification des bordereaux ainsi que l’assistance aux chargeurs.
Josué TIENDREBEOGO
Faso7



