[Tribune] Fayçal Traoré : « Un sursaut s’impose à tous »

Ceci est tribune de Fayçal Traoré sur la situation nationale au Burkina Faso.

L’histoire des peuples, est une construction permanente. Certaines étapes consistent en une introspection profonde et la prise de décisions courageuses qui forgent des destins immuables. Le Burkina Faso à s’y méprendre est à un de ces moments clés. La division interne est béante. Elle fait craindre le pire tant les rancœurs sont ancrées, poussant les plus radicaux à une inhumanité terrifiante.

A ce moment, attendre un dénouement que l’on peut présumer violent, où le plus fort triompherait, assujétissant désormais tous ses contempteurs et perpétuant un cycle macabre que l’on souhaite désuet, peut s’apparenter à de la complicité.

C’est l’instant où celui qui a la force de son côté a besoin d’humilité, pour s’ouvrir et inviter toutes les intelligences et les énergies pour bâtir un avenir harmonieux. Le plus faible, doit aussi ravaler son orgueil pour accepter de tendre la main pour la Nation. A ce stade, rien ne sera parfait pour personne. L’intérêt supérieur d’un peuple qui a trop souffert, souvent de nos errements collectifs, mérite le mea culpa de ceux qui par la force des choses assurent ou ont assuré, une forme quelconque de leadership. L’histoire des peuples est aussi celle de luttes. Il arrive toutefois, qu’un peuple se dresse et mène un seul combat, malgré des contradictions internes évidentes. Cela exige de la hauteur de la part de tous. Lorsque Thomas Sankara disait « oser inventer l’avenir », il parlait certainement de notre capacité à partir de notre histoire et de celle des autres, de nous forger un modèle et une conviction vers des victoires par tous et pour tous. Comme le dit un livre saint : « tout royaume divisée contre lui-même est dévasté ». Si l’extérieur ne nous a pas aidé, la plus grande gangrène est endogène. Elle ronge avec une telle virulence et fulgurance que les dommages peuvent revêtir un caractère irréversible.

La paix ne s’oppose pas à la sécurité, encore moins à la liberté. Elle est l’expression la plus aboutie de ces dimensions.

La première victoire à remporter n’est pas celle de l’opinion (elle est aussi versatile que son intangibilité), au jeu de qui est plus véhément et acéré que l’autre, causant plus de dégâts dans le camp d’en face. Elle n’est même pas celle de vaincre l’insécurité et je suis conscient du caractère choquant de cette affirmation. Elle est celle de reconnecter les cœurs des Burkinabè à la terre de leurs aïeux avec honneur, vérité et dignité. C’est donc rassembler sincèrement les filles et fils du pays pour faire corps et front à tout ce qui les endeuille, y compris et en priorité la violence armée.

Il est un temps où toute parcelle de leadership, doit être revêtue d’une part de responsabilité dans le désastre actuel vécu.

Personne ne doit nous imposer cet exercice, mieux que la douleur et les cris si stridents d’un peuple meurtri et qui mérite un autre destin.

Ne jouons pas seulement notre partition. Assurons-nous d’avoir agi dans le sens de léguer un héritage valeureux à la postérité. Elle ne nous jugera pas à notre acharnement au travail, peut-être même pas à la bravoure dont nous avons fait preuve, mais à la qualité de l’ouvrage réalisé après tous les sacrifices consentis et malgré tous les défis relevés.

A cette étape, un sursaut s’impose à tous.

La table du dialogue est dressée. Y prendrons nous place  ou continuerons nous à nous pointer du doigt?

L’histoire nous regarde !

Ensemble c’est possible !

Fayçal Traoré

Président de Action Citoyenne pour le Développement et la Paix

Directeur de Publication de Déni Voice.

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