Burkina Faso : Les gendarmes de l’ESRI II se déploient sur le front agricole à Bondokuy

À Bondokuy, l’Escadron de Sécurisation Routière et d’Intervention de la Deuxième Légion de Gendarmerie (ESRI II) investit les champs agricoles. Une immersion de journalistes, coordonnée par l’adjudant-chef Zacharie Zougmooré, nous plonge dans le quotidien de cette unité.

« Garde à vous ! ».  Cet avertissement commun aux soldats vient de retentir dans un champ de Bondokuy. Il annonce l’arrivée, en ce jour 19 du mois de novembre de l’année 2025, du Capitaine Sanki, Commandant de l’Escadron de Sécurisation Routière et d’Intervention de la Deuxième Légion de Gendarmerie (ESRI II).

Dans ce vaste champ de maïs, gendarmes, VDP (Volontaires pour la défense de la patrie), mais aussi civils sont présents. Salutations. Quelques rires échangés. Et c’est parti pour la séance de récolte dans cette aire dédiée à l’Escadron de Sécurisation Routière et d’Intervention de la Deuxième Légion de Gendarmerie (ESRI II), déployé à Bondokuy dans les Bankui depuis le 7 mai 2025.

Ce sont 8 hectares de terres agricoles qui ont été emblavés pour ce champ de maïs. Les travailleurs sont nombreux, mais le terrain est vaste et la production est conséquente. Les femmes, d’un côté, chantent et dansent en travaillant. Les gendarmes du côté droit, avec les civils et les VDP, travaillent aussi à un rythme accéléré.

« Nous avons jugé nécessaire de faire l’agriculture », Capitaine Sanki, commandant de l’ESRI II.

Sur ce vaste terrain, d’autres personnes sont chargées de porter le maïs et de le déposer à l’endroit adapté afin de faciliter l’accès à la machine. C’est une récolte d’une vingtaine de tonnes qui est attendue.

Ce champ n’est pas le seul. Plusieurs autres sont également exploités.

Plusieurs variétés cultivées

Pourquoi ces combattants ont-ils souhaité effectuer ce travail qui ne leur a pas été imposé ? « Nous sommes dans une zone très arrosée, et la situation sécuritaire de la zone étant relativement calme, cela nous permet de vaquer à d’autres occupations. Nous avons jugé nécessaire de faire l’agriculture », répond le commandant de l’ESRI II, le Capitaine Sanki.

Nous voulons connaître les autres parcelles de ces éléments de l’ESRI II. Mais avant, nous dégustons les pastèques bios produites par les combattants.

Des cultures variées qui ont été faites par les pandores dont le soja.

Ce sont des cultures variées qui ont été faites par les pandores. À 3 km du détachement, on trouve un champ de niébé de 5 hectares déjà récolté. En plus du niébé, les tiges de bissap ou hibiscus se laissent bercer par le souffle du vent.

Le commandant et ses hommes accordent une place très importante au bissap. Sur les différents terrains déblayés, la culture pousse. « Le bissap va permettre de faire du jus et aussi les graines permettent de faire les ingrédients pour la sauce. Même nos esclaves Bwaba pourront avoir du vin à partir de ça ! », note le Capitaine Sanki en faisant un clin d’œil à ses parents à plaisanterie.

Le plat du combattant

Pour revenir au niébé, il entre aussi dans la recette de la préparation du « plat du combattant ». Vous ne savez pas ce que c’est ? Il permet aux combattants qui le consomment de tenir toute une journée avec la même énergie.  « Ce plat est très consistant. Il renferme beaucoup d’éléments nutritifs qui permettent d’avoir de l’énergie quand on le consomme », informe le Capitaine Sanki.

Le plat du combattant.

L’intégration du haricot dans les habitudes alimentaires des combattants a donné de bons résultats. « On a même baptisé le plat du haricot le plat du combattant. Il nous a prouvé que c’est un plat qui est à la hauteur », assure-t-il.

Parmi les autres semences, il y a le soja sur une superficie de 2 ha et les arachides sur une superficie de 10 ha.

Les productions des éléments de cet escadron sont surtout motivées par leur besoin personnel, notamment l’amélioration de l’assiette du combattant. « Nous produisons pour répondre à un besoin qui est de notre propre enrichissement alimentaire, à travers la pâte d’arachide que nous consommons très bien. Quand on achète les arachides du marché, souvent, on ne peut pas avoir une grande quantité. Souvent, la sauce, on aime dire “rendez-vous en bas” », dit-il.

Près de 200 sacs récoltés 

Au cœur de ce détachement, tel un trophée de guerre, sont exposés près de 200 sacs, contenant plusieurs spéculations.  « Pour le niébé, il est possible d’atteindre 7 à 8 tonnes. En tout cas, au vu de la physionomie de nos champs que vous avez pu constater. Les arachides aussi, au moins 3 à 4 tonnes, c’est possible. Le riz, cela représente 2 hectares, donc on estime à 6 à 7, voire 8 tonnes », calcule le premier responsable, le Capitaine Sanki.

Près de 200 sacs, toutes spéculations confondues, déjà récoltés.

Ces récoltes sont très satisfaisantes pour le Capitaine et ses hommes, surtout pour une première fois. « Pour un coup d’essai, les résultats engrangés sont satisfaisants et les années à venir, on pourra encore mieux faire », se réjouit-il.

Cette joie est partagée par ses éléments. De l’avis de l’un d’eux, surnommé Delta Force, des combattants qui arrivent à allier défense et agriculture est une grande bataille. « C’est un sentiment de joie parce qu’un homme qui arrive à faire ce travail ne peut que se dire vraiment ‘je suis fier de moi’ », s’exclame-t-il.

« C’est un sentiment de joie », Delta Force.

Inédit, renchérit le chef VDP Faucon. « Ça a été miraculeux pour moi de voir un chef qui vient auprès de toi dire qu’il veut un champ pour travailler comme toi. Nous, nous tenons les travaux champêtres comme une activité des pauvres », informe-t-il.

Les résultats de l’ESRI II sont bien appréciés par le chef de Zone d’Appui Technique en Agriculture. Ces combattants à double casquette ont respecté les techniques agricoles.

« Il faut dire que ce sont des combattants. Ils sont sur deux fronts, l’agriculture et la défense du territoire. Et quand vous regardez ce qu’ils ont fait, en tout cas, c’est vraiment appréciable. Quand vous regardez la physionomie seulement, vous savez que ce sont vraiment de grands producteurs », apprécie-t-il.

Les résultats de l’ESRI II sont bien appréciés par le chef de Zone d’Appui Technique en Agriculture.

Élevage et fabrication d’aliments

Ce n’est pas seulement dans le domaine de l’agriculture que ces hommes se battent. Ils marquent également leur présence dans l’élevage, notamment de la volaille et du bétail. Les aliments des animaux sont fabriqués par les gendarmes au sein du détachement, à l’aide d’un broyeur.

« On prend l’herbe, on broie et on ensile. On ensile comme ça et on donne aux animaux. C’est très riche. Les animaux en raffolent », explique le Capitaine Sanki.

Ils marquent leur présence dans l’élevage.

Sur place, nous avons droit à une séance de démonstration et à l’observation d’aliments déjà ensilés depuis le mois de septembre et utilisés actuellement. La maintenance est assurée toujours par les gendarmes.

Le Capitaine Sanki et ses hommes ont aussi réservé une place de choix au jardinage. Des dizaines de plants de papayers en cours d’évolution se laissent admirer du côté gauche du mât.

Les aliments des animaux sont fabriqués par les gendarmes au sein du détachement.

De Kaya à Békuy dans le Guiriko, en passant par Bobo-Dioulasso et Ouo, l’ESRI II, arrivé le 7 mai 2025 à Bondokuy, n’a pas perdu de temps. Il s’est lancé dans l’agriculture.

Cette action s’inscrit dans le cadre de l’Offensive présidentielle pour l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire.

Alice Suglimani THIOMBIANO

Faso7

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