Coopération sino-burkinabè : La médecine chinoise, un modèle pour valoriser les savoirs endogènes

La médecine traditionnelle chinoise et la médecine traditionnelle burkinabè ont été au cœur d’une rencontre organisée le mercredi 19 août 2026 à Ouagadougou par l’Association des Alumni Burkinabè Chine (AABC). À l’occasion de la Journée des médecins chinois, les participants ont réfléchi aux possibilités de complémentarité entre les deux pratiques et aux enseignements que le Burkina Faso pourrait tirer de l’expérience chinoise pour mieux valoriser ses savoirs endogènes.

« Médecines traditionnelles chinoise et burkinabè : quelles leçons du modèle chinois pour valoriser les savoirs endogènes et renforcer notre système de santé ? », c’est autour de cette thématique que les échanges se sont déroulés. Les discussions ont permis de mettre en lumière les acquis, les défis et les perspectives de développement des deux modèles de médecine traditionnelle.

L’expérience chinoise a particulièrement retenu l’attention. Les participants ont notamment évoqué le processus de structuration, de documentation et de recherche scientifique qui a accompagné le développement de la médecine traditionnelle chinoise. Une démarche qui pourrait, selon eux, inspirer le Burkina Faso dans la préservation et la valorisation de ses propres connaissances thérapeutiques.

Documenter les savoirs traditionnels

Au Burkina Faso, la médecine traditionnelle dispose d’un important patrimoine de connaissances détenues par les tradipraticiens. Cependant, une partie de ces savoirs reste encore insuffisamment documentée et étudiée scientifiquement.

Pour le Docteur Nestor Yougbaré, biologiste clinicien au Centre de médecine traditionnelle et de soins intégrés, l’expérience chinoise constitue à ce titre une source d’inspiration. Il a notamment participé à une formation en médecine traditionnelle en Chine au sein de la délégation « Pont de Jade ».

« Nous estimons que les experts chinois nous seront d’un grand atout », Docteur Nestor Yougbaré

« Il faut travailler à rapprocher les tradis-praticiens, ensuite, il faudra rassembler tous leurs savoirs, les documenter et faire des recherches scientifiques. Et à ce niveau, nous estimons que les experts chinois nous seront d’un grand atout pour nous aider à mener ces recherches scientifiques pour que notre médecine puisse aussi se développer », a-t-il expliqué.

Pour lui, la recherche scientifique doit permettre de mieux connaître les pratiques traditionnelles burkinabè, d’en évaluer l’efficacité et de favoriser leur développement.

50 ans de coopération sanitaire

Cette rencontre s’inscrit également dans le cadre des 50 ans de coopération sanitaire entre le Burkina Faso et la Chine. Le représentant de l’ambassade de Chine, Xi Wei, a rappelé qu’en 1976, la première mission médicale chinoise avait été envoyée au Burkina Faso.

Depuis lors, plus de 200 médecins chinois ont participé à 17 missions médicales dans le pays. Pour Xi Wei, l’action des médecins chinois ne se limite pas aux soins. « Le médecin est non seulement le protecteur de la santé, mais aussi le messager de paix et d’amitié », a-t-il déclaré.

La coopération entre les deux pays s’oriente désormais vers de nouvelles perspectives, avec notamment la préparation de l’ouverture de services de médecine traditionnelle chinoise dans plusieurs établissements hospitaliers burkinabè.

Silvyane Bazié (stagiaire)

Faso7

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