« Allah Ti Kouma » à Sondogo : Quand la Police municipale vient rompre le « silence de Dieu »

La Police Municipale de Ouagadougou a procédé, ce 14 août 2026, à la fermeture du site de prostitution et autres, connu sous le nom « Allah Ti Kouma » , situé à Sondogo, un quartier non loti, à proximité du barrage de Boulmiougou. L’opération, menée sur instruction du procureur du Faso, intervient après une décision judiciaire ordonnant la fermeture du site, qui avait progressivement repris ses activités. Les autorités annoncent le maintien d’une présence sur place pour empêcher toute réouverture.

Il est environ 5 heures du matin lorsque les éléments de la police municipale arrivent sur le site. À cette heure, l’opération est déjà prête. Les policiers sont accompagnés de membres de l’Association des cantonniers de la ville de Ouagadougou.

Le lieu visé n’est pas composé de simples débits de boissons. Sous l’appellation « Galaxy Night Club » ou « Allah Ti Kouma », ce maquis et ses voisins sont installés côte à côte, assortis d’une multitude de chambres de passe. Le complexe est implanté dans une zone résidentielle du quartier Boulmiougou, non loin du barrage.

Une bonne partie de Ouagadougou dormait encore ou s’apprêtait à entamer la journée pendant que le soleil montrait lentement ses premiers rayons. Mais dans ce haut lieu de la vie nocturne, la musique diffusée par les différents débits de boissons se mêlait encore aux conversations et aux mouvements des couche-tard.

Un couloir parmi des dizaines-©Faso7

Des boissons alcoolisées étaient proposées à la consommation, tandis que des prostituées abordaient des clients à la recherche de partenaires pour « aller se reposer », pendant qu’à côté des maquis, d’autres « travaillaient » avec des hommes dans les nombreuses chambres aménagées sur le site. Ces pièces faisaient à la fois office de dortoirs, de « bureaux » et de cuisines pour les travailleuses du sexe. Le tout formait un ensemble particulièrement animé, où se côtoyaient débits de boissons, racolage et chambres de passe.

Mais l’arrivée des policiers municipaux a brutalement changé l’atmosphère. Les mouvements s’accélèrent, certains cherchent à quitter les lieux, d’autres tentent de se disperser. En quelques instants, l’agitation gagne le site. La tentative de fuite tourne pourtant court : le périmètre est totalement bouclé par les forces mobilisées pour l’opération. Les issues sont contrôlées et les personnes présentes sont progressivement invitées à suivre les policiers.

Le bilan communiqué fait état de 202 filles, 33 garçons et 2 bébés appréhendés sur le site au moment de l’opération. Environ 200 chambres y étaient encore fonctionnelles.

Une fermeture déjà ordonnée par la justice-©Faso7

Cette intervention ne constitue pas une décision administrative prise sur le terrain. Elle vise à faire appliquer une décision judiciaire antérieure.

Issouf Ouattara, Inspecteur de Police Municipale et Directeur Général Adjoint de la Police Municipale, explique qu’à la suite d’une procédure judiciaire, certaines personnes avaient été condamnées pour diverses infractions et que la fermeture du site avait également été ordonnée. Malgré cette décision, les activités ont progressivement repris. « Chose est de constater que juste après cela, le site, peu à peu, s’est réouvert. Aujourd’hui, nous constatons avec les autres services techniques que le site était réellement bien fonctionnel », a expliqué le Directeur Général Adjoint de la Police Municipale.

C’est dans ce contexte que le procureur a instruit la police municipale de procéder à la fermeture effective du site.

L’opération a également porté sur les biens et marchandises présents sur les lieux. Des motos ont été saisies et les produits qui étaient proposés à la vente sur le site ont été retirés. Les policiers, avec l’appui des cantonniers, ont également procédé à la récupération de portes et d’autres objets.

La police promet d’autres descentes-©Faso7

Au terme de l’opération, les autorités ne comptent pas simplement quitter les lieux. Une permanence sera maintenue afin d’empêcher la reprise des activités illégales. « Nous allons maintenir une permanence sur le site jusqu’à ce que toute activité sur ce site soit neutralisée », a assuré Issouf Ouattara.

Pour la Police Municipale, la présence de ce type d’activités dans une zone résidentielle pose également la question de la tranquillité des riverains. Le responsable estime que les habitants ne doivent pas subir les conséquences d’activités contraires à la réglementation.

Le message adressé aux exploitants d’autres sites concernés par des décisions judiciaires est également sans ambiguïté. La police municipale annonce avoir reçu des instructions pour intervenir sur plusieurs autres sites. « Il n’est pas question que les autorités judiciaires puissent mener les actions, aboutir à une décision judiciaire et certaines personnes pensent qu’elles peuvent se permettre de ne pas procéder à l’exécution de ces décisions », a prévenu le Directeur Général Adjoint de la Police Municipale.

L’opération menée à « Allah Ti Kouma » pourrait bien n’être que le premier acte d’une vaste série de descentes. Les autorités réaffirment leur détermination à faire respecter les décisions de justice et à assainir l’ensemble des sites où sont signalées des activités illégales.

Josué TIENDREBEOGO

Faso7

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