Armée burkinabè : Dr Béatrice Naré, la gynécologue en treillis

Dans l’armée burkinabè, l’arme privilégiée du commandant Naré/Béréhoudougou Béatrice est le stéthoscope.

Son doctorat en médecine en poche, Dr Naré Béatrice épouse Béréhoudougou décide d’interrompre sa spécialisation en gynécologie obstétrique pour rejoindre les Forces Armées Nationales en 2010. Pour cause, elle était tombée amoureuse du métier des armes.

« C’est au cours de la deuxième année (de sa spécialisation en gynécologie, ndlr) que j’ai vu passer le recrutement des médecins militaires et qui intéresse cette fois-ci les femmes. J’ai passé le concours et j’ai rejoint l’académie militaire Georges Namoano à Pô pour les cours d’officiers », informe-t-elle.

Depuis lors, le Commandant Naré a servi la nation lors de plusieurs affectations. Entre autres occupations, elle a été médecin de garnison au Camp militaire Baba Sy et médecin du Camp Naaba Koom. Elle a effectué des missions, dont celle du Darfour avec le contingent Laafi5 et celle de Guinée-Bissau en 2016 avec la FPU 4 (Unité de police constituée).

Après la mission de 2016, le médecin trouve une fenêtre d’opportunité pour poursuivre ses études de spécialisation en gynécologie obstétrique. Elle est aujourd’hui la seule de son domaine au sein des Forces armées nationales burkinabè.

Depuis 2020, Dr Naré est le chef de service de la clinique de gynécologie obstétrique de l’hôpital militaire Capitaine Halassane Coulibaly. Commandant dans les Forces Armées Nationales, elle assure plusieurs tâches au sein de cet hôpital. « Comme médecin gynécologue, j’assure des consultations en gynécologie et en obstétrique. Je fais les consultations prénatales. Je pratique aussi certains actes au sein de l’hôpital militaire, au niveau du bloc opératoire », déclare-t-elle.

Le médecin militaire travaille dans une ambiance à la fois agréable et dans le respect.  « Tout se passe dans le respect des règles, dans la discipline et vraiment en tant que femme, je n’ai pas encore eu de problème avec mes supérieurs ou mes subordonnés hommes », note la gynécologue militaire.

Foyer et travail

Du haut de sa quarantaine d’années, le commandant Naré ne rencontre pas de difficultés majeures pour gérer ces deux activités et son foyer.

« La question du genre est prise en compte dans l’attribution des tâches par le commandement militaire. Ce qui fait que pour la plupart du temps, on arrive à concilier la vie de famille et la vie militaire et, bien sûr aux activités médicales. Et si on a la chance d’avoir un partenaire qui comprend et qui accompagne, ça permet un meilleur rendement », laisse-t-elle entendre.

Le commandant médecin Naré Béatrice est, aujourd’hui, la seule gynécologue au sein des Forces armées nationales burkinabè.

Rencontrée dans le cadre du 8-Mars, le mardi 27 février 2024 à l’hôpital militaire Capitaine Halassane Coulibaly, le médecin militaire précise que la journée internationale des droits des femmes est un moment de réflexion.  « La journée internationale de la femme est un moment de réflexion sur les conditions de vie des femmes, les droits et devoirs et aussi leur contribution dans la société », ajoute-t-elle.

Prête à apporter le sourire aux femmes et à leurs bébés, la gynécologue militaire se consacre avec passion à son travail. Avec plus de 10 ans de service au sein des Forces Armées Nationales, le médecin commandant Naré/ Béréhoudougou portera très bientôt ses galons de Lieutenant-colonel.

Alice Suglimani THIOMBIANO

Faso7

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