Centre-Est : Les populations de Kalwaretenga, Zogo, Pissi, Niéga, Raobouli, Compesaga et Boulsa s’opposent à la déviation de la RN15

Les premières pluies annonçant le début des travaux champêtres n’enthousiasment pas tous les villages du Burkina Faso. Les populations de Kalwaretenga, Zogo, Pissi, Niéga, Raobouli, Compesaga et Boulsa sont parmi ces personnes. En effet, à l’approche de la saison pluvieuse, ces braves populations disent avoir peur de se retrouver coupées des autres villages et surtout de Potenga. Pourtant, elles ne devraient pas s’inquiéter si le projet de bitumage de la principale voie menant à leurs villages n’avait pas connu une modification inopinée, selon elles. C’est pour dénoncer cette modification inopinée que les populations ont organisé une conférence de presse, le samedi 18 mai 2024.

Le projet de bitumage de la voie prévoyait le bitumage de la voie déjà existante et qui mène jusqu’à la frontière malienne en passant par Boulssa. Le bitumage de la route prenait en compte la réalisation d’infrastructures, dont deux ponts essentiels qui relient les villages à Potenga.

Selon les habitants de Kalwaretenga, Zogo, Pissi, Niéga, Raobouli, Compesaga et de Boulsa , de façon inopinée, ils ont constaté que le projet de bitumage a été modifié. La route qui a toujours traversé leurs villages et qui a été construite par la force des muscles de leurs parents doit être déviée pour passer dans un autre village.

« Cette route a été tracée depuis aux temps du colon pour relier le Mali en passant par Kaya, Kongoussi jusqu’ à la frontière du Mali. Par les travaux forcés, nos grands-parents ont réalisé cette voie par la sueur et la main nue. Cette route est notre héritage. Nous demandons au gouvernement une fois de plus leur soutien indéfectible pour la prise en compte de notre cri cœur », a déclaré Djibrina Kanfo, président du Mouvement « Non à la déviation ».

La raison évoquée par les techniciens chargés de la réalisation de la route est liée au manque de ressources. En effet, selon les organisateurs de la conférence de presse, le projet initial prévoyait le bitumage de 36 km de route sur son ancien itinéraire, notamment de Kalwaretenga, Zogo, Pissi, Niéga, Raobouli, Compesaga jusqu’à Boulsa avec la réalisation d’infrastructures, dont deux ponts, sans lesquels les évacuations sanitaires sont complètement impossibles en cas de pluie. Au regard du manque de ressource, les techniciens en charge du projet ont décidé de faire une déviation de plus de 50 km, mais qui reviendra moins coûteux du fait qu’il n’y a pas de ponts à construire.

A en croire les organisateurs de la conférence de presse, l’ancien ministre en charge des infrastructures et son actuel successeur leur avaient tous les deux rassuré de la construction de la route dans son ancien itinéraire. Pour eux, les véritables initiateurs de la déviation de la route sont les techniciens en charge du projet pour des raisons inavouées, selon eux.

« Vous avez avancé que vous n’avez pas les moyens pour le bitumage de la route sur son ancien itinéraire, si toutefois vous n’avez pas les moyens adéquats, vous pouvez réaliser, les ponts pour nous. Le moment venu, vous y reviendrez pour la poursuite du bitumage de la route », exhortent les populations.

Pour les populations de ce village, la nécessité de construire la route en passant par son ancien itinéraire ne devrait souffrir d’aucune controverse. Et si les autorités manquent de moyens au regard de la situation générale du pays, il est préférable qu’elles attendent d’en avoir les moyens au lieu de faire une déviation inopportune, selon elles.

« Si le gouvernement n’a pas les financements nécessaires, il serait intéressant d’`attendre le bon moment pour faire de cette route l’idéale attendue de tous », a également laissé entendre, Djibrina Kanfo.

Tout comme les initiateurs de la conférence de presse, les chefs coutumiers de ces villages sont contre la déviation de la route. Ces chefs disent être prêts vaille que vaille pour que l’itinéraire de la route reste inchangé.

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