De Ouaga à Bittou, une nuit sur le front de la lutte contre la contrebande avec le DG des Douanes

Dimanche 30 août 2026. Il est 12 heures. Tandis que les Ouagalais partagent leurs derniers verres autour des poulets flambés avant la reprise, la cour de la Direction générale des Douanes, elle, est en mouvement.

​Des pick-up armés sont positionnés. Le visage masqué, le casque ajusté, des agents contrôlent une ultime fois leur matériel tactique. L’heure est au départ. Destination : Bittou.

​Dès les consignes de départ données, le cortège s’ébranle sous la conduite du Directeur de la Surveillance du territoire (DST).

Avand de prendre la route, les dernières consignes sont données -©️Faso7

Quelques heures plus tard, le Directeur général des Douanes en personne, le Dr Yves Kafando, prend à son tour la route en direction de cette commune frontalière.

​Il est 22h10 lorsque le patron de la douane arrive sur les lieux. Quelle urgence justifie une telle descente nocturne ?

​Deux mois auparavant, le Dr Yves Kafando s’était déjà rendu à Bittou pour échanger avec les exportateurs et martelé la nécessité de mettre fin à la fraude.

Message pas entendu 

Venu mesurer l’impact de sa sensibilisation, le constat qu’il dresse sur place est sans appel : le message n’a pas été entendu.

​Sur le terrain, les douaniers mettent au jour plusieurs habitations transformées en entrepôts clandestins de marchandises de contrebande.

Le DG Yves Kafando constate l’ampleur de la fraude -©️Faso7

À mesure que les cadenas sautent sous les coups des agents, le DG constate l’ampleur des dégâts : des milliers de sacs d’engrais, des herbicides et pesticides non homologués, des stocks d’huile, de riz, mais aussi des cartons de comprimés, d’injectables et d’amphétamines.

​Toutes ces marchandises étaient dissimulées dans ces magasins de fortune, prêtes à être injectées frauduleusement sur le marché national.

« Que les fraudeurs le sachent… »

Un fléau que l’administration douanière s’engage à éradiquer pour assainir la concurrence, préserver l’économie et protéger la santé des populations.

« Que les fraudeurs le sachent : nous sommes en temps de révolution. Quel que soit le moment où ils commettent leurs forfaits, de jour comme de nuit, la douane burkinabè sera debout pour y mettre un terme. Aux agents des douanes, j’appelle à une vigilance renforcée, car c’est la condition indispensable pour éradiquer ces pratiques néfastes » a martelé le Directeur général.

​Le succès de ce coup de filet repose sur la précision du renseignement douanier, mais aussi sur une synergie d’action avec les forces armées. Une collaboration que le DG a tenu à saluer vivement.

​« C’est l’occasion pour moi de remercier le Régiment militaire de Tenkodogo, qui nous a accompagnés pour que cette mission se déroule dans les meilleures conditions », a-t-il soutenu.

​L’offensive ne s’arrête pas là. Alors qu’une dizaine d’entrepôts ont déjà été ciblés, le DG a ordonné la poursuite des fouilles. L’ensemble des produits saisis sera convoyé vers Ouagadougou dans les prochains jours.

​Ses consignes transmises aux troupes déployées, le patron des douanes reprend immédiatement la route. 240 kilomètres à parcourir en pleine nuit pour regagner la capitale.

Dès lundi matin, d’autres dossiers l’attendent car « tout est urgent » dans un Burkina Faso en pleine Révolution Progressiste Populaire.

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Faso7

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