Burkina Faso : La première promotion de l’École de guerre de l’Institut Tiéfo Amoro effectue sa rentrée

La première promotion de l’École de guerre de l’Institut de l’enseignement militaire supérieur Tiéfo Amoro (IEMS-TA) a effectué sa rentrée académique ce 17 septembre 2026 à Ouagadougou. Composée de 15 officiers auditeurs, cette première promotion suivra une formation intensive de plus de 11 mois, jusqu’au mois d’août 2027.
L’objectif est de renforcer les capacités des cadres militaires dans les domaines de la stratégie, de la planification et de la conduite des opérations.
Pour le Commandant de l’IEMS-TA, le Colonel-major Céleste Joseph Moussa Coulibaly, cette rentrée marque une nouvelle étape dans la construction de l’enseignement militaire supérieur au Burkina Faso. Après le lancement des activités de l’Institut en septembre 2025 et la mise en place de l’enseignement militaire supérieur de premier degré, l’ouverture de l’École de guerre porte la formation au niveau stratégique.
Le Colonel-major Céleste Joseph Moussa Coulibaly a salué les efforts ayant permis de mettre en place cette formation et l’accompagnement des autorités militaires et universitaires.
Il a notamment expliqué que l’École de guerre doit permettre de développer une pensée militaire adaptée aux réalités nationales. « Depuis que cette mission sacrée nous a été confiée, notre mot d’ordre a été très clair : aller vite et aller très vite », a-t-il déclaré.
L’Institut s’appuie également sur une collaboration avec le monde universitaire pour renforcer la dimension académique de la formation. Le Commandant a indiqué que des enseignants et des spécialistes des universités ont participé à la conception du programme destiné aux futurs officiers stratèges.

Le Chef d’État-Major Général des Armées (CEMGA), le Général de division Moussa Diallo a pour sa part, insisté sur la nécessité pour le Burkina Faso de développer ses propres capacités de réflexion dans le domaine de la défense. « Dans le domaine militaire, la souveraineté implique une exigence, celle de disposer d’un cadre capable de forger le produit de la défense nationale à partir de notre propre environnement stratégique. C’est pourquoi le Burkina Faso doit être capable de produire sa propre pensée stratégique et militaire », a-t-il déclaré.
Pour le CEMGA, l’École de guerre ne doit pas être uniquement un établissement de formation militaire. Elle doit également devenir un espace de réflexion et de confrontation des idées, où l’expérience opérationnelle est mise en relation avec la recherche et l’analyse stratégique.
« L’école de guerre que nous ouvrons aujourd’hui doit être un lieu de formation, mais également un lieu de réflexion, un lieu d’enseignement, mais aussi de confrontation des idées, un lieu où l’expérience opérationnelle rencontrera la recherche, un lieu où les leçons tirées du terrain nourriront la réflexion stratégique », a-t-il soutenu.
La formation doit également dépasser le seul cadre militaire. Selon le Général de division Moussa Diallo, les transformations de la guerre imposent désormais aux cadres de la défense de comprendre les dimensions politiques, économiques, diplomatiques et sociales de la puissance nationale.

Aux 15 auditeurs de la première promotion, le CEMGA a demandé une implication particulière dans cette première expérience de l’École de guerre. « Vous ne serez pas seulement des bénéficiaires d’une formation, vous serez, d’une certaine manière, les premiers acteurs de la construction d’une institution appelée à jouer un rôle majeur dans l’avenir de nos Forces armées nationales », a-t-il déclaré.
Il a également insisté sur les exigences intellectuelles auxquelles les auditeurs seront confrontés. Ils devront notamment apprendre à analyser des situations complexes, à remettre en cause certaines certitudes et à distinguer l’information de la connaissance. « Le chef doit savoir réfléchir, mais il doit également savoir décider. Il doit savoir écouter, mais il doit également savoir trancher. Il doit savoir analyser les conséquences de son action, mais il doit également assumer ses responsabilités », a martelé le Général de division Moussa Diallo.
Le Colonel-major Céleste Joseph Moussa Coulibaly a, de son côté, fixé aux auditeurs l’objectif de devenir des officiers capables d’analyser des environnements complexes, de concevoir des plans au niveau stratégique et opérationnel et de conseiller les autorités à l’échelle politico-stratégique. « Notre pays n’a pas seulement besoin d’officiers, qui se contentent seulement de connaître leur métier, mais d’une génération qui pense et comprend la guerre. Nous n’avons pas seulement besoin d’officiers capables de commander des hommes, mais d’officiers capables de commander dans la complexité », a-t-il affirmé.

Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a présenté l’ouverture de cette première promotion comme une nouvelle étape dans l’opérationnalisation de l’IEMS-TA. Il a notamment insisté sur la volonté de former désormais au Burkina Faso les cadres militaires appelés à exercer des responsabilités stratégiques. « On ne peut parler de souveraineté en matière de défense et de sécurité tant que nous allons continuer à envoyer notre élite militaire en formation ailleurs », a déclaré le Chef du Gouvernement.
Selon lui, l’ouverture de l’École de guerre montre que le Burkina Faso dispose désormais de capacités pour assurer localement la formation de son élite militaire jusqu’au niveau stratégique. « Cela montre désormais que le Burkina Faso dispose de toutes les capacités pour former son élite militaire à toutes les échelles, jusqu’au niveau stratégique, afin de disposer évidemment des cadres militaires supérieurs capables de penser, capables de concevoir, capables de conduire les opérations suivant une approche doctrinale endogène, inspirée de notre propre expérience, inspirée de nos traditions, inspirée de notre histoire », a-t-il ajouté.
Le Premier ministre a également assuré que le Gouvernement accompagnera l’Institut dans son développement et la mise à disposition des moyens nécessaires à ses ambitions.
L’IEMS-TA, créé en septembre 2025, abrite notamment l’École de guerre, chargée de l’enseignement militaire supérieur de second degré, et l’École d’état-major, chargée du premier degré. La première promotion de l’École de guerre devra désormais achever son parcours académique avant de mettre ses acquis au service des Forces armées nationales.
Josué TIENDREBEOGO
Faso7



