Burkina Faso : Les acteurs culturels en immersion patriotique outillés sur le statut de l’artiste et le rôle du BBDA

La première cohorte des acteurs culturels burkinabè poursuit son immersion patriotique à l’Académie de police. Une conférence organisée ce 1er septembre 2026 à Pabré a notamment permis d’aborder les droits, les obligations et les responsabilités sociales des artistes, ainsi que le rôle du Bureau burkinabè du droit d’auteur (BBDA).

Au cours de la rencontre, les échanges ont porté sur deux principaux sujets. Le premier a concerné le statut juridique de l’artiste, présenté par un représentant de la Direction générale de la culture et des arts. Le second a porté sur la contribution du BBDA à la protection des droits des créateurs, avec l’intervention d’une représentante de l’institution, à la demande de la Direction générale de l’Académie de police.

Ces discussions ont permis de rappeler les droits et les obligations consacrés par le cadre juridique applicable aux artistes. Les participants ont également été sensibilisés aux responsabilités sociales qui accompagnent l’exercice de leurs activités.

Le Directeur Général du BBDA espère que l’immersion portera ses fruits-©Faso7

Pour le Directeur général du BBDA, Zita Daniel Bonzi, cette rencontre devait permettre aux participants de mieux comprendre leurs droits, mais aussi les responsabilités qui leur incombent. « Nous sommes venus donc avec la Direction générale de la culture des arts pour tenter de les éclairer également sur leurs droits, leurs obligations et les responsabilités qui pèsent tant sur les artistes, mais également sur l’ensemble des acteurs culturels », a-t-il expliqué.

La protection sociale des artistes a également occupé une place dans les échanges. Zita Daniel Bonzi a rappelé que l’adoption récente de la loi portant statut de l’artiste ouvre notamment des perspectives en matière de prise en compte de cet aspect. Le BBDA travaille ainsi, avec les autres acteurs concernés, à la mise en œuvre de différents volets liés à la protection des artistes.

Au-delà des droits, la conférence a également porté sur la responsabilité de l’artiste dans la société. Le Directeur général du BBDA estime que les connaissances acquises au cours de cette immersion peuvent avoir une incidence sur la manière dont les acteurs culturels exercent leur métier et conçoivent leurs œuvres. « Nous espérons que cela va les aider dans leur manière d’agir vis-à-vis de la société. Ça va aussi certainement améliorer les contenus ou les créations que ces différents acteurs arrivent à mettre à la disposition du public », a-t-il déclaré.

Le journaliste Marius Diessongo entend transmettre les connaissances acquises -©Faso7

Pour les participants, l’intérêt de cette conférence réside aussi dans la possibilité de mieux comprendre un cadre juridique qui reste parfois méconnu dans le milieu culturel. Journaliste culturel immergé, Marius Diessongo estime que les échanges ont permis de lever certaines zones d’ombre sur les textes qui encadrent la profession. « Il y avait beaucoup d’ignorance sur certains aspects de la loi. Et ce sont des lois qui encadrent donc le statut, la vie même de l’artiste », a-t-il relevé.

Le journaliste entend désormais contribuer à la diffusion de ces informations auprès des acteurs culturels. Il estime que les professionnels des médias ont également un rôle à jouer pour permettre aux artistes de mieux comprendre les décisions et les mesures qui concernent leur secteur.

La conférence a également été perçue comme une occasion de renforcer le rôle du BBDA auprès de ses membres. Marius Diessongo a notamment cité les initiatives sociales de l’institution, dont celles liées à l’accompagnement des membres âgés.

Cette dimension de transmission a également été évoquée par Inoussa Ouédraogo, alias Nouss Nabil, artiste musicien, acteur de cinéma et premier vice-président de l’Union nationale des artistes musiciens (UNAM). Pour lui, les enseignements reçus pendant l’immersion doivent désormais se retrouver dans les productions artistiques. « Ce que nous sommes en train d’apprendre ici va impacter positivement nos créations artistiques et au profit de toute la nation », a-t-il affirmé.

Le musicien estime par ailleurs que les participants devront partager leur expérience avec leurs collègues qui n’ont pas pris part à cette première promotion d’acteurs culturels en immersion patriotique.

Une immersion au-delà du physique-©Faso7

En dehors des exercices physiques qu’ils apprennent, les participants ont également été amenés à réfléchir sur leur comportement, leur rapport à la société, la solidarité et leur contribution à la nation.

Pour Marius Diessongo, cette expérience a permis de travailler aussi bien sur le plan physique que sur le plan mental. Il a indiqué avoir découvert, à travers les différentes activités, la capacité de dépasser certaines limites que les participants croyaient infranchissables.

Du côté de l’Académie de police, le commissaire divisionnaire de police Lassina Traoré, directeur général de l’institution, a salué la poursuite de cette série de conférences destinées aux acteurs culturels en immersion.

L’initiative vise ainsi à compléter la formation reçue au cours de cette immersion par des échanges sur des thématiques susceptibles d’être directement utiles aux participants dans leurs activités professionnelles et sociales.

À travers cette première promotion d’acteurs culturels en immersion patriotique, les organisateurs misent désormais sur la capacité de ces derniers à transformer les enseignements reçus en comportements, en créations et en actions utiles à la société.

Josué TIENDREBEOGO

Faso7

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