15-Mai : Le Mouvement Bissas Taleima Minto s’affirme davantage en posant la première pierre de son siège

15 mai 2024. Première journée nationale des coutumes et des traditions au Burkina Faso. Cette journée mémorable est la base d’une double joie chez tous les défenseurs de la culture bissa. En plus de pouvoir honorer leurs ancêtres, c’est ce jour-là que le Mouvement Bissas Taleima Minto a posé la première de la construction son siège.

Situé à Tenkodogo sur l’axe menant à Bittou, dans la région du Centre-Est, le futur siège du Mouvement Bissas Taleima Minto, ne sera pas une simple interface d’un mouvement. Non. Pour les porteurs de ce gigantesque projet, notamment, les Bissas vivant au Burkina Faso et ceux de la diaspora à travers le monde, il sera en quelque sorte, le coffre-fort de la culture bissa.

En effet, le siège dont la construction se fera sur plus de 5 000 hectares et qui va nécessiter environ 900 millions F CFA, va comporter à son sein, un Musée, un bâtiment administratif, une salle d’alphabétisation, une salle d’élégance, une télévision, une radio, un restaurant, des salles de séjour, un magasin et un parking.

Kri Bidimpô, Kîrî Wrou Nâ’n Kâlâ et Amidou Kobré (De la gauche vers la droite) -©Faso7

Pour le président du Mouvement Bissas Taleima Minto, Kîrî Wrou Nâ’n Kâlâ, la construction de ce siège est non seulement essentielle, mais aussi urgente. L’urgence s’explique par le fait que les Bissas à travers le monde, « se perdent de plus en plus ». Car pour lui, une personne qui ne sait rien de sa culture ou qui vilipende sa culture, est une personne perdue.

« Les enfants ne comprennent pas notre langue. Certains adultes qui comprennent la langue, refusent de parler. Quelle est la valeur d’une personne qui refuse de parler sa langue ? Je ne sais pas. Le siège du Mouvement va permettre par exemple à ceux qui veulent comprendre leur langue et en savoir davantage sur leur culture, de venir se faire encadrer par des professionnels », a confié Kîrî Wrou Nâ’n Kâlâ, par ailleurs chef des Bissas de la diaspora.

« Lorsqu’un Bissa décide de faire quelque chose, personne ne peut le démotiver » (Kîrî Wrou Nâ’n Kâlâ)

Où trouver les fonds nécessaires pour la réalisation de ce projet ? A en croire Kîrî Wrou Nâ’n Kâlâ, il n’y a pas d’inquiétude à se faire. Il a confiance aux Bissas.

« J’ai confiance aux Bissas. Lorsqu’un Bissa décide de faire quelque chose, personne ne peut le démotiver. Si les Bissas à travers le monde décident de donner individuellement 5 000 F CFA, nous allons réaliser ce projet à moins d’un an. Et je suis certain qu’on le fera, car nous sommes des travailleurs et nous voulons toujours le développement de notre pays », a soutenu Kîrî Wrou Nâ’n Kâlâ.

Grand défenseur de la culture Bissa et de la culture burkinabè dans sa globalité, Kîrî Wrou Nâ’n Kâlâ dit être reconnaissant au chef de l’Etat, le Capitaine Ibrahim Traoré, pour l’instauration de la Journée nationale dédiée aux coutumes et aux traditions. Il estime être chanceux d’assister de son vivant à cette reconnaissance officielle des traditions africaines.

« L’ancêtre de quelqu’un d’autre ne peut pas te sauver » (Kîrî Wrou Nâ’n Kâlâ) -©Faso7

« Je remercie le chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré, et son gouvernement pour l’institution de la journée de nos traditions et coutumes. Cette journée vient rétablir la justice au sein même de la population burkinabè. A partir de ce jour, il n’existe plus de discrimination. J’encourage chacun à valoriser sa culture et à pratiquer ses coutumes. (…) Personne ne peut se développer sans sa culture. L’ancêtre de quelqu’un ne peut pas te sauver. Ce sont tes ancêtres qui peuvent te sauver. Celui qui dit que les ancêtres n’existent pas, la personne ne dit pas la vérité. Regardez les noms qui sont sur vos pièces d’identité. Il y a les noms de vos ancêtres », a laissé entendre le président du Mouvement Bissas Taleima Minto.

Pour le représentant du directeur régional de la culture, Loukman Badolo, par ailleurs Chef de service ‘’protection et valorisation du patrimoine touristique’’, cette initiative de la communauté bissa est à saluer et va en droite ligne avec la vision des autorités actuelles.

« Je remercie le chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré, et son gouvernement pour l’institution de la journée de nos traditions et coutumes » (Kîrî Wrou Nâ’n Kâlâ) -© Faso7

« Les autres communautés peuvent déjà s’inspirer des Bissas pour faire la même chose. Ce qu’ils font, est bien », a-t-il exhorté.

Après la pose de la première pierre, Kîrî Wrou Nâ’n Kâlâ et sa délégation se sont rendus chez Kri Bidimpô afin de faire des offrandes aux ancêtres.

Il faut noter que le Mouvement Bissas Taleima Minto est composé de membres à travers le monde. L’adhésion au mouvement est conditionnée au paiement des frais d’adhésion. Pour faire fonctionner le mouvement et réaliser des projets comme la construction du futur siège, les membres sont soumis à des cotisations annuelles.

 

 

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