Place des jeunes en politique : Des leaders d’opinion à Koudougou appellent à des reformes

Le Burkina Faso a une population majoritairement jeune. Selon le 5e recensement général de la population et de l’habitation (RGPH), 77,9 % de la population burkinabè a moins de 35 ans. Ces jeunes constituent des acteurs majeurs pendant les périodes électorales. Cependant, ils ne sont pas assez représentatifs au sein des partis politiques. Conséquence, il est difficile de voir un jeune candidat à la magistrature suprême du Burkina Faso. A une époque où l’on constate le renouvellement de la classe politique burkinabè, certaines personnes estiment qu’il est également nécessaire d’accorder plus de responsabilité aux jeunes au sein des partis politiques. Comment cela doit-il se faire ? Nous avons rencontré quelques acteurs de la société civile dans la ville de Koudougou, au Centre Ouest du Burkina Faso.

Pour Issoufou Bandaogo, coordinateur du mouvement « Deux heures pour Kamita », section Koudougou, le renouvellement de la classe politique est une évidence, car des jeunes ont été au cœur de grands changements dans le monde et particulièrement au Burkina Faso.

Issoufou Bandaogo, Coordinateur du mouvement « Deux heures pour Kamita », section Koudougou -©Faso7

Il estime par ailleurs que pour que les jeunes soient assez représentatifs, il revient aux jeunes de s’engager en politique pour apporter leur expertise afin de contribuer à un changement quantitatif et qualitatif. Toutefois, il précise qu’il faut d’abord avoir l’amour de sa patrie, comprendre la géopolitique internationale, les relations internationales avant de s’engager en politique.

« Aujourd’hui en étant jeune et ne s’engageant pas dans la politique, c’est de l’ignorance. Le rôle que le jeune doit jouer dans la politique, c’est de savoir d’abord qu’il n’est pas là pour faire la politique françafrique. La politique, ce n’est pas de l’entrepreneuriat. C’est d’avoir le patriotisme en soi et pouvoir poser les bases nécessaires et déconstruire tout ce qui nous assujettis. (…) Il faut que le gouvernement instaure des modules enseignant la politique dans nos universités pour que la jeunesse puisse déconstruire le mythe autour de la politique et s’engager avec la dernière énergie, car la jeunesse est l’avenir d’une nation et lorsqu’on est jeune, on est dynamique », soutient-il.

Yacouba Sanou, Étudiant à l’université Norbert Zongo et président de l’Association des élèves et étudiants du Sahel à Koudougou -©Faso7

Yacouba Sanou, étudiant en 3e année de Géographie à l’université Norbert Zongo et président de l’Association des élèves et étudiants du Sahel à Koudougou, partage le même point de vue que Issoufou Bandaogo. Toutefois, il pense que même si la place doit être faite aux jeunes, l’ancienne classe politique a aussi un rôle à jouer dans le monde politique pour le développement du pays.

« Aujourd’hui dans le monde et au Burkina Faso en particulier, la jeunesse a montré des preuves. Donc, quoi de plus normal qu’il ne faut pas faire appel à la jeunesse si la vieille classe politique a échoué sur tous les plans. Donc, il faut faire confiance à la jeunesse et je suis sûr qu’elle va relever les défis », s’est-il exprimé.

Sirima Bakouô, président de Club littéraire et artistique de l’université Norbert Zongo, pense qu’il faut réduire le nombre des partis, inciter les jeunes à occuper des postes de responsabilité et instaurer des quotas au sein des partis politiques pour les obliger à accorder plus de responsabilité aux jeunes.

Sirima Bakouô, président de Club littéraire et artistique de l’université Norbert Zongo -©Faso7

« Un jeune bien posé intellectuellement peut prendre part aux décisions d’un pays. (…) Procéder par des quotas pour attribuer les postes de responsabilité au sein des partis politiques en accordant un pourcentage important à la jeunesse, cela peut les motiver à s’intéresser davantage à la politique. Je propose qu’on fasse un quota dans la classe politique. On donne une place de 50% pour les jeunes, 25% pour les femmes et 25% pour les vieillards », a-t-il indiqué.

L’étudiant de l’Université Norbert Zongo propose également que des reformes soient entreprises afin de faciliter certaines conditions de candidature au Burkina Faso. Pour lui, les conditions liées à l’âge et au paiement d’une caution de 25 millions de F CFA freinent la participation des jeunes à l’élection présidentielle.

« Je trouve qu’on doit revoir les textes pour qu’ils soient favorables à la candidature des jeunes. Par exemple, en ramenant l’âge à 30 ans. Également, il faut qu’on revoie les textes en ce qui concerne la somme à verser pour prendre part aux élections présidentielles parce que 25 millions, c’est trop pour un jeune. Avec une telle somme comme condition, on a l’impression d’assister à une politique des ploutocrates », déplore-t-il.

Inoussa Pafad’naam Kirakoya, promoteur de l’initiative « Voix de paix » -©Faso7

Pour sa part, Inoussa Pafad’naam Kirakoya, promoteur de l’initiative « Voix de paix », pense que c’est à la jeunesse qu’il revient de se battre pour la place qu’elle souhaite avoir.

« La place qui revient à la jeunesse, c’est la place que la jeunesse va arracher parce qu’on ne va pas servir une place à la jeunesse », a-t-il laissé entendre.

Tout comme Sirima Bakouô, Pafad’naam Kirakoya pense aussi qu’il faut imposer un quota de jeunes aux partis politiques « en tenant compte des aptitudes » des jeunes. 

Lazard KOLA

Faso7

Waongo KOLA

Waongo KOLA est un journaliste burkinabè ayant pour domaine de prédilection les sujets de société, d'économie, de politique et de santé.

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