Burkina Faso : L’ANAGRASC lance une plateforme pour apurer le passif immobilier de la SOCOGIB, d’AZIMMO et de SATMO

L’Agence nationale de gestion et de recouvrement des avoirs saisis ou confisqués (ANAGRASC) a lancé, ce jeudi 3 septembre 2026 à Ouagadougou, une plateforme numérique dédiée au traitement du passif immobilier de trois sociétés saisies par l’État que sont la SOCOGIB, AZIMMO et SATMO. Développé avec l’appui de l’Agence nationale de promotion des technologies de l’information et de la communication (ANPTIC), l’outil vise notamment à faciliter le recensement et le traitement des réclamations des personnes ayant acquis des biens auprès de ces sociétés.

Accessible à l’adresse passif-immobilier.anagrasc.gov.bf, la plateforme se veut un outil de centralisation des dossiers fonciers liés aux trois sociétés immobilières. Elle permet notamment de recenser, filtrer et traiter les différentes réclamations relatives aux terrains et immeubles concernés.

Cette initiative intervient dans le cadre de la mission confiée à l’ANAGRASC par le procureur du pôle judiciaire spécialisé dans la répression des crimes économiques et financiers. L’agence est notamment chargée de la gestion et de l’administration des fonds de commerce saisis, parmi lesquels figurent les actifs de la SOCOGIB, d’AZIMMO et de SATMO.

Selon le directeur général de l’ANAGRASC, Issa Abdul-Jabbar Suuri Maïga, la création de cette plateforme répond à une difficulté concrète rencontrée par de nombreux acquéreurs.

« Dans l’ancien temps, lorsque des avoirs étaient saisis ou des immeubles confisqués, il faut dire qu’on ne savait pas trop quoi en faire (…) mais avec la création de l’ANAGRASC, ce sont des détails qui sont derrière nous. L’ANAGRASC s’inscrit dans le paysage institutionnel et judiciaire comme l’institution de référence en matière de gestion des avoirs saisis, confisqués ou faisant l’objet de mesures de conservation », a-t-il expliqué.

Répondre aux préoccupations des acquéreurs

Après avoir pris en main les actifs des trois sociétés, l’ANAGRASC dit avoir constaté l’existence d’un « passif important ». L’agence a notamment été confrontée aux préoccupations de personnes ayant acquis des terrains ou des immeubles bâtis auprès de ces sociétés, mais qui, à la suite de leur saisie, ne savaient plus vers quelle structure se tourner pour obtenir les documents définitifs nécessaires à une jouissance paisible de leurs biens.

« Nous recevions plusieurs personnes par jour qui venaient nous expliquer qu’elles avaient acquis des terrains ou des immeubles bâtis avec ces sociétés mais, avec la saisie desdites sociétés, elles ne savaient pas à qui s’adresser pour obtenir les documents définitifs leur permettant une jouissance paisible », a indiqué Issa Abdul-Jabbar Suuri Maïga.

C’est face à cette situation que l’ANAGRASC a décidé de mettre en place un dispositif numérique destiné à recueillir les souscriptions et réclamations des personnes concernées. Les dossiers soumis sur la plateforme seront ensuite examinés et traités par l’agence, avec pour objectif de permettre aux acquéreurs réguliers de régulariser leur situation.

Les personnes ayant un passif immobilier avec la SOCOGIB, AZIMMO ou SATMO sont ainsi invitées à y effectuer leurs réclamations

Pour le moment, la plateforme est exclusivement consacrée aux dossiers concernant la SOCOGIB, AZIMMO et SATMO. Toutefois, l’ANAGRASC n’exclut pas une extension du dispositif à d’autres sociétés immobilières, en fonction des besoins et de l’évolution de la mission de l’agence.

À travers cet outil, l’ANAGRASC entend accélérer le traitement des réclamations, réduire les délais d’attente et améliorer la célérité dans l’examen des dossiers. L’objectif est également de faciliter l’accès des citoyens au service public et d’assurer une meilleure traçabilité des différentes demandes.

La plateforme est entièrement gratuite. Les personnes ayant un passif immobilier avec la SOCOGIB, AZIMMO ou SATMO sont ainsi invitées à y effectuer leurs réclamations et à fournir les informations nécessaires au traitement de leurs dossiers.

Avec ce nouvel outil numérique, l’ANAGRASC entend ainsi franchir une nouvelle étape dans la gestion des avoirs saisis et contribuer à la résolution des difficultés rencontrées par les acquéreurs de biens issus des sociétés concernées.

Faso7

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